Le RC La Saudrune s’est incliné 28-23 face à Paris XV en demi-finale de Fédérale 3, privé de William Soko, suspendu. Le pilier quitte le club sans la finale espérée.
William Soko ne disputera pas de finale avec La Saudrune. Le pilier de 30 ans, originaire de Wallis-et-Futuna, était suspendu lors de la demi-finale de Fédérale 3 disputée le 28 juin 2026. Son équipe s’est inclinée 28-23 face à Paris XV, mettant fin à trois saisons d’une aventure collective que Soko avait rejoint dès le lancement du nouveau projet cugnalais en 2023.
Au stade Raymond-Gasc de Cugnaux, les « Allez Soko » et les « Il avance tout le temps Soko » ont rythmé les matchs à domicile ces dernières années. L’intéressé reste modeste : « Dans les vestiaires, on se dit qu’on fait de bons matchs et je suis content quand ce sont les collègues qui le disent, mais je suis surpris que cela se dise aussi en tribune. » Pourtant, ses qualités de franchissement, héritées de ses débuts en trois-quarts centre à l’URC Dumbéa en Nouvelle-Calédonie, en ont fait l’un des piliers mobiles les plus efficaces de la catégorie.
Un trou d’air fatal en demi-finale
La Saudrune menait au retour des vestiaires, mais Paris XV a inscrit deux essais coup sur coup pour prendre une avance qui semblait définitive. Les Saudrunois ont perdu la bataille des collisions face à Benjamin Kambia et subi la malice de Théo Ardiller. Le quadruple changement opéré par l’entraîneur Romain Pissinis à la 53e minute a relancé les Haut-Garonnais : Félix Ducret, trois minutes après son entrée, puis Lucas Pons ont ramené le RCS à cinq points.[2]
Les dernières minutes se sont jouées dans le camp parisien. Sur l’ultime action, un maul porté a été stoppé par une pénalité sifflée contre La Saudrune, à quelques mètres de la ligne d’en-but. Le coup de sifflet final a laissé place à la frustration : les supporters croyaient encore à la qualification.
Trois saisons, trois marches franchies
Arrivé en 2023 de Revel en même temps que le nouveau cycle se mettait en place à Cugnaux, William Soko a vu le club progresser étape par étape. « La première année, c’était la première fois que l’on se qualifiait pour les barrages. La deuxième année, on perd en seizièmes et cette année, on valide la montée donc il y a un sentiment du devoir accompli. » Le seizième de finale remporté à domicile face à La Salvetat avait déjà acté la montée en division supérieure, offrant au pilier une sortie qu’il juge honorable.
Le parcours du club s’est construit sur une culture collective forte. « Je suis arrivé dans ce club où je ne connaissais pas un seul mec, et ils m’ont tous poussé vers le haut », confie Soko. Les entraînements explosifs de Romain Pissinis ont forgé cette cohésion : « Ça nous a poussés dans nos retranchements, nous a fait grandir ensemble et forcément ça resserre les liens. »
Pourquoi la suspension de Soko a pesé
Un profil bâti en Océanie, une carrière qui se poursuit dans l’Hérault
William Soko a grandi à Wallis-et-Futuna avant de rejoindre la Nouvelle-Calédonie, où il débute le rugby en tant que trois-quarts centre à l’URC Dumbéa. Ce bagage offensif explique sa capacité à franchir en première rideau, atypique pour un pilier. « J’ai gardé ce jeu d’attaque, de franchissement de la défense. Ça m’a pas mal servi en tant que pilier et cela s’est bien accordé avec le jeu voulu par l’équipe. »
Soko quittera le club en fin de saison pour suivre sa compagne dans l’Hérault. « C’est ma dernière saison à La Saudrune, donc c’est important de bien finir l’aventure », expliquait-il avant la demi-finale. Il espérait une qualification pour la finale du week-end suivant, qui aurait permis à ses parents de venir de Polynésie. Le scénario en aura décidé autrement.
| Saison | Résultat |
|---|---|
| 2023-2024 | Qualification aux barrages (première historique) |
| 2024-2025 | Défaite en seizièmes de finale |
| 2025-2026 | Montée validée, défaite en demi-finale (28-23 face à Paris XV) |
Source : La Dépêche du Midi
Une suspension qui coûte cher
L’absence de William Soko en demi-finale a pesé. Le pilier droit, capable de casser des plaquages et d’accélérer le tempo, manquait dans les phases de jeu où La Saudrune a perdu pied. Paris XV a dominé les collisions et imposé son rythme, privant les Saudrunois de leur arme habituelle : le franchissement en phase statique.
Le club termine néanmoins sur une montée acquise et une dynamique collective solide. Pour Soko, c’est la fin d’une aventure humaine autant que sportive. Les supporters de Cugnaux retiendront un pilier attachant, capable d’avancer « tout le temps », et dont le style océanien a marqué trois saisons de progression constante.
William Soko et La Saudrune : les faits
- William Soko, pilier de 30 ans originaire de Wallis-et-Futuna, était suspendu lors de la demi-finale de Fédérale 3.
- La Saudrune s'est inclinée 28-23 face à Paris XV le 28 juin 2026, après avoir mené au retour des vestiaires.
- Soko quitte le club en fin de saison pour suivre sa compagne dans l'Hérault, après trois années de progression collective.
- Le pilier a débuté en trois-quarts centre à l'URC Dumbéa en Nouvelle-Calédonie, ce qui explique sa capacité de franchissement.
- La Saudrune valide sa montée en division supérieure malgré l'élimination en demi-finale.
Sources
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