Un étage supérieur de Falcon 9 lancé en janvier 2025 percutera la surface lunaire ce mercredi à 8h35, heure française, à 8 700 km/h.
L’impact aura lieu sur l’hémisphère nord visible de la Lune, près du cratère Einstein. L’engin, un corps cylindrique de 12 mètres de long pesant environ quatre tonnes, dérive dans l’espace depuis dix-neuf mois. Il n’a pas pu rejoindre la Terre faute de carburant suffisant après avoir acheminé deux atterrisseurs lunaires privés en orbite.
Scientifiques et amateurs espèrent capter le panache de poussière, de roches et de débris qui se formera au moment de la collision. L’événement reste invisible à l’œil nu, mais pourrait être enregistré au télescope. “On ne sait pas encore à quel point cela sera lumineux, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles nous souhaitons étudier cet événement”, explique Benjamin Fernando, du Laboratoire national de Los Alamos au Nouveau-Mexique, auteur principal d’une étude récente sur cette collision attendue. Le chercheur appelle tout observateur à tenter l’enregistrement.
8 700 km/h : l’équivalent de trois tonnes de TNT
L’étage supérieur de la fusée Falcon 9 avait quitté la Terre le 15 janvier 2025, emportant les atterrisseurs Blue Ghost de Firefly Aerospace et Resilience d’ispace. Le premier étage propulseur est revenu se poser, selon la procédure habituelle de SpaceX. L’étage supérieur, lui, est resté en orbite pour finaliser la mise à poste des deux engins lunaires.
“Un mélange d’activité solaire et de forces gravitationnelles l’a finalement placé sur une trajectoire en direction de la Lune”, a déclaré Julianna Scheiman, responsable chez SpaceX, lors d’une conférence de presse de la Nasa lundi[1]. Malgré les précautions prises par l’entreprise pour éviter ce genre de dérive, le corps métallique n’a pu échapper à la convergence de ces forces.
L’astronome indépendant Bill Gray, premier à calculer la trajectoire, estime que l’impact se produira à une vitesse d’environ 8 700 km/h, soit sept fois la vitesse du son. L’énergie dégagée équivaudra à celle de trois tonnes de TNT. Le cratère creusé devrait mesurer 27 mètres de diamètre et cinq mètres de profondeur[5], projetant un panache de matière à plusieurs kilomètres d’altitude.
Deux sondes mobilisées pour photographier l’impact

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La Nasa a confirmé qu’elle suivrait l’événement à des fins scientifiques. “La Nasa continuera de suivre le propulseur à des fins d’entraînement et observera ensuite le site de l’impact à des fins scientifiques”, a commenté le porte-parole Jimi Russell dans un communiqué transmis à l’AFP.
Deux sondes en orbite lunaire sont mobilisées : Lunar Reconnaissance Orbiter de la Nasa et Danuri, développée par la Corée du Sud. Elles doivent photographier la zone avant et après la collision pour documenter les effets du choc. Les images permettront de mesurer les modifications de relief, l’étendue du champ de débris et la profondeur du cratère.
L’étude du panache est particulièrement attendue. Ce nuage de poussière et de fragments rocheux éclairé par le Soleil constitue une source de données précieuses sur la composition du sous-sol lunaire à cet endroit. Les débris retombent en arc de cercle autour du point d’impact, formant un motif caractéristique qui renseigne sur la structure interne de la croûte.
Pourquoi surveiller les débris lunaires
Deuxième crash accidentel connu d’un engin humain
Ce n’est pas la première fois qu’un engin spatial s’écrase accidentellement sur la Lune. En mars 2022, l’étage supérieur d’une fusée chinoise Longue Marche 3C avait percuté la face cachée de l’astre, laissant deux cratères d’environ 29 mètres de large. L’événement avait été détecté par Lunar Reconnaissance Orbiter quelques semaines après l’impact.
