La Russie a repris ses attaques aériennes contre Kiev mardi 8 septembre 2026, après une pause observée pendant la visite d’émissaires américains en Russie et en Ukraine. Des missiles balistiques et des drones ont frappé la capitale ukrainienne, faisant au moins cinq morts et près de 30 blessés selon les autorités ukrainiennes.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte diplomatique particulier. Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner venaient d’achever une mission à Moscou puis à Kiev destinée à tenter de relancer les négociations pour mettre fin à la guerre. Aucun accord de paix ni cessez-le-feu durable n’a toutefois été annoncé à l’issue de ces échanges.
Des missiles balistiques et des drones frappent de nouveau Kiev
Selon les informations communiquées mardi par les autorités ukrainiennes et rapportées par Reuters, au moins cinq personnes ont été tuées et près de 30 blessées lors des frappes russes sur Kiev. Plusieurs immeubles résidentiels ont été endommagés, ainsi qu’une école, une clinique, des entrepôts et un bâtiment de télévision.
Les attaques ne se sont pas limitées à la capitale. Plusieurs autres régions ukrainiennes ont été visées. Une frappe a notamment touché un train dans la région de Zaporijjia, tandis qu’une autre attaque a été signalée dans la région de Soumy.
La Russie affirme pour sa part avoir ciblé des installations militaires et logistiques. Moscou nie régulièrement viser délibérément les civils.
Une pause avait accompagné la visite des émissaires américains
La reprise des bombardements est d’autant plus remarquée qu’elle survient immédiatement après la mission de Steve Witkoff et Jared Kushner. Des dispositions avaient été recherchées avant leur déplacement afin d’éviter des frappes sur Moscou et Kiev pendant leur présence.
Volodymyr Zelensky a indiqué mardi que les émissaires américains avaient présenté plusieurs idées qu’il jugeait susceptibles de contribuer aux discussions. Aucune percée diplomatique n’a cependant été annoncée. Parmi les pistes évoquées figurent la poursuite des échanges sur les prisonniers de guerre, les infrastructures énergétiques et les exportations de céréales, ainsi que la possibilité de nouvelles rencontres internationales.
La position française reste de soutenir une paix négociée avec la participation pleine de l’Ukraine. Dans une déclaration publiée le 24 août par l’Élysée, les dirigeants de la Coalition des volontaires avaient appelé la Russie à accepter un cessez-le-feu total, immédiat et inconditionnel à partir de la ligne de contact.
La défense aérienne ukrainienne redevient une priorité
Après les frappes du 8 septembre, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a de nouveau demandé aux alliés de renforcer les livraisons de moyens de défense aérienne, notamment d’intercepteurs capables de faire face aux missiles balistiques.
Cette question est déjà au centre du soutien européen. La France et plusieurs partenaires ont créé durant l’été une coalition consacrée à la défense contre les missiles balistiques. La déclaration officielle de création de cette coalition cite notamment la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Ukraine parmi ses membres fondateurs.
Le ministère français des Affaires étrangères constatait encore fin août que les frappes contre les villes, les infrastructures essentielles et les civils ukrainiens devenaient « systématiques et de plus en plus intenses », dans son communiqué du 26 août 2026.
Les pertes civiles ont fortement augmenté en 2026

La nouvelle attaque contre Kiev s’inscrit dans une nette intensification des frappes à longue portée. Selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies, 437 civils ont été tués et 2 610 blessés en Ukraine en juillet 2026. Il s’agit de victimes civiles vérifiées par l’ONU pour ce seul mois, et non d’un bilan militaire.
L’ONU précise que juillet 2026 a enregistré le plus grand nombre mensuel de victimes civiles depuis mars 2022. Kiev figurait parmi les villes les plus durement touchées, avec 54 civils tués et 202 blessés vérifiés au cours du mois. Le détail de ces données est disponible dans le bilan publié par les Nations unies le 13 août 2026.
La reprise des frappes du 8 septembre montre surtout la fragilité de la séquence diplomatique ouverte par Washington : les échanges se poursuivent, mais aucun cessez-le-feu n’est actuellement en vigueur. Sur le terrain comme dans les villes ukrainiennes, les opérations militaires continuent donc malgré les nouvelles tentatives de négociation.

