Sonia Backès remporte la province Sud avec plus de la moitié des suffrages, mais le camp loyaliste échoue à décrocher la majorité au Congrès calédonien.
Les résultats tombent. À l’issue du scrutin provincial du 28 juin 2026 en Nouvelle-Calédonie, la présidente sortante de la province Sud, Sonia Backès, conserve son fauteuil. La liste d’union Les Loyalistes-Le Rassemblement récolte 50,14 % des voix dans le Sud, soit 28 sièges sur 40 à l’assemblée provinciale. C’est huit sièges de plus qu’en 2019. À Nouméa, qui concentre 86 000 habitants, un tiers de la population du territoire —, son score atteint 60,46 %.
Le Sud représente 75 % de la population calédonienne. Mais son poids démographique ne suffit pas à faire basculer le Congrès du territoire. Sur les 54 sièges du Congrès, issus des trois assemblées provinciales, les loyalistes en décrochent 24, contre 26 pour les indépendantistes. L’équilibre entre les deux camps reste inchangé.
Le camp loyaliste gagne du terrain sans atteindre la majorité
À l’échelle du territoire, la liste Les Loyalistes-Le Rassemblement totalise 45 825 voix, soit 38,05 % des suffrages exprimés. C’est la première formation politique de Nouvelle-Calédonie. Mais les règles de répartition proportionnelle entre les trois provinces empêchent une majorité claire[1].
La liste de Sonia Backès, qui rassemble plusieurs partis loyalistes, affiche sa satisfaction. Devant ses partisans, elle salue « un message sans ambiguïté sur le maintien de la Calédonie dans la République ». Elle ajoute que « les Calédoniens, en particulier les habitants de la province Sud, ont fait le choix d’un vote utile[4] ».
Le score global des loyalistes progresse de 8,7 points par rapport à 2019. Leur groupe parlementaire au Congrès gagne six sièges. Mais l’arithmétique reste défavorable : 24 sièges, c’est trois de moins que la majorité absolue. Sonia Backès craignait une alliance de circonstance entre indépendantistes et modérés pour lui ravir la présidence de la province Sud. Ce scénario ne s’est pas concrétisé.
Le FLNKS nouvelle version progresse, l’UNI recule
Dans le camp indépendantiste, les équilibres internes se sont modifiés. La liste « Kanaky pour tous », menée par Johanito Wamytan et portée par le FLNKS nouvelle version, sans l’UNI-Palika —, obtient 15,59 % des voix, soit 12 842 bulletins et sept élus au Congrès. C’est un siège de plus qu’en 2019.
Johanito Wamytan se dit « satisfait ». Il constate « une progression de la place du FLNKS à l’échelle du pays, qui va se projeter au niveau du Congrès et du gouvernement ». L’Union calédonienne-FLNKS, elle, décroche 10 sièges au Congrès (+1). L’Union nationale pour l’indépendance (UNI), en revanche, perd cinq sièges et tombe à sept élus.
| Parti / Liste | Sièges | Évolution |
|---|---|---|
| Les Loyalistes-Le Rassemblement | 24 | +6 |
| Union calédonienne-FLNKS | 10 | +1 |
| Union nationale pour l’indépendance (UNI) | 7 | -5 |
| FLNKS (nouvelle version) | 6 | +3 |
| L’Éveil océanien | 4 | +1 |
| Dynamique autochtone | 3 | +2 |
Source : Wikipédia
Au total, les indépendantistes conservent leurs 26 sièges. Le rapport de force global reste figé, malgré les recompositions internes.
Pourquoi le Congrès calédonien reste sans majorité
L’Éveil océanien en position d’arbitre
Avec quatre sièges au Congrès, L’Éveil océanien devient, à nouveau, la formation pivot. Ni loyalistes ni indépendantistes ne peuvent gouverner sans son soutien. Ce parti, issu de la communauté wallisienne et futunienne, avait déjà joué ce rôle lors de la mandature précédente.
En province Sud, L’Éveil océanien récolte 10,2 % des voix. C’est suffisant pour lui donner un poids décisif dans les négociations à venir. Les exécutifs des trois provinces doivent être élus le 3 juillet. Le bureau du Congrès, lui, sera désigné le 10 juillet.
Sans majorité claire, la formation du gouvernement calédonien s’annonce laborieuse. Les compromis seront nécessaires pour dégager une coalition stable. L’avenir institutionnel du territoire, déjà incertain, n’en sort pas clarifié.
Des résultats contrastés dans les trois provinces
Les trois provinces ont voté différemment. Dans le Sud, les loyalistes atteignent près de 75 % des voix. Dans le Nord, les indépendantistes frôlent 80 %. La province Nord voit l’Union calédonienne devancer l’Union nationale pour l’indépendance d’un siège seulement. La liste non indépendantiste y conserve trois élus.
Aux îles Loyauté, les scores sont également serrés. Mickaël Forrest (Union calédonienne-FLNKS) et Omayra Naisseline (Dynamique autochtone) se départagent à quelques voix d’écart. Pascal Sawa, en province Nord, et Paul Néaoutyine affichent des résultats proches.
La participation recule par rapport à 2019, sans que les chiffres précis soient consolidés dans les sources disponibles. Le scrutin proportionnel, avec ses trois circonscriptions provinciales, amplifie les écarts locaux et fige les équilibres au Congrès.
Aucune résolution rapide en vue
Le statu quo entre loyalistes et indépendantistes ne favorise pas une issue rapide sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Le territoire reste suspendu aux négociations politiques, dans un contexte post-référendaire encore tendu.
Les accords de Nouméa, signés en 1998, prévoyaient trois référendums d’autodétermination. Les trois scrutins (en 2018, 2020 et 2021) ont rejeté l’indépendance, mais les indépendantistes ont boycotté le dernier. Depuis, aucun nouveau cadre institutionnel n’a été adopté.
Le scrutin du 28 juin ne change pas la donne. Il redistribue les cartes au sein de chaque camp, mais ne fait émerger ni majorité nette ni projet commun. Les prochaines semaines diront si une coalition peut se former, et à quel prix.
Élections Nouvelle-Calédonie 2026 : les chiffres du scrutin
- Sonia Backès conserve la présidence de la province Sud avec 50,14 % des voix
- Les loyalistes gagnent 8 sièges dans les assemblées provinciales mais n'obtiennent que 24 sièges sur 54 au Congrès
- Les indépendantistes restent à 26 sièges, le rapport de force global ne change pas
- L'Éveil océanien, avec 4 sièges, devient l'arbitre de la future majorité
- Les exécutifs provinciaux sont élus le 3 juillet, le bureau du Congrès le 10 juillet
- La participation recule par rapport à 2019
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
