Richard Chochoy, fan de Johnny Hallyday depuis plus de cinquante ans, publie un livre sur ses cinq voyages à Saint-Barthélemy, là où repose le chanteur, entre 2019 et 2025.
Saint-Barthélemy, île des Antilles françaises où Johnny Hallyday repose depuis décembre 2017, attire chaque année des centaines de fans venus se recueillir sur la tombe du rockeur. Richard Chochoy, habitant du Boulonnais, a entrepris cinq voyages successifs sur l’île entre 2019 et 2025. Il raconte ces pèlerinages dans un livre-témoignage qui détaille ses heures de recueillement, ses souvenirs et les traces encore vivaces du chanteur sur l’île.
Le parcours relève du voyage initiatique pour cette génération de fans qui a grandi avec les concerts de Johnny. Chochoy consacre de longues heures au cimetière de Lorient, lieu sobre et discret où le chanteur est enterré. Il croise d’autres fidèles venus de France métropolitaine, certains ayant réservé leur séjour dès l’annonce du décès de leur idole en décembre 2017.
Sept mille kilomètres et quatre mille euros le voyage
Le trajet représente un investissement conséquent. De la banlieue parisienne ou du Boulonnais jusqu’à Saint-Barth, le déplacement couvre environ 7 000 kilomètres. Le coût varie entre 3 000 et 4 000 euros par personne, incluant le vol transatlantique, la traversée en bateau depuis Saint-Martin, la location de voiture et l’hébergement sur une île réputée pour ses tarifs élevés. Certains couples, comme Mireille et son mari venus de Fréjus, transforment ce voyage en cadeau de Noël, accomplissement d’un rêve longtemps différé.
Mireille, fan depuis ses 15 ans, avait assisté à des centaines de concerts du rockeur. Parcourir ces 7 000 kilomètres depuis le sud de la France jusqu’à l’île caribéenne représente pour elle un aboutissement, la dernière étape d’une fidélité de plusieurs décennies.
Une île devenue lieu de mémoire
Johnny Hallyday avait découvert Saint-Barthélemy en 1997 lors d’une croisière. Neuf ans plus tard, en 2006, il se faisait construire une villa sur les hauteurs de Marigot. L’île lui offrait ce que la France ne pouvait garantir : la tranquillité. Il s’y promenait sans garde du corps, traité comme un résident ordinaire, et y passait tous ses étés en famille et entre amis.
Aujourd’hui, c’est toute l’île qui porte les traces de cette présence. Les fans retracent les lieux fréquentés par le chanteur, ses restaurants préférés, les plages où il aimait se détendre. Le cimetière de Lorient, sobre et minéral, contraste avec la démesure des hommages qui ont suivi sa mort en France. Mais ce dépouillement correspond à la volonté du rockeur : reposer en paix, loin de l’agitation médiatique hexagonale.
Pourquoi Saint-Barthélemy attire encore les fans de Johnny
Cinq voyages, cinq récits de recueillement
Richard Chochoy structure son livre autour de ses cinq voyages successifs, étalés sur six ans. Chaque séjour apporte son lot de rencontres avec d’autres fans, de moments de silence face à la tombe, de discussions sur l’héritage musical du chanteur. Le Boulonnais décrit des journées entières passées au cimetière, à partager des anecdotes de concerts, à écouter les albums de Johnny sur place, à déposer des fleurs et des messages.
Le livre témoigne d’une fidélité qui dépasse la simple admiration d’un artiste. Il s’inscrit dans une tradition du pèlerinage rock, celle qui mène les fans de Jim Morrison au Père-Lachaise ou ceux d’Elvis Presley à Graceland. À Saint-Barthélemy, le rituel se double d’un voyage exotique, d’une découverte de l’île que Johnny avait élue comme refuge.
Un phénomène qui dure depuis 2017
Depuis l’inhumation du chanteur en décembre 2017, Saint-Barthélemy est devenu un point de passage obligé pour les fans les plus dévoués. Certains viennent une fois, d’autres y retournent chaque année. Quatre amis de la banlieue parisienne, interrogés lors d’un reportage en 2018, expliquaient avoir réservé leur séjour immédiatement après l’annonce du décès. Le prix ne constituait pas un frein face à l’importance symbolique du voyage.
Le livre de Richard Chochoy s’ajoute à une production éditoriale déjà importante sur Johnny Hallyday. Mais il se distingue par son angle intime, centré sur l’expérience du fan ordinaire plutôt que sur la star ou son entourage. Chochoy ne cherche pas à livrer des révélations ni à nourrir la polémique autour de l’héritage. Il documente une dévotion silencieuse, celle qui pousse des milliers de Français à traverser l’Atlantique pour quelques heures de recueillement.
Saint-Barth, refuge choisi contre Paris
Le choix de Saint-Barthélemy pour dernière demeure n’est pas anodin. Johnny Hallyday y avait trouvé ce que Paris ne lui accordait plus : l’anonymat, ou du moins une forme de tranquillité relative. Les fans eux-mêmes reconnaissent que l’inhumation en France aurait transformé la tombe en cirque médiatique permanent. À Saint-Barth, le repos est protégé par l’éloignement géographique et le coût du voyage, qui limite le flux à ceux réellement prêts à faire l’effort.
Le livre de Richard Chochoy sort en juin 2026. Il s’adresse aux fans qui envisagent le voyage, à ceux qui l’ont déjà fait, et à tous ceux qui veulent comprendre ce qui pousse une génération entière à entretenir ce lien avec un artiste disparu. Entre récit de voyage et témoignage d’admiration, l’ouvrage documente un phénomène qui ne faiblit pas, près de neuf ans après la mort du rockeur.
Pèlerinages à Saint-Barth : les chiffres du voyage des fans
- Richard Chochoy publie un livre sur ses cinq voyages à Saint-Barth entre 2019 et 2025
- Le trajet depuis la France couvre 7 000 km et coûte entre 3 000 et 4 000 euros par personne
- Johnny Hallyday avait découvert l'île en 1997 et s'y était fait construire une villa en 2006
- Des centaines de fans français se rendent chaque année sur la tombe du chanteur à Lorient
- Le cimetière de Saint-Barthélemy offre le calme que la France ne pouvait garantir au rockeur
