148 302 voitures électriques neuves immatriculées en France entre janvier et avril 2026 : le bond de 48 % publié par la Plateforme automobile tranche avec un marché global en recul de 2 % sur la même période.
Le contraste est saisissant. Pendant que les motorisations thermiques perdent du terrain, le segment électrique tire les statistiques vers le haut à une vitesse que peu d’observateurs anticipaient en début d’année. Chez les particuliers, la progression est encore plus marquée : +75 %, à 16 731 unités, selon les chiffres publiés le 1er mai par la Plateforme automobile (PFA), qui fédère l’ensemble des constructeurs.
La part des électriques dans les ventes totales de voitures neuves atteint 26 %, en hausse de 42 % sur un an. Les hybrides non rechargeables (HEV) talonnent avec 26 % de part de marché chez les particuliers, contre 28 % pour le tout-électrique.
Offre en hausse, prix en baisse : la Twingo électrique parmi les déclencheurs
La PFA pointe trois facteurs pour expliquer cette accélération. Le premier est mécanique : les ventes de 2026 se comparent à un début d’année 2025 en repli, ce qui gonfle mécaniquement les pourcentages. Le deuxième est structurel : l’offre de modèles électriques accessibles a explosé. La filière recense 181 modèles électriques disponibles en mars 2026, contre 114 en mars 2024, avec plusieurs citadines désormais positionnées sous les 20 000 euros, dont la Twingo de Renault. Le troisième levier est réglementaire : la loi imposant aux flottes d’entreprise de s’électrifier continue de peser sur les commandes [1].
Un quatrième facteur commence à se dessiner sans qu’on puisse encore le chiffrer précisément. Depuis le regain de tension au Moyen-Orient et la remontée des prix des carburants, les arbitrages à la pompe influencent les intentions d’achat. «On ne pourra voir un effet qu’à compter des commandes enregistrées en avril qui seront connues en mai», a précisé le porte-parole de la PFA.
Un marché global encore fragile malgré le rebond de mai
Sur l’ensemble des cinq premiers mois de l’année, le marché automobile français reste légèrement négatif : 668 376 immatriculations toutes motorisations confondues, en recul de 0,6 % par rapport à la même période de 2025. Le marché a certes retrouvé des couleurs en mai 2026, porté par le retour des particuliers et l’essor de l’électrique, mais les entreprises continuent de réduire leur présence [2].
Mobilians et Dataneo soulignent que le second semestre devrait bénéficier d’un nouvel épisode de leasing social, de nature à soutenir les volumes. Reste que cette progression reposera en grande partie sur des dispositifs d’aide publique et sur un effet de comparaison favorable, pas encore sur une demande spontanée et autonome.
À l’échelle européenne, le tableau est cohérent. La France affiche +38,5 % sur l’électrique sur les deux premiers mois de l’année, derrière une accélération globale de +24,4 % en février 2026 dans l’Union européenne, où l’électrique capte désormais 18,8 % du marché contre 15,2 % un an plus tôt, selon l’ACEA [4].
Sources
3 sources · 3 faits sourcés

