Actualités FranceUn MiG-23 soviétique sans pilote a traversé l’Europe avant de s’écraser près...

Un MiG-23 soviétique sans pilote a traversé l’Europe avant de s’écraser près de la France et de tuer un jeune homme

Date:

Le 4 juillet 1989, un chasseur soviétique MiG-23 a poursuivi seul son vol après l’éjection de son pilote en Pologne. Intercepté par des F-15 américains, l’appareil a traversé plusieurs pays avant de s’écraser en Belgique, à quelques kilomètres de la frontière française, tuant un jeune homme.

L’épisode paraît difficilement imaginable aujourd’hui : un avion de combat soviétique sans personne à bord a pu parcourir une grande partie de l’Europe en pleine guerre froide. L’affaire est pourtant bien documentée par les sources contemporaines et jusque dans les archives parlementaires belges. Elle s’est terminée près de Courtrai, alors que la trajectoire du MiG-23 avait également placé les autorités françaises en alerte.

En 30 secondes
  • Le 4 juillet 1989, un MiG-23 soviétique continue de voler après l'éjection de son pilote en Pologne.
  • Intercepté par deux F-15 américains au-dessus de l'Allemagne de l'Ouest, l'appareil traverse l'Europe occidentale sans pilote.
  • Le chasseur s'écrase près de Courtrai en Belgique, tuant une personne au sol.

Le pilote s’éjecte, mais le MiG-23 continue à voler

Le MiG-23 décolle le 4 juillet 1989 d’une base soviétique située en Pologne pour un vol d’entraînement. Peu après le décollage, son pilote, confronté à ce qu’il interprète comme une défaillance du moteur, s’éjecte. Il survit.

Le scénario prend alors une tournure exceptionnelle : l’avion ne s’écrase pas. Le moteur continue ou reprend son fonctionnement et le système de contrôle de vol stabilise l’appareil. Désormais sans pilote, le chasseur poursuit sa route vers l’ouest et gagne de l’altitude.

Il traverse successivement l’espace aérien de l’Allemagne de l’Est puis entre dans celui de l’OTAN en Allemagne de l’Ouest. L’incident intervient quelques mois avant la chute du mur de Berlin, dans une Europe encore divisée entre les deux blocs.

L'avion ne s'écrase pas. Le moteur continue ou reprend son fonctionnement et le système de contrôle de vol stabilise l'appareil.

Deux F-15 américains découvrent un cockpit vide

Cockpit d'un avion de chasse militaire avec pilote en préparation de vol
Les pilotes des F-15 américains ont pu constater l'absence totale de présence humaine dans le cockpit du MiG-23. — Photo : Magda Ehlers / Pexels

Face à cet appareil soviétique qui ne répond pas aux communications, deux F-15 américains basés à Soesterberg, aux Pays-Bas, décollent pour l’intercepter. En arrivant à sa hauteur, leurs pilotes constatent que le MiG-23 ne transporte plus son pilote : la verrière et le siège éjectable sont absents.

Les chasseurs américains suivent alors l’appareil. Le détruire au-dessus de régions habitées aurait lui-même fait courir un risque aux populations au sol. Le MiG poursuit donc sa trajectoire au-dessus de l’Europe occidentale sous surveillance.

L’épisode illustre le rôle de la surveillance aérienne collective de l’Alliance. L’accès aux archives historiques de l’OTAN permet aujourd’hui de consulter de nombreux documents déclassifiés de cette période. L’Alliance décrit par ailleurs la défense aérienne de l’OTAN comme une mission permanente reposant notamment sur des avions de chasse en alerte rapide.

L’appareil tombe en Belgique, près de la frontière française

Après plus d’une heure de vol sans équipage, le MiG-23 finit par manquer de carburant. Sa trajectoire l’amène vers la Belgique et le nord de la France. Il s’écrase finalement près de Courtrai, en Belgique, non loin de la frontière française.

L’avion percute une habitation. Une personne au sol est tuée. Les documents parlementaires belges conservés par la Chambre confirment le crash du MiG-23 le 4 juillet 1989 et évoquent l’indemnisation versée après l’accident. Une question parlementaire belge consacrée à l’accident indique que les victimes ont bien reçu le montant de leur indemnisation par l’intermédiaire du greffe du tribunal de Courtrai.

Un incident exceptionnel au crépuscule de la guerre froide

Célèbre fresque murale du mur de Berlin montrant deux hommes s'embrassant
Cette fresque symbolise la fin des tensions entre les blocs soviétique et occidental lors de la guerre froide. — Photo : Ejov Igor / Pexels

L’accident provoque également une affaire diplomatique : les autorités des pays survolés n’avaient pas été prévenues suffisamment tôt qu’un appareil militaire soviétique incontrôlé se dirigeait vers l’Europe occidentale. L’Union soviétique présente ensuite ses regrets et participe au règlement des conséquences du crash.

Plus de 37 ans après les faits, l’épisode reste surtout remarquable par son enchaînement : un pilote s’éjecte en croyant son appareil condamné, le chasseur se stabilise sans personne aux commandes, franchit la frontière du bloc occidental, est intercepté par deux avions américains puis poursuit sa course jusqu’en Belgique. Pour consulter les documents historiques rendus publics par l’Alliance, le portail des Archives de l’OTAN rassemble désormais plus de 100 000 documents accessibles en ligne.

Questions fréquentes

Pourquoi les F-15 américains n'ont-ils pas abattu le MiG-23 ?

Détruire l’appareil au-dessus de régions habitées aurait lui-même fait courir un risque aux populations au sol. Les chasseurs américains ont donc suivi l’avion sans l’intercepter physiquement.

Comment le MiG-23 s'est-il stabilisé après l'éjection du pilote ?

Le corps de l’article indique que « le moteur continue ou reprend son fonctionnement et le système de contrôle de vol stabilise l’appareil », sans donner de détails mécaniques supplémentaires.

Quelles ont été les conséquences diplomatiques de cet incident ?

Les autorités des pays survolés n’avaient pas été prévenues suffisamment tôt. L’Union soviétique a présenté ses regrets et a participé au règlement des conséquences du crash, dont l’indemnisation versée aux victimes par le tribunal de Courtrai.

Sur le meme sujet

Les plus lus

Derniers articles
Marc Delaunay
Marc Delaunay
Marc Delaunay est le journaliste consommation de La Voix de France. Prix des courses, promotions, rappels de produits, étiquetage, arnaques ou pratiques des grandes enseignes : il traque ce qui touche le portefeuille et la sécurité des consommateurs, chiffres à l'appui. Concret et pratique, il dit toujours qui est concerné et quoi faire — économiser, comparer ou éviter un produit rappelé — à partir de sources françaises.