Face à une explosion de ses commandes électriques, Renault s’apprête à passer l’usine de Douai en trois-huit dès novembre 2026, avec un rythme de croisière visé pour février 2027.
La demande n’a plus rien de conjoncturel. Les ventes électriques de Renault ont bondi de 40 % au premier trimestre 2026, portées par la R5, citadine la plus vendue en Europe sur son segment, et par la montée en puissance des R4 et Scénic. Sur le Vieux Continent, les modèles électrifiés ont représenté plus de 65 % des ventes de véhicules particuliers du groupe. Le chiffre d’affaires a suivi, à 12,53 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année, en hausse de 7,3 %.
Le signal industriel qui en découle est net : l’usine nordiste de Douai, coeur de la production de la R5, doit changer de régime. Le site tourne actuellement avec deux équipes et demie, après qu’une demi-équipe de nuit avait déjà été ajoutée en juillet 2025, avec 400 intérimaires recrutés à la clé. Ce n’est plus suffisant.
Douai en trois-huit : de 27,5 à 55 véhicules par heure la nuit
Selon Les Echos, la décision formelle de basculer en trois-huit devrait être annoncée en juillet. Le calendrier prévu : une mise en route opérationnelle en novembre, le temps d’embaucher et de former les nouvelles équipes, puis un rythme de croisière complet à partir de février 2027.[1]
Le changement n’est pas cosmétique. La cadence nocturne passerait de 27,5 à 55 véhicules par heure, soit un doublement de la productivité sur ce créneau.[2] La R5 représente les deux tiers de la production du site : c’est elle qui tire la décision.
Au-delà de Douai, les commandes de véhicules électriques ont progressé jusqu’à 50 % sur certains marchés européens, selon Le Revenu. Un rythme qui a poussé Renault à créer une task force dédiée à la sécurisation de sa chaîne d’approvisionnement.[5]
| Étape | Date | Détail |
|---|---|---|
| Ajout d’une demi-équipe de nuit à Douai | Juillet 2025 | 400 intérimaires recrutés |
| Décision formelle passage en trois-huit | Juillet 2026 (prévu) | Annonce officielle attendue |
| Mise en route opérationnelle trois-huit | Novembre 2026 | Après recrutements et formations |
| Rythme de croisière plein | Février 2027 | Cadence nocturne : 55 véhicules/heure |
| Novo Mesto : passage de 1 à 2 équipes | 2026-2027 | Pour la future Twingo électrique |
Source : Les Echos, Benjamin V. / LinkedIn
Novo Mesto, le défi slovène de la Twingo

L’effort ne se limite pas au Nord de la France. L’usine de Novo Mesto, en Slovénie, où sera assemblée la future Twingo électrique, devra passer d’une à deux équipes pour absorber un carnet de commandes déjà chargé.[2]
Le défi y est différent de celui de Douai. Dans cette région slovène, le taux de chômage est particulièrement bas : trouver les profils nécessaires prendra du temps et de la créativité. C’est la contrainte principale que le groupe devra gérer sur ce site.
Les prévisions internes du groupe tablent sur une part du 100 % électrique à environ 32-33 % des ventes européennes en 2027, contre 28 % enregistrés en France depuis le début de l’année 2026. Ce niveau de visibilité, rare dans un secteur habitué aux retournements, est précisément ce qui justifie des investissements industriels pluriannuels plutôt que des ajustements à court terme.
Pourquoi Renault accélère sa production électrique en France
Un marché européen qui confirme la tendance
Le contexte de marché plaide pour cette stratégie. Les ventes de véhicules électriques en Europe ont progressé de 29 % sur les quatre premiers mois de 2026, atteignant près d’un million d’unités.[5] La part de l’électrique chez Renault en Europe a atteint 17 % au premier trimestre, en hausse de 4 points, tandis que les véhicules électrifiés au sens large (hybrides inclus) dépassent 52 % des ventes du groupe sur le continent.[4]
Ce retournement de situation est frappant. Il y a moins de deux ans, le secteur automobile réclamait à Bruxelles davantage de souplesse sur les objectifs d’émissions, arguant d’un ralentissement durable de la demande électrique. Renault lui-même avait plaidé pour plus de flexibilité dans le calendrier de transition. Aujourd’hui, c’est l’inverse : l’outil industriel peine à suivre les commandes.
Reste la compétitivité face aux constructeurs chinois, dont la pression sur le segment électrique ne faiblit pas. C’est pour cette raison que Renault poursuit ses investissements dans les technologies de batteries à moindre coût, en parallèle de l’accélération industrielle en cours sur ses sites français et européens.
Renault électrique 2026 : les chiffres de la montée en cadence
- L'usine Renault de Douai passera en trois-huit à partir de novembre 2026, décision formelle attendue en juillet.
- La cadence nocturne à Douai doublera, de 27,5 à 55 véhicules par heure.
- Renault a recruté 400 intérimaires dès juillet 2025 pour une première demi-équipe supplémentaire.
- L'usine de Novo Mesto (Slovénie) passera d'une à deux équipes pour assembler la future Twingo électrique.
- Les ventes électriques Renault ont progressé de 40 % au premier trimestre 2026.
- Le rythme de croisière complet à Douai est visé pour février 2027.
Sources
4 sources · 6 faits sourcés

