L’Espagne a retenu l’Airbus A321 comme base de ses futurs avions de renseignement électronique. Ce choix intervient alors que la France étudie une version militaire du même appareil pour remplacer ses Atlantique 2. Les missions et les équipements prévus restent toutefois différents.
Le programme espagnol Santiago II prévoit trois avions capables de recueillir et d’analyser des émissions électromagnétiques. Le choix de l’A321, rapporté le 7 octobre 2026, précise l’orientation industrielle du projet. Il ne signifie cependant pas que les appareils sont déjà construits ou opérationnels.
- L'Espagne retient l'Airbus A321 pour trois avions de renseignement électronique spécialisés en SIGINT.
- La France étudie aussi un A321 militaire, l'A321 MPA, mais pour la patrouille maritime et la lutte antisous-marine.
- Les deux projets mobilisent des compétences communes d'adaptation industrielle malgré des missions opérationnelles différentes.
Trois Airbus A321 pour intercepter et analyser des signaux
L’armée de l’air et de l’espace espagnole souhaite retrouver une capacité de renseignement aéroporté spécialisée, perdue après le retrait de ses anciens Boeing 707 et Falcon 20 militaires, respectivement en 2014 et 2015.
Les futurs appareils doivent remplir des missions SIGINT, pour Signals Intelligence, ou renseignement d’origine électromagnétique. Leur rôle sera de détecter, suivre, classifier et identifier des émissions susceptibles d’intéresser les forces armées.
Ces missions comprennent deux grandes catégories :
- Le renseignement électronique (ELINT), consacré notamment à l’analyse des émissions provenant de radars et d’autres équipements électroniques.
- Le renseignement sur les communications (COMINT), destiné à recueillir et analyser des signaux de communication.
L’utilisation d’un avion de ligne comme plateforme militaire permet d’envisager l’installation de plusieurs postes d’opérateurs, de capteurs et de systèmes informatiques. La version précise de l’A321 destinée au programme espagnol n’est toutefois pas officiellement détaillée dans le communiqué industriel initial.
L'utilisation d'un avion de ligne comme plateforme militaire permet d'envisager l'installation de plusieurs postes d'opérateurs, de capteurs et de systèmes informatiques.
Airbus et Indra travaillent sur un programme encore en développement

Le 30 décembre 2025, Airbus Defence and Space a annoncé sa sélection, avec le groupe espagnol Indra, pour conduire une étude de définition de 18 mois portant sur les futurs avions de renseignement.
Selon le communiqué officiel d’Airbus, cette première étape doit déterminer la plateforme et les équipements les mieux adaptés aux besoins militaires espagnols.
La répartition envisagée prévoit qu’Airbus adapte les avions et assure l’intégration industrielle, tandis qu’Indra apporte les systèmes de renseignement électronique et de communication.
Le statut du programme mérite une précision : la sélection des industriels et l’étude de définition sont confirmées. En revanche, les documents officiels consultés ne permettent pas d’établir une date ferme de livraison des trois appareils ni leur configuration technique définitive. Le montant d’environ 436 millions d’euros évoqué pour le programme ne doit pas être assimilé, sans confirmation contractuelle détaillée, au prix d’achat des trois avions.
En France, un autre Airbus A321 est étudié pour remplacer les Atlantique 2
Le rapprochement avec la France tient à la plateforme aéronautique, mais les besoins opérationnels ne sont pas identiques. La Marine nationale prépare le remplacement de ses avions de patrouille maritime Atlantique 2, notamment employés pour la lutte antisous-marine et la surveillance des espaces maritimes.
Le 4 février 2025, Airbus a annoncé un contrat d’étude et de réduction des risques confié par la Direction générale de l’armement, en partenariat avec Thales. Cette étude, prévue pour durer 24 mois, concerne l’A321 MPA, une adaptation militaire de l’A321XLR.
Le communiqué officiel sur le programme français précise les principales missions envisagées : lutte contre les sous-marins, surveillance maritime, lutte antinavire et collecte de renseignement.
Contrairement aux appareils espagnols spécialisés dans les émissions électromagnétiques, la version française doit notamment intégrer des radars, des équipements acoustiques utilisant des bouées sonar et des systèmes de guerre électronique.
Airbus situait le remplacement des Atlantique 2 à l’horizon 2030-2040. Le calendrier de développement et de production restait soumis aux décisions ultérieures du programme. Le choix espagnol ne constitue donc ni une commande française supplémentaire ni une validation automatique de la configuration destinée à la Marine nationale.
Quelles conséquences pour l’industrie aéronautique française ?

Les deux projets illustrent l’intérêt militaire pour la famille A321, initialement conçue pour le transport commercial. Ils peuvent mobiliser des compétences communes en matière d’adaptation des cellules, d’alimentation électrique, d’intégration de capteurs et de systèmes de mission.
Mais leurs organisations industrielles diffèrent. Le programme espagnol associe Airbus Defence and Space à Indra, avec une solution destinée aux forces armées espagnoles. Le programme français associe Airbus à Thales autour des besoins de la Marine nationale.
À ce stade, aucun volume d’emplois supplémentaires en France, aucune répartition précise des fabrications entre les sites industriels et aucune retombée économique française directement attribuable au choix espagnol ne sont confirmés dans les annonces officielles consultées.
Pour suivre les conséquences concrètes en France, le point déterminant sera la progression du programme français A321 MPA vers une décision de développement et de production. Le choix espagnol confirme l’intérêt pour cette famille d’avions dans les missions militaires spécialisées, sans préjuger des commandes, des budgets ou des emplois français à venir.
Questions fréquentes
Pourquoi l'Espagne choisit-elle l'A321 pour remplacer ses capacités de renseignement aéroporté ?
L’Espagne a perdu ses capacités SIGINT après le retrait de ses Boeing 707 et Falcon 20 militaires respectivement en 2014 et 2015. La plateforme A321 permet d’installer plusieurs postes d’opérateurs, de capteurs et de systèmes informatiques pour détecter, suivre, classifier et identifier des émissions électromagnétiques.
Quelles différences existenr entre les versions espagnole et française de l'A321 militaire ?
La version espagnole Santiago II se concentre sur les émissions électromagnétiques (ELINT et COMINT), tandis que la version française A321 MPA intègre des radars, des équipements acoustiques avec bouées sonar et des systèmes de guerre électronique pour la patrouille maritime et la lutte antisous-marine.
À quel stade de développement se trouvent ces deux programmes ?
Le programme espagnol a confirmé la sélection des industriels (Airbus et Indra) et lance une étude de définition de 18 mois initiée le 30 décembre 2025. Le programme français débute une étude de 24 mois confiée à Airbus et Thales depuis le 4 février 2025, sans date ferme de livraison ni configuration technique définitive pour l’un ou l’autre.

