Medadom entre dans le Next40 en 2026, au terme d’une restructuration du capital menée par ses fondateurs, le fonds nordique Verdane et Bpifrance.
L’annonce tombe pendant VivaTech. La plateforme de téléconsultation agréée par le ministère de la Santé franchit une marche supplémentaire : elle quitte le French Tech 120, qu’elle intégrait depuis 2021, pour rejoindre les quarante entreprises jugées les mieux placées pour devenir des champions mondiaux. Le Next40 ne sélectionne que des scale-up affichant performance financière, siège en France, indépendance du capital, innovation prouvée et engagements sur la transition écologique et l’égalité professionnelle. Medadom revendique 10 millions de téléconsultations depuis 2017 et équipe près d’une pharmacie sur quatre dans le pays.
« Rejoindre le Next40 nous oblige à aller plus loin : plus de pharmacies équipées, plus de territoires couverts, plus de Français qui peuvent consulter un médecin sans attendre des mois », réagit Elie-Dan Mimouni, médecin, cofondateur et directeur général.
Un tour de table qui rebat les cartes de l’actionnariat
L’opération bouclée au premier semestre 2026 a redessiné la structure du capital. G Square, entré en 2020, est sorti[1]. Elie-Dan Mimouni et Nathaniel Bern, les deux cofondateurs, ont repris la majorité. Verdane, fonds nordique, signe son premier investissement en France. Bpifrance les accompagne, en mettant en avant l’enjeu de souveraineté et le désengorgement des urgences. Les montants restent confidentiels.
Cette levée intervient dans un marché de la téléconsultation dispersé depuis le Covid, qui se restructure autour de l’agrément instauré par la réglementation de 2024. Medadom se positionne en consolidateur. L’entreprise dit explorer des pistes pour bâtir un champion européen, sans préciser de calendrier ni de cibles d’acquisition.
Un modèle salarié ancré dans les pharmacies

Le statut fait la différence. En décrochant l’agrément de société de téléconsultation, Medadom fonctionne comme un hôpital numérique. Ses près de 2 000 médecins généralistes, tous inscrits à l’Ordre, sont salariés à temps partiel, pas clients de la plateforme. Cette distinction la sépare nettement des plateformes entièrement digitales, où les praticiens complètent leurs revenus sans lien d’emploi.
Le pari géographique structure aussi le modèle. Plutôt que de viser les grandes villes déjà pourvues, Medadom a déployé bornes et cabines là où le maillage reste le plus dense : l’officine. Une large majorité des Français se situe ainsi à moins de quinze minutes d’un dispositif. En 2025, 92 % des téléconsultations en pharmacie ont eu lieu dans des territoires sous-dotés.
L’argument économique complète le tableau. Un passage aux urgences revient à environ dix fois le prix d’une téléconsultation, soit 250 euros contre 25 euros, selon Elie-Dan Mimouni. L’entreprise, qui compte entre 135 et 140 collaborateurs à Paris, internalise tout, de la technologie à l’accompagnement médical.
Pourquoi l'entrée de Medadom dans le Next40 compte
Diversification déjà lancée, spécialités en ligne de mire
Medadom ne se cantonne plus à la médecine générale. La téléophtalmologie en magasin d’optique a été lancée, de même qu’une télé-expertise en dermatologie au printemps. Les spécialités qui exigent un examen clinique restent hors de portée, mais l’entreprise teste des dispositifs permettant d’élargir le champ des consultations à distance.
La diversification vise aussi à renforcer l’ancrage territorial. En équipant des pharmacies dans les zones rurales et périurbaines, Medadom tente de répondre à la pénurie de généralistes. Le modèle économique repose sur la location des bornes aux pharmaciens, qui facturent ensuite les consultations à l’Assurance maladie.
Next40 : un cercle restreint, des critères stricts

Piloté par la Mission French Tech, au sein du ministère de l’Économie, le programme French Tech 120 sélectionne chaque année 120 entreprises sur des critères stricts : performance financière prouvée, siège en France, indépendance du capital, caractère innovant, engagements sur la transition écologique et l’égalité professionnelle[3]. Le Next40 en réunit les quarante jugées les mieux placées pour devenir des champions mondiaux.
Les chiffres de la promotion 2026 confirment la dynamique : 11,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé en 2025, 46 000 emplois directs en France et à l’international, 97 % des entreprises présentes à l’international, un tiers issues de la deeptech. Medadom y entre après cinq ans dans le French Tech 120.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d’affaires cumulé 2025 | 11,3 milliards € |
| Emplois directs (France et international) | 46 000 |
| Part des entreprises à l’international | 97 % |
| Part de la deeptech | 33 % |
Source : Business France
Ambitions européennes, marché encore éclaté
Avec les moyens levés au premier semestre, Medadom assume une ambition de consolidateur. Le marché de la téléconsultation, dispersé depuis le Covid, se restructure autour de l’agrément, et l’entreprise se dit en phase exploratoire pour consolider et bâtir un champion européen. La diversification est déjà engagée, avec la téléophtalmologie en magasin d’optique et une télé-expertise en dermatologie lancée au printemps. Les spécialités qui exigent un examen clinique restent hors de portée, mais un élargissement progressif est envisagé.
Le contexte réglementaire reste déterminant. L’agrément créé en 2024 impose des contraintes strictes : médecins salariés, respect des règles de l’Ordre, dispositifs médicaux homologués. Ces barrières à l’entrée filtrent les acteurs et favorisent les plateformes structurées comme Medadom, mais ralentissent aussi le déploiement à l’international.
Le Next40 offre un levier d’accélération. Le programme accompagne les entreprises sélectionnées sur plusieurs enjeux : développement commercial, financement, partenariats stratégiques, recrutement, propriété intellectuelle, réglementation et développement international. Pour Medadom, cela signifie un accès facilité aux administrations françaises et aux réseaux européens de la French Tech.
Reste à transformer cette position en leadership durable. La téléconsultation n’est plus une alternative, selon Elie-Dan Mimouni, elle est devenue un outil nécessaire pour répondre aux tensions d’accès aux soins. Le pari d’un champion européen de la téléconsultation se jouera sur la capacité à consolider un marché encore fragmenté, tout en élargissant la gamme de spécialités couvertes et en maintenant l’ancrage territorial qui fait la spécificité du modèle français.
Medadom dans le Next40 : les faits à retenir
- Medadom intègre le Next40 en 2026, après cinq ans dans le French Tech 120.
- Les fondateurs reprennent la majorité du capital, avec Verdane (premier investissement en France) et Bpifrance.
- La plateforme revendique 10 millions de téléconsultations depuis 2017 et équipe un quart des pharmacies françaises.
- Le modèle repose sur des médecins salariés, un agrément ministériel et un ancrage territorial dans les officines.
- Medadom vise la consolidation du marché français et des ambitions européennes.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

