Le 5 août, le CAC 40 atteint 8 666 points en clôture, un niveau jamais observé, porté par les bénéfices record des multinationales françaises et le rebond des marchés mondiaux.
L’indice parisien n’avait pas touché pareille altitude depuis sa création. Mardi 5 août 2026, la Bourse de Paris termine la séance à 8 666 points, effaçant le précédent record établi fin février, juste avant l’entrée en guerre de l’Iran. Depuis, la dette française a franchi de nouveaux plafonds, les tensions commerciales se sont durcies, le conflit moyen-oriental s’enlise et les taux d’emprunt restent élevés. Pourtant, le CAC grimpe.
Cette performance tient d’abord au carnet de résultats des grandes capitalisations. Sur les 38 groupes du CAC 40 ayant publié leurs comptes semestriels, les bénéfices cumulés atteignent près de 75 milliards d’euros, soit 44 % de plus qu’au premier semestre 2025. Une progression soutenue par plusieurs locomotives sectorielles : l’énergie, pilotée par TotalEnergies ; les équipementiers liés à l’intelligence artificielle, Schneider Electric, Legrand et STMicroelectronics en tête ; les banques ; enfin l’aéronautique et la défense, deux filières dopées par les carnets de commandes internationaux.
Multinationales exportatrices : 75 % du chiffre d’affaires hors de France
La contradiction apparente entre l’envolée boursière et la fragilité des finances publiques s’explique par la géographie des revenus. Les entreprises du CAC 40 réalisent entre 75 et 80 % de leur chiffre d’affaires à l’étranger[3]. LVMH, poids lourd de l’indice, ne tire que 8 % de ses ventes de France : 27 % proviennent d’Asie hors Japon, 25 % des États-Unis. Airbus et Safran, exportateurs massifs, suivent un schéma comparable. Même constat pour le secteur de la défense, porté par la hausse généralisée des budgets militaires en Europe et dopé par les commandes étrangères.
Résultat : la santé de l’indice parisien dépend avant tout de la conjoncture mondiale et du pouvoir d’achat hors Hexagone, pas du dynamisme intérieur français. Cette internationalisation limite la contagion entre les difficultés budgétaires domestiques et la valorisation des titres cotés.
Luxe : LVMH, Hermès et Kering freinent la machine

Tous les secteurs ne profitent pas de la dynamique. Le luxe, qui a tiré l’indice ces dernières années, marque le pas. LVMH, Hermès et surtout Kering pâtissent du ralentissement chinois et d’une demande internationale moins vigoureuse. La consommation en Asie, premier débouché pour ces maisons, s’essouffle depuis plusieurs trimestres, et les signaux de reprise tardent. Ce recul pèse mécaniquement sur l’indice, dont le luxe constitue une part significative de la capitalisation.
L’écart se creuse également avec les places concurrentes. Le DAX allemand affiche une progression de 22 % depuis janvier, l’IBEX espagnol grimpe de 35 %, tandis que le CAC se maintient à 12 %[3]. Le FTSE britannique, l’Euro Stoxx 50 et le S&P 500 signent eux aussi des performances supérieures, à des niveaux historiques. Paris reste donc en retrait dans la course européenne et transatlantique, malgré son nouveau sommet.
| Indice | Performance 2026 (YTD) |
|---|---|
| CAC 40 (Paris) | +12 % |
| DAX (Francfort) | +22 % |
| IBEX (Madrid) | +35 % |
| FTSE 100 (Londres) | Non précisé |
| S&P 500 (New York) | Non précisé |
Source : France 24
Pourquoi le CAC 40 grimpe malgré la crise française
Intelligence artificielle et défense : les nouveaux moteurs de la cote
L’intelligence artificielle continue de soutenir la valorisation de plusieurs groupes français. Schneider Electric, Legrand et STMicroelectronics bénéficient de la demande mondiale en équipements et composants pour les infrastructures numériques. Les datacenters, les systèmes industriels connectés et les réseaux électriques intelligents alimentent les carnets de commandes.
Parallèlement, le secteur de la défense enregistre une croissance soutenue. L’augmentation des budgets militaires partout en Europe, dans le sillage du conflit ukrainien et des tensions géopolitiques persistantes, alimente les commandes de matériel et de systèmes d’armement. Plusieurs groupes français du CAC 40 en profitent directement, renforçant leur contribution à la hausse de l’indice.
Traction mondiale et valorisations encore contenues

Au-delà des résultats d’entreprises, le CAC 40 bénéficie de la traction des indices internationaux. La dynamique des marchés européens et américains porte mécaniquement Paris, même si la progression reste inférieure à celle des voisins. Les analystes relèvent toutefois que les valorisations françaises demeurent basses par rapport aux standards européens, ce qui laisse une marge de rattrapage.
Pour 2026, les prévisions tablent sur une croissance de 9 % de la base bénéficiaire pour la zone euro[4]. Si cette trajectoire se confirme, le CAC pourrait prolonger sa hausse, à condition que le luxe ne se dégrade pas davantage et que la demande mondiale reste soutenue. Le niveau de 8 666 points constitue désormais le plancher psychologique du nouvel équilibre. Reste à savoir si la suite de l’année permettra de conserver l’avantage, ou si les faiblesses sectorielles et le retard face aux places rivales finiront par peser.
CAC 40 en août 2026 : les chiffres du nouveau sommet
- Le CAC 40 atteint 8 666 points en clôture le 5 août 2026, son plus haut niveau historique
- Les 38 groupes publiés affichent 75 milliards d'euros de bénéfices au premier semestre, en hausse de 44 % sur un an
- Les entreprises du CAC réalisent 75 à 80 % de leur chiffre d'affaires hors de France
- Le luxe (LVMH, Hermès, Kering) souffre du ralentissement chinois et freine la performance globale
- Le DAX grimpe de 22 % et l'IBEX de 35 % en 2026, contre 12 % pour le CAC 40
- Énergie, IA, banques, aéronautique et défense tirent l'indice vers le haut
Sources
2 sources · 3 faits vérifiés