La Lune subit régulièrement des collisions naturelles : des dizaines de milliers de nouveaux cratères se forment chaque année sous l’effet de météoroïdes. Mais les chocs avec des objets fabriqués par l’homme restent rares. Depuis le début de l’exploration spatiale, plus de 800 objets artificiels se sont écrasés sur la surface lunaire, la plupart volontairement. Dans les années 1970, la Nasa avait ainsi provoqué des impacts lors du programme Apollo pour recueillir des données sismiques via les sismomètres laissés sur place par les astronautes.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Date et heure | 5 août 2026, 8h35 (Paris) |
| Vitesse d’impact | 8 700 km/h |
| Masse de l’engin | 4 tonnes (estimation) |
| Diamètre du cratère attendu | 27 mètres |
| Profondeur du cratère | 5 mètres |
| Énergie libérée | Équivalent de 3 tonnes de TNT |
| Zone d’impact | Hémisphère nord, près du cratère Einstein |
Source : Le Figaro
Une étude sur les débris spatiaux en milieu lunaire

La collision doit permettre d’évaluer les risques liés aux débris spatiaux artificiels pour les futures missions habitées. La Nasa prévoit d’établir une présence humaine durable sur la Lune dans les prochaines années, avec des bases permanentes et des rotations régulières d’équipages.
Pour Bill Gray, cet “atterrissage forcé” soulève des questions concrètes sur la protection des installations lunaires contre les chutes incontrôlées d’engins en fin de vie. Le risque, aujourd’hui anecdotique, pourrait croître à mesure que le nombre de missions augmente et que l’orbite lunaire se peuple d’objets actifs et passifs.
La Lune ne possède ni atmosphère pour freiner ou consumer les débris, ni champ magnétique pour dévier les particules chargées. Tout objet en trajectoire de collision percute la surface à pleine vitesse, sans aucune atténuation. Cette absence de protection naturelle rend l’environnement lunaire particulièrement exposé aux impacts, qu’ils soient naturels ou artificiels.
Un cratère visible pendant des millions d’années
Contrairement à la Terre, la Lune ne connaît ni érosion éolienne ni précipitations susceptibles de gommer les traces d’impact. Le cratère qui se formera mercredi restera intact pendant des millions d’années, cicatrice permanente de cet événement. Seuls de nouveaux impacts ou des perturbations tectoniques (extrêmement rares) pourraient en modifier l’apparence.
Ce caractère pérenne fait de la surface lunaire un registre géologique figé, où chaque impact s’inscrit dans la roche comme un témoignage daté. Les scientifiques exploitent cette propriété pour reconstituer l’histoire de l’astre et, par extension, celle du système solaire interne. Chaque nouveau cratère, naturel ou artificiel, fournit une occasion de comparer les modèles théoriques aux observations réelles.
L’impact de ce mercredi ne présente aucun danger pour la Terre. Il enrichit en revanche le catalogue des événements documentés sur la Lune et offre une fenêtre d’observation unique pour mesurer les effets d’une collision à haute vitesse dans un environnement sans atmosphère.
Impact du Falcon 9 : les données à retenir
- L'étage supérieur d'un Falcon 9 lancé le 15 janvier 2025 percutera la Lune le 5 août 2026 à 8h35 (heure de Paris).
- L'impact aura lieu à 8 700 km/h près du cratère Einstein, sur l'hémisphère nord visible de la Lune.
- Le choc créera un cratère de 27 mètres de diamètre et dégagera une énergie équivalente à trois tonnes de TNT.
- Deux sondes, Lunar Reconnaissance Orbiter (Nasa) et Danuri (Corée du Sud), photographieront la zone avant et après la collision.
- C'est le deuxième crash accidentel connu d'un engin humain sur la Lune, après celui d'une fusée chinoise en mars 2022.
- Plus de 800 objets fabriqués par l'homme se sont écrasés sur la Lune depuis le début de l'exploration spatiale.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

