Depuis le mercredi 19 août, près de 10 000 abonnés dans le sud de l’île ont tourné les robinets dans le vide. Une rupture sur une canalisation de 500 millimètres de diamètre a privé d’eau potable sept communes : Le François, Le Marin, Le Vauclin, Rivière-Pilote, Sainte-Luce, Sainte-Anne et Le Robert. Une panne d’ampleur qui a mobilisé les équipes de la SME jour et nuit.
La rupture a touché une conduite majeure du réseau d’adduction. Selon la compagnie des eaux, la cause serait double : la durée de vie des canalisations et les mouvements de terrain auxquels elles sont soumises. Enterrées, ces infrastructures subissent au fil du temps les contraintes du sol martiniquais.
Les réparations ont débuté le jour même, mercredi 19 août, et se sont poursuivies le lendemain. Mais une fois la casse colmatée, un nouveau pépin : la vanne permettant de réalimenter les réservoirs a refusé de s’ouvrir. Les techniciens ont travaillé toute la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 août pour la changer. L’intervention s’est achevée vers deux heures du matin.
À huit heures ce vendredi matin, la SME indiquait que les canalisations et les réservoirs étaient en cours de remplissage[1]. Le retour de l’eau au robinet ne se fait pas d’un coup : il faut d’abord que les réservoirs se remplissent, puis que la pression remonte secteur par secteur.
La compagnie annonce un retour à la normale progressif en début d’après-midi. Les foyers les plus proches des réservoirs retrouveront l’eau en premier, les plus éloignés devront patienter un peu plus longtemps. Mais d’ici la fin de journée, l’ensemble des 10 000 abonnés concernés devrait à nouveau disposer d’eau courante.
Une infrastructure vieillissante sous contrainte
Cette panne rappelle la fragilité d’un réseau soumis à rude épreuve. Les canalisations installées il y a plusieurs décennies n’ont pas été conçues pour les sollicitations actuelles ni pour les mouvements de terrain propres à l’île. La SME n’a pas précisé l’âge exact de la conduite rompue, mais le diamètre de 500 millimètres indique une infrastructure structurante, dont la défaillance paralyse des milliers de foyers.
Pour les habitants du François, du Marin ou de Sainte-Anne, cette coupure de deux jours aura été un rappel brutal : l’eau au robinet n’est jamais un acquis. Elle dépend d’un réseau enterré, invisible, et d’équipes capables d’intervenir de nuit quand il le faut. Cette fois, le pari semble tenu.
Sources
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