Le réseau Normandie AéroEspace sera présent du 3 au 6 novembre 2026 au salon Euronaval, hall 6, stand i123.
Pour sa troisième participation, la filière régionale réunit cinq entreprises de la base industrielle et technologique de défense normande sur un pavillon collectif. L’exercice n’a rien d’anecdotique pour des entreprises de cette taille. Un stand partagé est souvent la seule manière, pour une PME, d’être visible dans un salon où les grands groupes alignent des espaces de plusieurs centaines de mètres carrés.
Un écosystème adossé à Cherbourg et à Évreux
La filière normande s’appuie sur un tissu militaire territorial : la base navale de Cherbourg, où se construisent et s’entretiennent les sous-marins français, et la base aérienne 105 d’Évreux. La proximité de ces emprises structure le carnet de commandes des sous-traitants locaux.
La région soutient ce positionnement par un fonds d’investissement baptisé « Normandie Défense », doté de 5 millions d’euros pour renforcer les capacités productives des PME locales. Le montant est modeste au regard des budgets d’armement, mais il vise un point précis : la capacité à produire, pas la recherche. C’est le goulot d’étranglement que les industriels de défense citent le plus souvent depuis trois ans, celui des machines et des effectifs plutôt que des brevets.
Efinor, les grandes superstructures et un drone pompier
La division Navale Énergie et Défense d’Efinor, à Cherbourg-en-Cotentin, exposera son savoir-faire en fabrication de superstructures de grandes dimensions et en soudage d’aciers à haute limite élastique. C’est un métier de chaudronnerie lourde, invisible dans les plaquettes commerciales mais déterminant pour un chantier naval.
L’entreprise présentera deux produits finis. Le Guard 190 est un patrouilleur maritime et fluvial opérant jusqu’à 60 milles des côtes. Le Mass Cleaner est un drone maritime autonome et modulaire dédié aux interventions rapides et au soutien incendie, un créneau que peu d’industriels couvrent.

Factem, l’électroacoustique de salle des machines
L’équipementier Factem, installé à Bayeux, dévoilera un nouveau casque circum-aural à réduction de bruit active, le CL3. Dans une salle des machines ou un poste de tir, le bruit n’est pas un confort mais une contrainte opérationnelle : il empêche de comprendre un ordre.
La société présentera également ses téléphones auto-générateurs, qui fonctionnent sans alimentation extérieure, le système de communication sans fil WICS destiné aux salles des machines, et le haut-parleur amplifié ALS125. L’ensemble relève d’une spécialité peu glamour et difficilement substituable. Un casque ou un combiné de passerelle se qualifie pour des années de service en ambiance saline, avec des exigences de tenue aux chocs et de compatibilité électromagnétique que peu de fournisseurs grand public savent satisfaire.
Starnav, régler un canon sans tirer et naviguer sans GPS
La société Starnav, à Bretteville-sur-Odon, spécialiste de l’optronique, met en avant deux systèmes. Le premier, RAPACE, permet le réglage optique à site variable du canon RAPIDFIRE de 40 millimètres sans tir préalable ni laser. Régler une pièce d’artillerie sans consommer de munition ni émettre de signal détectable répond à deux contraintes simultanées.
Le second, MAGELLAN, est une solution de navigation astro-inertielle diurne et nocturne, conçue pour fonctionner sans signal satellitaire. Autrement dit, elle se repère sur les étoiles, de jour comme de nuit, en complément d’une centrale inertielle. Le système est en phase de préparation d’intégration avec Naval Group.

Le retour de la navigation astronomique
Ce dernier point mérite une pause. La navigation astronomique avait quasiment disparu des passerelles avec la généralisation du positionnement par satellite. Elle revient parce que le GNSS est devenu une vulnérabilité assumée : brouillable, leurrable, et indisponible au pire moment.
Naval Group a d’ailleurs noué un partenariat distinct avec Starnav sur ce sujet. Pour une marine, disposer d’une référence extérieure qui ne dépend d’aucune émission revient à retrouver une redondance que quarante ans de GPS avaient fait oublier.
Ce que pèse la filière normande
Le réseau NAE rassemble 190 membres en Normandie, dont 100 PME et entreprises de taille intermédiaire, 19 grands industriels, 24 laboratoires et 23 établissements d’enseignement. L’ensemble représente plus de 25 000 salariés et un chiffre d’affaires global de 4,7 milliards d’euros.
Ces chiffres couvrent l’aéronautique, le spatial, la défense et la sécurité, pas la seule défense navale. Ils situent néanmoins l’ordre de grandeur : une filière régionale dont le poids économique dépasse celui de bien des donneurs d’ordres, mais dont la visibilité commerciale passe encore par un stand partagé de quelques dizaines de mètres carrés.
Sources
- GICAN, Euronaval 2026 : Normandie AéroEspace valorise les innovations de la BITD normande, 21 octobre 2026

