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Thales boucle l’acquisition d’Exail pour 3,9 milliards d’euros et s’adjuge le leader français des drones sous-marins

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Thales a signé jeudi 30 juillet l’accord définitif portant sur l’acquisition d’Exail Technologies. L’opération, qui valorise le spécialiste français des drones sous-marins à 3,9 milliards d’euros, doit se conclure début 2028.

Un mois après l’annonce du 6 juillet, les deux groupes ont posé leurs paraphes au bas du contrat. Thales rachètera d’abord la participation de 35,51 % détenue par la famille Gorgé, fondatrice d’Exail, au prix de 134 euros par action. Ce montant représente une prime de 44 % sur le cours de Bourse du 25 juin dernier. La transaction doit se boucler au troisième trimestre 2027, une fois obtenu le feu vert des autorités de la concurrence. Thales lancera ensuite une offre publique sur le solde du capital et sur les obligations convertibles ODIRNANE. L’ensemble de l’opération doit s’achever début 2028 au plus tard, sous réserve du visa de l’Autorité des marchés financiers.

Le conseil d’administration d’Exail a accueilli l’offre à l’unanimité, sans se prononcer formellement à ce stade. Un expert indépendant, le cabinet Ledouble représenté par Olivier Cretté et Romain Delafont, a été nommé pour établir une attestation d’équité. Ce document doit confirmer que le prix proposé ne lèse pas les actionnaires. Le conseil rendra son avis motivé définitif une fois cette expertise en main.

En chiffres
3,9 Mds €
Valorisation d'Exail Technologies
134 € par action, +44 % sur le cours de juin
35,51 %
Part de la famille Gorgé rachetée par Thales
Avant offre publique sur le solde du capital
500 M€
Revenus additionnels visés par Thales
D'ici dix ans grâce à l'acquisition
2 200
Collaborateurs chez Exail
479 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025

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Basée en France et cotée à Paris comme aux États-Unis, Exail Technologies emploie environ 2 200 personnes. L’entreprise a réalisé 479 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, soit vingt-trois fois moins que Thales, qui a dégagé 22,1 milliards d’euros sur la même période. Mais cette différence de taille ne doit pas masquer le poids stratégique du dossier. Exail occupe la place de numéro un européen de la robotique maritime et de numéro deux mondial dans la navigation inertielle navale[3].

Ses drones sous-marins permettent de détecter et de neutraliser des mines. Le système UMIS est spécialisé dans la lutte anti-mines, tandis que la gamme DriX couvre des missions civiles et militaires en surface. Côté navigation, Exail développe des centrales inertielles à fibre optique qui permettent à un navire de se positionner avec précision sans recourir au GPS. Cette technologie vient compléter le gyroscope laser de Thales. Les deux savoir-faire sont jugés complémentaires par Thales, qui y voit un levier pour accélérer l’innovation en lutte anti-sous-marine et en guerre des mines.

Exail Technologies en chiffres
Indicateur Valeur
Chiffre d’affaires 2025 479 millions €
Effectifs 2 200 collaborateurs
Part de la famille Gorgé 35,51 % du capital
Prix d’achat par action 134 €
Prime sur le cours du 25 juin +44 %
Valorisation totale 3,9 milliards €

Source : Clubic

Un week-end de négociations après l’échec Safran

Business meeting with adults discussing and signing contracts over a table.
Business meeting with adults discussing and signing contracts over a table. — Photo : Mikhail Nilov / Pexels

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Thales n’était pas seul sur le dossier. Le 26 juin, Safran avait annoncé mener des négociations exclusives avec la famille Gorgé pour racheter sa participation à 128,50 euros par action. Mais vendredi 29 juin, à l’expiration de la période d’exclusivité, les discussions ont échoué, faute d’accord dans le délai imparti. Exail s’est retrouvée libre de manÅ“uvre. Thales a immédiatement proposé un prix supérieur de 6 %, et un accord a été trouvé à l’issue d’un intense week-end de négociations[4].

Le président d’Exail, Raphaël Gorgé, fils du fondateur, a salué la rapidité d’exécution du groupe d’électronique de défense. Pour Thales, l’enjeu valait l’effort. L’acquisition représente la plus grosse opération du groupe depuis le rachat de Gemalto en 2019 pour 4,8 milliards d’euros. Elle doit permettre à Thales de générer 500 millions d’euros de revenus additionnels d’ici dix ans, tout en ouvrant la voie à des capteurs quantiques de nouvelle génération.

