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Rentrée 2027 décalée au 23 août : l’UPJ demande plus de moyens pour les centres de vacances

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La rentrée scolaire 2027 ne se fera pas comme d’habitude. À cause des Jeux du Pacifique, qui vont mobiliser plusieurs établissements scolaires de Papeete et Pirae comme sites de compétition et logements pour les athlètes, les élèves polynésiens ne reprendront le chemin de l’école que le 23 août 2027, soit près de deux semaines plus tard que la date habituelle du 11 août. Une décision du gouvernement qui rallonge d’autant les grandes vacances scolaires et met sous tension les associations qui gèrent les centres de vacances. Car accueillir les enfants deux semaines de plus, ça coûte.

Nahiti Teariki, vice-président de l’Union polynésienne pour la jeunesse (UPJ) et membre du conseil économique, social, environnemental et culturel, ne cache pas l’inquiétude : sans renforcement budgétaire, les centres de vacances ne pourront pas absorber cet allongement exceptionnel. Pourtant, cet été, en juillet 2026, ils ont déjà accueilli environ 4 000 enfants répartis dans 54 structures déclarées sur tout le territoire. Un maillage essentiel, particulièrement dans les archipels éloignés où l’offre de loisirs est rare.

Pour Nahiti Teariki, ces centres sont bien plus qu’une garderie d’été : « C’est un bel outil de cohésion sociale et de paix sociale parce qu’il permet d’offrir un espace à nos enfants dans lesquels ils peuvent s’épanouir, s’exprimer librement. Disposer d’un environnement favorisant l’épanouissement de ces enfants avec un encadrement de personnes qui sont engagées avec cœur, qui ne souhaitent qu’une chose : le bien-être des enfants. » À la fin de chaque session, les enfants repartent heureux, épanouis. C’est l’objectif que visent toutes les associations : mettre l’enfant au centre.

Les Jeux du Pacifique, une contrainte logistique majeure

Les Jeux du Pacifique se tiendront du 24 juillet au 7 août 2027. Plus de 10 000 personnes accréditées, dont 4 500 athlètes, sont attendues[3]. Beaucoup seront logés dans des établissements scolaires de Papeete et Pirae. Il faut donc du temps pour libérer ces sites, les remettre en état et préparer la rentrée. D’où ce décalage au 23 août[1], inscrit dans le calendrier scolaire triennal adopté en mars 2026 par le Conseil des ministres.

L’année scolaire 2026-2027 restera, elle, inchangée. Elle sert de transition avant les ajustements prévus dès la rentrée suivante. À partir de l’année scolaire 2027-2028, deux évolutions majeures entreront en vigueur : la suppression de la semaine de vacances de fin octobre et l’ajout d’une deuxième semaine en février, pour mieux tenir compte des conditions climatiques et du rythme des élèves[2]. Ces modifications étaient réclamées de longue date par les acteurs de l’éducation. Mais pour 2027, c’est bien le décalage exceptionnel de la rentrée qui pose le plus de défis immédiats.

Recrutement d’animateurs : un défi permanent, aggravé dans les îles

L’UPJ fait face à une difficulté récurrente : recruter suffisamment d’animateurs et de directeurs qualifiés, surtout dans les archipels éloignés. Le problème n’est pas nouveau, mais il risque de s’aggraver en 2027 avec une période d’encadrement rallongée. Nahiti Teariki insiste : « L’outil des centres de vacances permet la réduction de l’inégalité des territoires. Nous voulons permettre un accès à tous à ce bel outil. »

Pour y parvenir, l’UPJ a porté fin 2025 un vœu voté à l’unanimité en assemblée plénière du CESEC. L’objectif : harmoniser la réglementation locale avec celle de l’Hexagone. Actuellement, en Polynésie, un jeune titulaire du niveau 2 du BAFA ne peut exercer qu’à partir de 17 ans, contre 16 ans en métropole. Pour le BAFD, diplôme de directeur de centre de vacances, il faut attendre 21 ans pour faire sa pratique, contre 18 ans en France hexagonale. « Nous avons des jeunes qui souhaitent prendre des responsabilités, s’engager pour s’occuper des autres. Qu’attendons-nous pour encourager cette initiative ? », martèle Nahiti Teariki. L’UPJ a relancé la nouvelle ministre de la Jeunesse et des Sports pour obtenir une attention urgente sur ce dossier.

Une jeunesse à encadrer, aussi celle des rues

Au-delà des centres de vacances, Nahiti Teariki ne ferme pas les yeux sur une autre réalité : celle des jeunes qui choisissent les trafics de paka et d’ice, visibles au bord des routes, sur les points de deal. Pour lui, cette jeunesse n’est pas perdue, elle a besoin d’encadrement. « C’est le rôle de toutes ces associations de jeunesse et d’éducation populaire d’aller à la rencontre des familles, de permettre à ces familles, pendant que leurs enfants sont entre nos mains… » La phrase, coupée dans l’interview, laisse entrevoir l’ampleur du travail social mené par ces structures associatives. Un travail de fond, loin des projecteurs, qui nécessite des moyens pérennes.

Avec une rentrée 2027 décalée et des vacances rallongées, l’enjeu est double : tenir sur la durée et offrir un cadre stable aux enfants. L’UPJ attend désormais une réponse concrète du gouvernement polynésien et du ministère. Les Jeux du Pacifique sont une fierté nationale, mais leur organisation ne doit pas se faire au prix d’un affaiblissement des structures qui, tout l’été, tiennent les quartiers et les îles.

Valérie Temarii
Valérie Temarii
Valérie Temarii, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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