La Roumanie a signé le 17 juillet 2026 deux contrats portant sur l’acquisition de 12 hélicoptères H225M Caracal et 12 radars GM200 MM/A, pour un milliard d’euros.
Les deux commandes ont été conclues via le dispositif FASt (French Acquisition for Strategic partners), piloté par la Direction générale de l’armement. Ce mécanisme permet à des pays partenaires d’acquérir des équipements français sous gestion directe de la DGA, en bénéficiant de conditions d’accès rapides et d’un cadre juridique simplifié.
Bucarest finance l’opération grâce au prêt européen SAFE, instrument créé pour soutenir les achats urgents d’équipements de défense issus de la base industrielle européenne. Pour les industriels français, il s’agit d’une première : aucun H225M ni GM200 MM/A n’avait encore été commercialisé via FASt, jusqu’ici employé pour les canons Caesar ou les missiles Mistral et VL MICA.
Airbus Helicopters : 757 millions d’euros pour douze Caracal
Le contrat avec Airbus Helicopters porte sur douze hélicoptères militaires H225M, variante tactique du Super Puma, désignée Caracal dans les forces françaises. Le montant s’élève à 757 millions d’euros[1]. La livraison du dernier appareil doit intervenir en 2030. Les premiers exemplaires arriveront à partir du 38ᵉ mois suivant la signature, soit courant 2029.
Le ministre roumain de la Défense, Radu Miruta, a précisé que le programme prévoit une coopération industrielle avec l’usine IAR Ghimbav, site de production aéronautique roumain. Cette localisation partielle vise à créer des centaines d’emplois dans le pays et à transférer des compétences de maintenance sur le H225M.
Bucarest envisage par ailleurs d’acquérir trente hélicoptères supplémentaires après 2030, dans le cadre d’un financement national de deux milliards d’euros, distinct du prêt SAFE. Cette extension donnerait à la Roumanie l’une des flottes de Caracal les plus importantes d’Europe de l’Est.
Thales : douze radars GM200 MM/A pour 247 millions d’euros

Le second contrat, conclu avec Thales, concerne douze systèmes de radar de surveillance et de défense aérienne Ground Master 200 MM/A, pour un montant de 247 millions d’euros[4]. Conçu pour la détection de cibles volant à très basse altitude, drones, missiles de croisière, hélicoptères —, ce radar 3D en bande L peut pister plusieurs dizaines de menaces simultanément.
Radu Miruta a souligné l’urgence opérationnelle de ce système face aux drones volant à basse altitude, dont plusieurs ont violé ou survolé l’espace aérien roumain depuis le début de la guerre en Ukraine. Selon le ministre, le premier radar doit être livré dans un délai de onze mois, soit dès le printemps 2027. Les douze unités seront entièrement produites en Roumanie.
| Équipement | Quantité | Fournisseur | Montant (M€) | Livraison |
|---|---|---|---|---|
| H225M Caracal | 12 | Airbus Helicopters | 757 | 2029-2030 |
| Radar GM200 MM/A | 12 | Thales | 247 | 2027-2030 |
Source : BFM TV
Pourquoi la Roumanie accélère son réarmement aérien
Le dispositif FASt, levier d’export pour la France
Mis en place par la DGA, le mécanisme FASt permet à la France de contractualiser des acquisitions au nom et pour le compte de pays partenaires. Le client bénéficie de délais raccourcis, d’un soutien logistique intégré et de conditions tarifaires alignées sur les standards français. Pour les industriels, c’est un canal d’export direct, sécurisé et soutenu par l’État.
Avant cette commande roumaine, FASt avait déjà permis de vendre des canons Caesar et des missiles sol-air Mistral et VL MICA à plusieurs pays d’Europe de l’Est. L’extension du dispositif aux hélicoptères lourds et aux radars de surveillance marque une montée en gamme dans le type de plateformes accessibles via ce canal.
2,2 milliards d’euros d’achats antidrones prévus

Au-delà de ces deux contrats, la Roumanie prévoit d’acquérir pour 2,2 milliards d’euros de systèmes antidrones via le programme SAFE, a indiqué Radu Miruta. Ce montant englobe des dispositifs de détection, de brouillage et de neutralisation, dont une partie sera produite localement. L’ensemble vise à couvrir les violations croissantes de l’espace aérien roumain depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.
Membre de l’Otan, la Roumanie a enregistré plusieurs dizaines d’intrusions de drones et de missiles de croisière russes dans son territoire depuis 2022. Plusieurs débris ont été retrouvés au sol après des crashs. Cette exposition directe a conduit Bucarest à accélérer la modernisation de ses capacités de détection et d’interception à basse altitude.
Rheinmetall, premier bénéficiaire du plan roumain
Les contrats signés avec la France représentent une part significative du programme d’équipement roumain, mais pas la totalité. Le groupe allemand Rheinmetall doit conclure plusieurs programmes d’une valeur cumulée de 5,7 milliards d’euros, dont la production de véhicules blindés Lynx[2]. L’enveloppe totale approuvée par le Parlement roumain fin avril 2026 atteint 8,33 milliards d’euros.
Ce plan d’équipement témoigne de l’accélération du réarmement européen, dans un contexte de doutes persistants sur l’engagement de Washington envers la défense du continent. La Roumanie partage une frontière directe avec l’Ukraine et constitue un point d’appui logistique majeur pour l’Otan dans la mer Noire.
Défense roumaine : les contrats Airbus et Thales en chiffres
- Signature le 17 juillet 2026 de deux contrats pour 12 H225M et 12 GM200 MM/A, d'un montant d'un milliard d'euros
- Financement via le prêt européen SAFE, dédié aux achats de défense dans l'UE
- Premier radar GM200 MM/A livré d'ici onze mois, production intégralement réalisée en Roumanie
- Dispositif FASt : première commande d'hélicoptères lourds et de radars via ce canal de la DGA
- Bucarest prévoit l'acquisition de 30 Caracal supplémentaires après 2030, sur budget national
- 8,33 milliards d'euros approuvés par le Parlement roumain pour l'ensemble du plan d'équipement
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

