MC2 Technologies a annoncé le 21 octobre 2026 que son système anti-drone MAJES DFB6 sera exposé sur l’espace officiel de la Direction générale de l’Armement, lors du salon Euronaval, du 3 au 6 novembre au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte.
Pour une entreprise française de taille intermédiaire, figurer sur le pavillon de la DGA n’est pas un détail de plan de stand. Cet espace sert à promouvoir les technologies effectivement adoptées par les forces armées françaises et à appuyer les exportations de la base industrielle et technologique de défense.
Du stand maison au pavillon institutionnel
Le MAJES DFB6 avait été dévoilé deux ans plus tôt, lors de l’édition 2024 du même salon, sur l’espace de l’entreprise. Il rejoint cette fois le pavillon de la DGA, ce qui marque une étape dans son parcours : il ne s’agit plus de présenter un prototype mais un équipement entré dans les inventaires.
Le système succède à ce titre au fusil brouilleur NEROD RF, l’autre produit de la société que la DGA avait retenu pour son espace lors des éditions précédentes. MC2 Technologies conservera par ailleurs son propre stand, hall 6, emplacement F87. L’entreprise sera donc présente à deux titres sur le même salon, sur son espace commercial et sur celui de l’État.
Deux labels qui valent sélection
Le MAJES DFB6 bénéficie d’abord de la labellisation UAF, pour « utilisé par les armées françaises ». Ce marquage atteste que l’équipement est en service, ce qui constitue l’argument le plus difficile à répliquer pour un concurrent à l’export.
Il a également reçu en 2025 le label PERSEUS, un dispositif conçu par les autorités de défense pour accélérer la qualification et le déploiement opérationnel des innovations au sein des unités combattantes. L’intention est explicite : raccourcir le délai entre une solution technique et son emploi réel, face à des menaces asymétriques qui évoluent plus vite que les cycles d’acquisition classiques.
Ces deux labels se complètent plus qu’ils ne se répètent. L’un constate un usage, l’autre organise une accélération. Pour une entreprise de taille intermédiaire, les détenir tous les deux revient à disposer d’un dossier de référence que la seule démonstration technique ne suffit pas à constituer.

Comment fonctionne une bulle de brouillage autour d’un navire
Le système est conçu pour protéger les bâtiments de surface et leurs équipages contre les attaques de drones aériens. Il n’intercepte pas le vecteur, il coupe le lien : le brouillage vise les liaisons radiofréquences qui relient l’appareil à sa station de pilotage.
En émettant sur une large plage de fréquences et à longue portée, le dispositif crée une bulle de protection électromagnétique autour du navire. L’objectif est de neutraliser les capacités de guidage et de navigation des drones intrus avant qu’ils n’atteignent leur périmètre d’engagement, c’est-à-dire avant la portée utile de leur charge.
Le retour d’expérience de la Marine nationale
Intégré à la gamme Sea Proven de MC2 Technologies, le MAJES DFB6 a fait l’objet d’évaluations et de déploiements lors d’exercices conduits par la Marine nationale. C’est cette expérimentation en conditions réelles qui distingue un équipement labellisé UAF d’un produit de catalogue.
Le sujet n’a rien de théorique pour les marines occidentales. La protection rapprochée des bâtiments contre les drones aériens est devenue une préoccupation permanente des états-majors, et les solutions de brouillage présentent l’avantage de ne pas consommer de munition, donc de ne pas épuiser un stock.
Cet argument a une limite connue, que l’industriel ne mentionne pas : un brouilleur ne peut rien contre un drone qui ne reçoit aucune instruction, parce qu’il suit une trajectoire programmée avant le lancement. La bulle électromagnétique protège d’un pilotage à distance, pas d’un engin autonome.

Une chaîne de valeur revendiquée entièrement française
L’industriel insiste sur un point : l’ensemble des briques technologiques composant le MAJES DFB6 est développé et produit en France. L’argument n’est pas que patriotique, il est contractuel.
Un équipement de guerre électronique entièrement maîtrisé sur le territoire échappe aux autorisations de réexportation étrangères, celles qui peuvent bloquer une vente ou en conditionner l’emploi. Pour un client export, c’est la garantie de ne pas dépendre d’un tiers pour utiliser ce qu’il a acheté.
Ce que le pavillon DGA sert à démontrer
La mécanique du salon est connue : une délégation étrangère qui visite le stand de la DGA y voit une sélection opérée par l’acheteur français lui-même, ce qui vaut recommandation. Le dispositif fonctionne comme un label de second niveau, après les labels techniques.
Reste à mesurer les effets. Ni MC2 Technologies ni la DGA ne communiquent de volumes de commandes, de contrats en cours de négociation ou de pays intéressés. L’annonce atteste une place sur un stand, et la crédibilité que cette place confère, pas encore un carnet de commandes.