Barclays et Jefferies ont qualifié l’opération de coûteuse. Au prix de 134 euros par action, Thales paie quarante et une fois le résultat opérationnel attendu en 2026 et vingt-huit fois celui de 2027. Mais le marché n’a pas bronché. Le 6 juillet, jour de l’annonce, l’action Thales a gagné 1,7 % en Bourse, signant l’une des plus fortes hausses du CAC 40. Exail a bondi de 2,7 %. Les investisseurs semblent considérer que la prime de contrôle est justifiée par la position stratégique d’Exail dans un segment en forte croissance.

Pourquoi Thales paie 3,9 milliards pour Exail

Une acquisition à 3,9 milliards
Thales paie 134 euros par action, soit 41 fois le résultat opérationnel attendu en 2026. Le marché valide la prime : l'action Thales a gagné 1,7 % le jour de l'annonce.
Un champion des drones navals
Exail est leader européen de la robotique maritime, avec des systèmes de lutte anti-mines et de cartographie des fonds. Ses drones équipent plusieurs marines occidentales.
500 millions de revenus en dix ans
Thales vise une intégration de ses sonars tractés avec les drones d'Exail pour générer 500 millions d'euros de revenus additionnels d'ici 2036.
Une guerre sous-marine en mutation
Les conflits récents ont remis les drones maritimes au centre des stratégies navales. Thales cherche à devenir un acteur intégré de la lutte sous-marine.

Le sous-marin, champ de bataille de demain

Thales fabrique des sonars tractés utilisés par de nombreuses marines occidentales. En ajoutant les drones d’Exail, le groupe vise à devenir un acteur intégré de la lutte sous-marine, un domaine redevenu central depuis la guerre en Ukraine et les tensions en mer de Chine. Les drones maritimes autonomes servent à déminer, mais aussi à cartographier les fonds, à détecter des sous-marins et à mener des missions de renseignement[2].

Thomas Buret, codirecteur général d’Exail, avait déclaré à l’AFP vouloir faire de son entreprise « le SpaceX du drone marin », en référence au modèle d’intégration verticale d’Elon Musk. Thales entend poursuivre cette ambition, en y adossant ses moyens financiers et sa base de clients institutionnels. Avec 2,3 milliards d’euros de trésorerie avant l’opération et un endettement limité, le groupe dispose de la capacité financière pour absorber cette acquisition sans mettre en péril ses autres projets[3].

L’accord signé jeudi reste conditionné à l’approbation des autorités de la concurrence. Aucun obstacle majeur n’est anticipé, Thales et Exail évoluant sur des segments complémentaires plutôt que concurrents. La famille Gorgé, qui contrôle l’entreprise depuis sa création, a accepté de céder son bloc de contrôle. L’offre publique qui suivra concernera les actionnaires minoritaires ainsi que les porteurs d’obligations convertibles. Le prix de 134 euros par action sera maintenu pour l’ensemble des titres.

Rachat d'Exail par Thales : les faits clés

  • L'accord définitif a été signé le 30 juillet 2026, un mois après l'annonce du 6 juillet
  • Thales rachète d'abord la participation de 35,51 % de la famille Gorgé au T3 2027, puis lance une OPA
  • Le prix de 134 € par action représente une prime de 44 % sur le cours du 25 juin dernier
  • Exail est numéro un européen de la robotique maritime et numéro deux mondial de la navigation inertielle navale
  • L'acquisition doit générer 500 millions d'euros de revenus additionnels d'ici dix ans
  • C'est la plus grosse opération de Thales depuis le rachat de Gemalto en 2019 (4,8 milliards d'euros)
Hélène Vasseur
Hélène Vasseur
Correspondante défense & militaire Hélène couvre l'industrie de défense et les questions militaires. Contrats export, programmes d'armement, budgets : elle décrypte un secteur où l'industriel et le politique sont indissociables, en s'en tenant aux faits. Naval Group, Dassault, Thales, MBDA, KNDS, elle en connaît les dossiers.

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