L’affaire du chalet de Renaud Muselier n’est pas qu’un signalement resté dans les tiroirs : le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a bien été entendu par la police judiciaire, dans le cadre d’une enquête ouverte pour prise illégale d’intérêt. Ce 22 juillet 2026, le dossier revient sur le devant de la scène, en pleine campagne pour les élections sénatoriales de septembre.
Le parquet de Marseille a ouvert cette enquête préliminaire après un signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, déposé par un fonctionnaire du Conseil régional resté anonyme. Au cÅ“ur du dossier : un chalet appartenant à Renaud Muselier dans les Alpes-de-Haute-Provence, et l’homme chargé de son entretien. Selon le signalement, cet ancien skieur professionnel serait salarié d’une agence de communication attributaire régulière de marchés publics de la Région Sud, tout en assurant gardiennage et entretien du chalet de l’élu. Il y aurait également domicilié deux sociétés.
Révélé début juillet par Nice-Matin, le signalement affirme que ce salarié a été recruté en octobre 2024 par cette agence. Mais son travail réel se situerait dans les Alpes, au chalet du président.
Plainte à 2 millions d’euros contre Nice-Matin
Renaud Muselier n’a pas choisi la discrétion pour répondre. Le 18 juillet 2026, quatre jours avant notre publication, il a diffusé un communiqué annonçant avoir déposé plainte pour diffamation contre Nice-Matin[1]. Montant réclamé : 2 millions d’euros au journal azuréen, 1 million d’euros à chaque média ayant relayé l’information.
« J’ai mis en demeure tous les médias qui ont relayé de fausses informations de les retirer », écrit le président régional, sans préciser lesquelles. Une stratégie d’intimidation que le journal qualifie d’« énigmatique » : Muselier ne détaille pas ce qu’il conteste exactement dans les faits publiés.
Face à l’AFP, l’élu Renaissance se montre offensif : « Je n’ai rien à me reprocher, les procédures de la région sont super claires sur l’attribution des marchés. » Il rappelle que la collectivité dispose d’une « double certification anti-corruption »[3], et dénonce « une dénonciation calomnieuse anonyme », ajoutant : « C’est la saison des poubelles », en référence à sa candidature sénatoriale.
« Pas de gardien, mais une locatrice »
À Nice-Matin, Renaud Muselier assure qu’il n’a « pas de gardien à [son] chalet (…) mais une locatrice ». Une version qui contredit directement le signalement du fonctionnaire régional, lequel affirme que l’homme en question serait bien employé pour l’entretien du bien.
L’enquête suit son cours. Pour l’instant, aucune charge n’a été retenue, aucune mise en examen prononcée. Mais l’audition du président de la Région par les policiers montre que le dossier est pris au sérieux par le parquet de Marseille. Dans un territoire où la transparence des marchés publics est un sujet sensible, l’affaire tombe au pire moment pour Muselier : en pleine campagne sénatoriale, à deux mois du scrutin du 27 septembre.
Renaissance, son parti, n’a pas communiqué sur le dossier. À Marseille comme à Aix-en-Provence, l’opposition régionale attend de voir si l’enquête débouchera sur des poursuites. Pour l’heure, Renaud Muselier mise sur l’offensive judiciaire pour éteindre le feu. Reste à savoir si la justice lui donnera raison.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés


