La Roumanie a signé le 17 juillet deux contrats pour un milliard d’euros portant sur douze H225M Caracal et douze radars Ground Master 200 MM/A. Livraison d’ici 2030.
Bucarest a officialisé deux commandes majeures : douze hélicoptères multirôles H225M Caracal auprès d’Airbus Helicopters et douze radars de surveillance aérienne Ground Master 200 MM/A auprès de Thales. Le montant cumulé dépasse un milliard d’euros. Les contrats ont été passés par la Direction générale de l’armement française via le dispositif FASt, conçu pour faciliter les acquisitions d’équipements militaires français par des pays partenaires.
La commande des hélicoptères représente environ 757 millions d’euros, auxquels s’ajoutent le soutien logistique initial et la formation des équipages. Le projet complet, validé dans le cadre du programme européen SAFE, atteint 852 millions d’euros. Les douze H225M seront configurés pour le combat contre objectifs terrestres, la reconnaissance, la surveillance, la protection tactique et l’assaut aéroporté de jour comme de nuit.
Le second contrat porte sur douze radars Ground Master 200 MM/A de Thales pour environ 247 millions d’euros, avec un budget global de 258 millions incluant le soutien et la formation. L’ensemble des équipements doit être livré d’ici 2030. Le ministre de la Défense Radu Miruta a précisé que le premier radar, « dont nous avons grandement besoin pour faire face aux drones volant à basse altitude », sera livré dans les onze mois, soit début 2027.
Un pivot stratégique vers l’industrie française
Cette opération marque un changement notable dans la politique d’acquisition roumaine. Jusqu’ici, Bucarest s’était principalement tourné vers des matériels américains : chasseurs F-35, systèmes Patriot, lance-roquettes HIMARS, chars Abrams[1]. Entre 2015 et 2024, les commandes roumaines auprès de l’industrie française étaient restées limitées. Les contrats signés le 17 juillet représentent la plus grosse commande française de la décennie pour Bucarest.
Ces acquisitions s’inscrivent dans un effort de réarmement plus large financé par le prêt européen SAFE. Au total, la Roumanie prévoit d’investir 2,2 milliards d’euros dans des systèmes antidrones via ce programme. Une source au ministère de la Défense roumain a indiqué que ces deux contrats devraient générer des centaines d’emplois en Roumanie.
| Équipement | Quantité | Montant (M€) | Industriel |
|---|---|---|---|
| H225M Caracal | 12 | 757 | Airbus Helicopters |
| Ground Master 200 MM/A | 12 | 247 | Thales |
| Total contrats | 24 | 1 004 | — |
Source : BFMTV
Un contexte stratégique tendu

La décision intervient dans un contexte particulièrement sensible. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, la Roumanie partage une frontière directe avec un pays en guerre. Son espace aérien a été violé à plusieurs reprises, des drones ont chuté sur son territoire. Ces incidents ont accéléré les investissements destinés à renforcer la surveillance aérienne et les capacités de réaction des forces armées roumaines[3].
Le Ground Master 200 MM/A figure parmi les systèmes de radar mobiles les plus modernes développés par Thales. Il assure simultanément la surveillance aérienne, la détection de drones, d’hélicoptères, de missiles de croisière, de roquettes, d’obus d’artillerie, ainsi que le soutien aux systèmes de défense sol-air. Son architecture numérique lui permet d’être régulièrement modernisé par de simples évolutions logicielles pour faire face à l’évolution des menaces.
Les H225M Caracal constituent des hélicoptères de transport tactique déjà utilisés par plusieurs forces armées dans le monde. Leur polyvalence leur permet d’assurer des missions de transport de troupes, d’évacuation sanitaire, de recherche et sauvetage au combat. Le ministère de la Défense roumain prévoit l’acquisition de 30 hélicoptères supplémentaires après 2030, via un financement sur le budget national de 2 milliards d’euros[2].
Pourquoi la Roumanie investit 1 milliard dans sa défense aérienne
Un réarmement européen en accélération
Cet effort s’inscrit dans un mouvement général de réarmement européen, accéléré par l’invasion russe de l’Ukraine et les incertitudes sur l’engagement américain dans la sécurité du continent. Le programme SAFE, instrument de financement européen à taux préférentiel, permet aux États membres de moderniser leurs capacités militaires sans grever immédiatement leurs budgets nationaux.
Les parlementaires roumains avaient approuvé fin avril 2026 des contrats d’achats d’équipements militaires d’une valeur totale de 8,33 milliards d’euros. Le groupe allemand Rheinmetall doit signer des programmes d’une valeur totale de 5,7 milliards d’euros, avec notamment la production de véhicules blindés Lynx. Les contrats avec Airbus et Thales représentent la part française de cet effort de réarmement.
La livraison d’ici 2030 de l’ensemble des équipements doit permettre à la Roumanie de disposer d’une défense aérienne modernisée et d’une capacité d’intervention aéroportée renforcée. Le premier radar opérationnel dès 2027 doit répondre à l’urgence de la surveillance des drones à basse altitude, menace devenue quotidienne depuis le début du conflit ukrainien.
Roumanie : les contrats Airbus et Thales signés en 2026
- Signature le 17 juillet 2026 de deux contrats pour un milliard d'euros
- Douze hélicoptères H225M Caracal pour 757 millions d'euros
- Douze radars Ground Master 200 MM/A pour 247 millions d'euros
- Premier radar livré début 2027, ensemble des équipements d'ici 2030
- Contrats passés via la DGA française dans le cadre du dispositif FASt
- Financés par le programme européen SAFE de soutien au réarmement
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

