La startup française SquareMind vient de lever 18 millions de dollars pour déployer Swan, son robot d’imagerie cutanée couplé à l’intelligence artificielle, en Europe et aux États-Unis.
L’annonce a été faite le 27 avril. Le tour de table a été mené par le fonds Deep Tech 2030, géré par Bpifrance pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030, et par Sonder Capital, fonds californien cofondé par Fred Moll, pionnier de la robotique médicale et fondateur d’Intuitive Surgical. Adamed, Calm/Storm Ventures et Teampact Ventures ont également participé.
SquareMind développe un robot baptisé Swan, conçu pour cartographier et numériser l’ensemble de la surface cutanée en quelques minutes, à une résolution comparable à celle d’un dermatoscope. L’acquisition d’images est entièrement automatisée. Une fois la numérisation terminée, des outils d’intelligence artificielle suivent l’apparition ou l’évolution des grains de beauté. Le médecin garde la main sur la décision clinique.
Selon la startup, Swan est le premier robot au monde capable de réaliser ce type de cartographie corporelle complète à haute résolution[1]. L’appareil agit comme un assistant : il réduit la charge cognitive du dermatologue, optimise le temps médical et facilite la documentation exhaustive.
Un contexte de saturation du système
Entre 141 200 et 243 500 cancers de la peau sont diagnostiqués chaque année en France, d’après les derniers chiffres de Santé Publique France. Le nombre de nouveaux cas a triplé entre 1990 et 2023. Dans plus de 85 % des cas, ces cancers sont attribuables à une exposition excessive aux ultraviolets naturels ou artificiels.
Dans le même temps, le délai moyen pour obtenir un rendez-vous chez le dermatologue a atteint 95 jours, tous départements confondus. Ce blocage pénalise le dépistage précoce et la prise en charge.
Face à cette saturation, la détection assistée par robot vise à accélérer les examens cutanés tout en maintenant la rigueur clinique. L’automatisation de l’imagerie permet de traiter un volume supérieur de patients sans sacrifier la qualité de l’examen.
Commercialisation en Europe et aux États-Unis

Avec cette levée de fonds de 18 millions de dollars, SquareMind s’apprête à lancer la commercialisation de Swan sur les marchés européen et américain[3]. La société prévoit de renforcer ses équipes commerciales, d’ingénierie et de support client.
Le robot sera proposé à l’achat, pour un tarif proche de 200 000 euros, ainsi qu’à la location, selon les moyens et les usages des centres médicaux. Cette double offre vise à élargir l’accès à la technologie, notamment pour les établissements à budget contraint.
Ali Khachlouf, cofondateur et CEO de SquareMind, déclare : « Nous sommes ravis de compter des partenaires de qualité à nos côtés, alors que nous lançons Swan pour répondre à la forte demande des dermatologues. Notre technologie agit comme un compagnon : elle contribue à réduire la charge cognitive, optimise le temps médical et facilite une documentation complète, permettant aux médecins de se concentrer sur la prise en charge des patients et la décision clinique. »
Pourquoi ce robot d'imagerie change la donne en dermatologie
Bpifrance et Sonder Capital en tête de pont
Le tour de table illustre le poids du plan France 2030 dans le financement des deeptech médicales. Le fonds Deep Tech 2030, géré par Bpifrance, soutient les projets à fort contenu technologique susceptibles de créer des filières industrielles.
L’entrée de Sonder Capital, fonds américain spécialisé dans la robotique médicale, renforce la dimension transatlantique du projet. Fred Moll, cofondateur du fonds, a déjà accompagné plusieurs succès dans le secteur, à commencer par Intuitive Surgical, pionnier de la chirurgie assistée par robot.
La participation d’Adamed, Calm/Storm Ventures et Teampact Ventures élargit le tour de table à des investisseurs rompus au financement de startups de santé en phase de déploiement.
Un marché en tension

SquareMind n’est pas seul sur le créneau du dépistage des cancers de la peau. DermaScan, startup incubée chez Hexa, développe un réseau de centres spécialisés dans le dépistage, soutenus par Céline Lazorthes (Resilience) et Jean-Charles Samuelian (Alan). Les deux approches divergent : DermaScan mise sur des centres dédiés, SquareMind équipe les cabinets et hôpitaux existants avec un robot.
La concurrence entre ces modèles témoigne de la diversité des stratégies pour absorber la demande de dépistage. Le marché est vaste, la demande croissante, et les deux modèles peuvent cohabiter.
| Poste | Détail |
|---|---|
| Montant | 18 millions de dollars |
| Type | Série A (incluant une pré-série A antérieure) |
| Investisseur principal | Fonds Deep Tech 2030 (Bpifrance) |
| Investisseur principal | Sonder Capital (Californie) |
| Participants | Adamed, Calm/Storm Ventures, Teampact Ventures |
| Objet | Déploiement commercial de Swan en Europe et aux États-Unis |
Source : Bpifrance Presse
Le robot comme réponse à la pénurie de dermatologues
La pénurie de dermatologues en France n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave. Le délai de 95 jours pour obtenir un rendez-vous reflète une démographie médicale en tension et une demande en hausse constante. Le vieillissement de la population et l’augmentation des cancers de la peau amplifient le déséquilibre.
Swan n’a pas vocation à remplacer le médecin. Il vise à décharger le dermatologue des tâches chronophages d’imagerie systématique, pour lui permettre de se concentrer sur l’analyse clinique et la décision thérapeutique. Le robot documente, cartographie, suit dans le temps. Le médecin interprète et décide.
Cette répartition des rôles entre machine et clinicien est au cœur du positionnement de SquareMind. L’IA assiste, elle ne diagnostique pas seule. Cette approche limite les risques réglementaires et facilite l’acceptation par les professionnels de santé.
SquareMind et Swan : les points clés de la levée
- SquareMind lève 18 millions de dollars en série A le 27 avril 2026
- Le fonds Deep Tech 2030 (Bpifrance) et Sonder Capital (Californie) mènent le tour
- Swan cartographie et numérise l'ensemble de la peau en quelques minutes à haute résolution
- Le délai moyen pour un rendez-vous dermatologue atteint 95 jours en France
- Les cancers de la peau ont triplé entre 1990 et 2023, entre 141 200 et 243 500 cas par an
- Le robot sera commercialisé en Europe et aux États-Unis, à l'achat (200 000 €) ou en location
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés


