La start-up française SquareMind annonce une levée de 18 millions de dollars pour commercialiser Swan, son robot d’imagerie dermatologique qui numérise l’intégralité de la surface cutanée.
La dermatologie française fait face à un double mouvement. D’un côté, les nouveaux cas de cancers de la peau ont triplé entre 1990 et 2023. De l’autre, le délai moyen pour obtenir un rendez-vous chez le dermatologue atteint désormais 95 jours. Dans ce contexte, SquareMind propose une réponse technologique. Le 27 avril, la jeune pousse a bouclé un tour de table de 18 millions de dollars, soit 15,3 millions d’euros. L’opération a été menée par Bpifrance, via le fonds Deeptech 2030 géré pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030, et par Sonder Capital, fonds de capital-risque californien cofondé par Fred Moll, pionnier de la robotique médicale et fondateur d’Intuitive Surgical. Adamed, Calm/Storm Ventures, Teampact Ventures et plusieurs entrepreneurs complètent le tour.
La start-up a mis au point Swan, un robot qu’elle présente comme le premier système au monde capable de cartographier et numériser la totalité de la surface de la peau à haute résolution, comparable à celle d’un dermatoscope. L’acquisition des images est entièrement automatisée et ne prend que quelques minutes. Une fois les données capturées, des algorithmes d’intelligence artificielle suivent l’apparition ou l’évolution des grains de beauté. La décision clinique reste cependant entre les mains du praticien.
Un marché sous tension depuis plus de trente ans
Les chiffres de Santé Publique France parlent d’eux-mêmes : entre 141 200 et 243 500 cancers de la peau sont diagnostiqués chaque année en France[2]. Plus de 85 % de ces nouveaux cas sont attribuables à une exposition excessive aux ultraviolets, qu’ils soient naturels ou artificiels. Le nombre de cas a triplé en trois décennies. Dans le même temps, l’accès aux dermatologues s’est tendu. Le délai moyen pour un rendez-vous dépasse aujourd’hui trois mois, tous départements confondus.
Cette situation crée un terrain favorable pour les solutions technologiques qui permettent d’accélérer les examens sans sacrifier la qualité. Swan s’inscrit dans cette logique. En automatisant la phase de capture d’images, le robot décharge le praticien d’une partie du travail mécanique et lui permet de se concentrer sur l’analyse et la décision médicale.
Un robot qui numérise la peau en quelques minutes

Swan repose sur un bras articulé qui parcourt l’ensemble de la surface cutanée pour la numériser et la cartographier. La résolution atteint un niveau comparable à celui qu’un professionnel de santé observe avec un dermatoscope lors d’un examen classique. L’acquisition d’images est entièrement automatisée et ne prend que quelques minutes, selon SquareMind[2].
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Une fois les données collectées, l’intelligence artificielle entre en jeu. Les algorithmes détectent l’apparition de nouveaux grains de beauté ou suivent l’évolution de ceux déjà présents. Ce suivi dans le temps constitue l’un des atouts de la plateforme : il permet de comparer les examens successifs et de repérer les évolutions suspectes. Ali Khachlouf, cofondateur et directeur général de SquareMind, insiste sur le rôle de compagnon que la technologie joue pour le médecin. Elle contribue à réduire la charge cognitive, optimise le temps médical et facilite une documentation complète, permettant aux praticiens de se concentrer sur la prise en charge des patients et la décision clinique[2].
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Un lancement commercial en Europe et aux États-Unis
Avec cette levée de fonds, SquareMind entend passer à la phase de commercialisation de Swan. Le déploiement visera à la fois l’Europe et les États-Unis. La présence de Sonder Capital au tour de table, fonds américain cofondé par Fred Moll, marque l’ambition de la start-up de s’implanter outre-Atlantique. Le robot est disponible à l’achat, pour un montant proche de 200 000 euros, ainsi qu’à la location, selon les moyens et les usages des centres médicaux.
L’opération doit aussi permettre de renforcer les équipes. SquareMind compte étoffer ses effectifs commerciaux, d’ingénierie et de support client pour accompagner le déploiement de la plateforme dans les établissements de santé. La société, fondée en 2019 par Ali Khachlouf et Tanguy Serrat, collabore étroitement avec des dermatologues de premier plan pour affiner sa technologie et l’adapter aux besoins du terrain.
Un écosystème de start-up sur la dermatologie

SquareMind n’est pas seule sur ce segment. DermaScan, une start-up issue de l’incubateur Hexa, développe également des solutions de dépistage du cancer de la peau. Elle mise sur la création de centres spécialisés. Le projet a séduit Céline Lazorthes, fondatrice de Resilience, et Jean-Charles Samuelian, fondateur d’Alan. D’autres acteurs, comme Damae Medical, travaillent sur des technologies d’imagerie pour moderniser les examens cutanés. Omnidoc se concentre davantage sur l’organisation des soins.
L’intérêt des investisseurs pour la dermatologie s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs : délais d’attente trop longs, manque de praticiens, explosion des cancers de la peau. Ce contexte forme un terrain propice à l’innovation. Les jeunes pousses qui parviennent à réduire les délais de dépistage tout en maintenant la qualité des examens disposent d’un avantage compétitif marqué.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Montant de la levée de fonds | 18 millions de dollars (15,3 millions d’euros) |
| Année de création | 2019 |
| Prix d’achat du robot Swan | Près de 200 000 euros |
| Délai moyen pour un rendez-vous dermatologue en France | 95 jours |
| Nouveaux cas de cancers de la peau par an en France | 141 200 à 243 500 |
Source : Bpifrance
La robotique médicale, un levier de souveraineté
L’implication de Bpifrance via le fonds Deeptech 2030 marque la dimension stratégique du projet. La robotique médicale constitue un secteur clé pour la souveraineté technologique. La France dispose de compétences reconnues en IA et en robotique, mais doit encore consolider sa capacité à déployer des solutions à grande échelle dans les établissements de santé. SquareMind illustre cette ambition : partir d’une innovation technologique pour répondre à un besoin médical concret, puis passer rapidement à la phase de commercialisation.
Le soutien de Sonder Capital, fonds cofondé par Fred Moll, apporte une dimension supplémentaire. Moll a fondé Intuitive Surgical, société qui a révolutionné la chirurgie robotique avec le système Da Vinci. Sa présence au tour de table témoigne de la crédibilité technique du projet et de son potentiel de déploiement à l’échelle internationale. La combinaison d’un financement français public et d’un capital-risque américain spécialisé en robotique médicale donne à SquareMind les moyens de ses ambitions.
SquareMind et Swan : l'essentiel à retenir
- SquareMind lève 18 millions de dollars menés par Bpifrance et Sonder Capital
- Swan numérise la peau entière en quelques minutes à résolution dermoscopique
- Les nouveaux cas de cancers de la peau ont triplé entre 1990 et 2023 en France
- Le délai moyen pour un rendez-vous dermatologue atteint 95 jours
- Le robot est disponible à l'achat (200 000 euros) ou à la location
- Lancement commercial prévu en Europe et aux États-Unis
Sources
1 source · 3 faits vérifiés


