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Exosquelettes au travail en France : ce qu’ils peuvent réellement changer et les précautions à respecter

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Les exosquelettes peuvent réduire certaines contraintes physiques au travail, mais leur efficacité contre les troubles musculosquelettiques n’est pas démontrée à elle seule. En France, leur déploiement doit rester intégré à la prévention des risques professionnels.

Ces dispositifs portés par un salarié peuvent assister un mouvement, soutenir une partie du corps ou limiter l’effort musculaire pendant une tâche précise. Leur développement ne modifie toutefois pas les obligations de l’employeur : avant d’équiper les travailleurs, l’entreprise doit rechercher les moyens de supprimer ou de réduire le risque à la source.

En 30 secondes
  • Les exosquelettes réduisent certaines contraintes physiques mais ne préviennent pas seuls les troubles musculosquelettiques.
  • L'employeur doit d'abord chercher à éliminer le risque à la source avant d'équiper les salariés.
  • Un exosquelette peut déplacer les contraintes vers d'autres parties du corps et nécessite une phase d'apprentissage.

Un exosquelette ne remplace pas la prévention des risques

L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) rappelle que les exosquelettes peuvent, dans certaines situations, limiter des contraintes biomécaniques comme des efforts musculaires excessifs ou certaines postures contraignantes. Cela ne suffit cependant pas à établir qu’ils préviennent à eux seuls les troubles musculosquelettiques, dont les causes peuvent être multiples.

Le dossier de l’INRS consacré aux exosquelettes insiste donc sur la nécessité d’évaluer leur utilisation dans la situation réelle de travail. L’appareil doit répondre à un besoin d’assistance identifié et être adapté à la tâche comme à son utilisateur.

Un exosquelette ne remplace pas la prévention des risques

La priorité reste de combattre le risque à la source

Un ouvrier en équipement de protection face à une pollution atmosphérique industrielle.
La prévention des risques professionnels commence par l'élimination des sources de danger avant le recours à des équipements de protection. — Photo : Bence Szemerey / Pexels

Cette prudence découle aussi du Code du travail. L’employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Les principes généraux de prévention de l’article L. 4121-2 imposent notamment d’éviter les risques, de les évaluer lorsqu’ils ne peuvent être évités, de les combattre à la source et d’adapter le travail à l’homme.

En pratique, l’achat d’un exosquelette ne doit donc pas servir à contourner une amélioration possible du poste, de l’organisation ou des équipements. L’INRS recommande d’étudier d’abord les autres solutions de prévention, notamment les mesures collectives.

Des bénéfices possibles, mais aussi de nouveaux risques

L’assistance apportée par un exosquelette peut réduire localement l’activité de certains muscles. En revanche, le dispositif peut déplacer les contraintes vers d’autres parties du corps ou modifier les mouvements habituels de l’opérateur.

L’analyse des risques publiée par l’INRS mentionne notamment des modifications de l’équilibre et des contraintes posturales, ainsi que des perturbations sensorielles pendant l’utilisation ou après le retrait de l’équipement. Une phase d’apprentissage et des essais en conditions réelles sont donc nécessaires.

Un exosquelette de travail n’est pas automatiquement un équipement de protection individuelle

Un ouvrier en harnais nettoyant les vitres d'un immeuble en milieu urbain.
Le port d'un harnais de sécurité répond à des normes strictes, contrairement aux exosquelettes qui relèvent d'autres cadres réglementaires. — Photo : Erik Mclean / Pexels

L’INRS précise dans sa foire aux questions sur les exosquelettes qu’un exosquelette professionnel ne doit pas être assimilé automatiquement à un équipement de protection individuelle (EPI). L’organisme souligne également l’absence de preuve scientifique permettant d’affirmer que ces technologies réduisent, à elles seules, le risque de TMS.

Pour une entreprise française, la démarche à retenir est donc concrète : analyser le poste et le risque, examiner d’abord les solutions permettant de réduire la contrainte à la source, sélectionner éventuellement un dispositif adapté, le tester avec les salariés concernés puis évaluer ses effets réels sur l’activité et la santé. L’arrivée d’exosquelettes plus performants ne change pas ce principe : la technologie reste un outil d’assistance et non un substitut aux obligations de prévention de l’employeur.

Questions fréquentes

Un exosquelette peut-il être considéré automatiquement comme un équipement de protection individuelle ?

Non. L’INRS précise qu’un exosquelette professionnel ne doit pas être assimilé automatiquement à un EPI. Cette distinction est importante car elle confirme que le dispositif reste un outil d’assistance et non un substitut aux obligations légales de prévention de l’employeur.

Quels risques nouveaux un exosquelette peut-il créer lors de son utilisation ?

Le dispositif peut modifier l’équilibre, créer des contraintes posturales et provoqueur des perturbations sensorielles pendant son utilisation ou après son retrait. C’est pourquoi une phase d’apprentissage et des essais en conditions réelles sont nécessaires avant le déploiement.

Quel ordre de priorité doit suivre une entreprise avant d'acheter un exosquelette ?

L’entreprise doit d’abord analyser le poste et le risque, examiner les solutions permettant de réduire la contrainte à la source, sélectionner éventuellement un dispositif adapté, le tester avec les salariés puis évaluer ses effets réels. L’achat d’un exosquelette ne doit pas contourner une amélioration possible du poste ou de l’organisation.

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Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier décrypte les aides et les droits des Français. CAF, retraite, chômage, chèque énergie, MaPrimeRénov', bourses ou aides locales : il s'attache à dire clairement qui peut en bénéficier, pour quel montant, jusqu'à quand et comment faire la démarche, étape par étape. Attaché aux chiffres officiels et aux sources françaises, il écrit pour que chacun sache exactement à quoi il a droit — et n'y renonce pas faute d'information.