Les États-Unis ont frappé mercredi 29 juillet une zone frontalière du nord-ouest de l’Iran, selon la télévision d’État iranienne, marquant la reprise des hostilités après plusieurs jours d’accalmie.
La télévision d’État iranienne a annoncé dans la matinée que des frappes aériennes américaines avaient touché Piranshahr, ville située à la frontière irakienne, dans la province d’Azerbaïdjan occidental. Un missile aurait atteint une zone inhabitée, sans faire de victimes, selon un responsable local cité par l’agence Fars sur X.
Ces frappes interviennent quelques heures après l’interception, dans la nuit de mardi à mercredi, de missiles iraniens par l’armée américaine. Washington a ensuite lancé, conjointement avec Riyad, une attaque contre des milices pro-iraniennes en Irak. L’Arabie saoudite avait récemment subi des tirs de la part d’alliés de Téhéran.
Téhéran dénonce une « violation flagrante »
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La diplomatie iranienne a condamné les frappes américano-saoudiennes en Irak, les qualifiant de « violation flagrante ». Selon le ministère des Affaires étrangères iranien, ces attaques s’inscrivent dans une stratégie conjointe des États-Unis et d’Israël visant à étendre le conflit au-delà des frontières iraniennes.
« Tant que les menaces contre la République islamique d’Iran persistent, la résistance continuera », ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué diffusé mercredi matin. Cette branche de l’armée iranienne, déjà ciblée à plusieurs reprises depuis le début du conflit en février 2026, a multiplié les tirs de missiles et de drones contre des installations américaines et saoudiennes dans le Golfe.
La Jordanie intercepte cinq missiles iraniens

L’armée jordanienne a annoncé mercredi avoir abattu cinq missiles iraniens au-dessus de son territoire. Ces interceptions illustrent la montée en puissance des affrontements entre l’Iran et les États-Unis, après une brève accalmie observée début juillet. Amman, allié de Washington, se retrouve exposé aux tirs de représailles iraniens visant les positions américaines dans la région.
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Les forces américaines ont coulé plus de 30 navires iraniens depuis le début de l’opération conjointe avec Israël, selon le commandement central des États-Unis pour le Moyen-Orient (Centcom). Le porte-avions iranien Shahid Bagheri aurait été frappé lors d’une opération navale début mars, bien qu’aucune confirmation indépendante n’ait été fournie.
Pourquoi la tension remonte dans le Golfe
Le pétrole repart à la hausse
Les cours du pétrole ont rebondi mercredi, après plusieurs jours de stabilité. Les marchés redoutent une nouvelle perturbation de l’approvisionnement en brut et en gaz liquéfié (GNL) transitant par le détroit d’Ormuz, passage stratégique contrôlé par l’Iran.
Un protocole d’accord avait été signé le 17 juin entre Washington et Téhéran, permettant la réouverture du détroit par lequel transitent 20 % du brut et du GNL mondial. Cet accord avait ouvert la voie à des négociations en vue d’un règlement durable du conflit déclenché le 28 février 2026 par une offensive israélo-américaine contre l’Iran. La reprise des frappes compromet ce fragile équilibre.
Des milliers de marins bloqués dans le Golfe

Environ 6 000 marins restent bloqués à bord de quelque 400 navires dans le détroit d’Ormuz, selon le chef des droits de l’homme de l’ONU. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a déclaré que la situation était « hors de contrôle » et a réclamé l’évacuation d’urgence des équipages.
Les forces iraniennes ont effectué des tirs de semonce à l’intention de quatre navires tentant de franchir le détroit, selon la télévision d’État iranienne (Irib), sans préciser leur type ni leur nationalité. Cette escalade intervient alors que les États-Unis ont mené treize nuits consécutives de frappes contre des cibles militaires en Iran fin juillet, visant notamment le quartier général de la Marine des Gardiens de la Révolution dans le nord du pays.
Une extension du conflit redoutée par l’Europe
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré qu’il n’était dans l’intérêt « de personne » que la guerre se poursuive. Bruxelles craint une extension du conflit au Liban et à d’autres pays de la région, alors que des frappes ont déjà touché des installations pétrolières à Bahreïn, provoquant un important incendie sur les sites de la Bahrain Petroleum Company (Bapco).
Les frappes américaines ont fait au moins quatre morts en Iran le 9 juillet, selon les médias d’État. Une attaque contre l’aéroport d’Iranchahr, dans le sud-est du pays, a tué un pompier. À Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire civile d’Iran, une base militaire a été frappée, de même qu’un pont ferroviaire dans le Golestan, au nord. Les forces américaines ont également visé le principal centre de recherche de l’Agence spatiale iranienne, décrit par Israël comme abritant des laboratoires stratégiques utilisés pour le développement de satellites militaires.
Frappes américaines en Iran : les faits du 29 juillet 2026
- Les États-Unis ont frappé Piranshahr, dans le nord-ouest de l'Iran, mercredi 29 juillet
- La Jordanie a intercepté cinq missiles iraniens au-dessus de son territoire
- 6 000 marins restent bloqués à bord de 400 navires dans le détroit d'Ormuz
- Un protocole d'accord signé le 17 juin avait permis la réouverture du détroit
- Les cours du pétrole repartent à la hausse après plusieurs jours de stabilité

