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511 morts en Centre-Val de Loire lors de la canicule de juin : 62% de surmortalité dans la région

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Les chiffres viennent de tomber, et ils sont difficiles à encaisser pour qui vit ici. Entre le 17 juin et le 2 juillet, la canicule qui a étouffé la région Centre-Val de Loire a emporté 511 personnes de plus que la normale. Une surmortalité de 62,6 %. Autrement dit : 1.327 décès observés durant ces deux semaines, contre ce qu’on attendrait en temps ordinaire. C’est Santé publique France qui a publié ces données, confirmant ce que chacun avait ressenti, entre les alertes à répétition et les journées où respirer devenait un effort.

À l’échelle nationale, l’addition est encore plus lourde : 5.764 décès en excès, soit 36,2 % de plus que la moyenne. Mais toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne. L’Île-de-France paie le tribut le plus lourd, avec 1.999 morts supplémentaires et une hausse de 81,2 %. Juste derrière, Centre-Val de Loire arrive en deuxième position. Puis viennent les Pays de la Loire (553 morts en excès, +55,2 %), la Normandie (+47,8 %, 426 décès) et la Bourgogne-Franche-Comté (+39,2 %, 373). À l’inverse, trois régions du Sud ont été relativement épargnées : la Corse, l’Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, où les températures, quoique élevées, sont restées moins violentes.

Trois jours ont concentré plus de la moitié des décès

Le pire s’est joué sur une séquence courte, brutale. Du 25 au 27 juin, 56 % des décès en excès ont été enregistrés. Ces trois journées ont succédé aux deux plus chaudes jamais mesurées en France : mercredi 24 et jeudi 25 juin, avec une moyenne nationale de 30 degrés sur 24 heures. Un record absolu. Dans la région, les thermomètres ont affiché des valeurs jamais vues. L’association Météo Centre a relevé 44,3 degrés au Blanc dans l’Indre, 43,5 à Châteaumeillant dans le Cher, 43,3 à Savigny-en-Véron en Indre-et-Loire. Des chiffres qui ne parlent pas qu’aux météorologues : chacun se souvient de la sensation d’étouffement, de l’impossibilité de dormir, des commerces fermés en plein après-midi.

La vigilance rouge a été activée du 21 au 28 juin, touchant 72 départements et 77 % de la population française. La durée moyenne de l’épisode caniculaire par département a atteint 7,8 jours. Assez pour que les corps, surtout les plus fragiles, ne tiennent plus.

Les 75 ans et plus représentent les deux tiers des victimes

Sans surprise, ce sont les personnes âgées qui ont payé le prix le plus fort. Les 75 ans et plus constituent les deux tiers du bilan, avec au moins 3.719 décès en excès, soit une hausse de 33,3 %. Mais toutes les classes d’âge à partir de 15 ans ont été touchées. Les 15-44 ans accusent 118 décès supplémentaires (+29,6 %), les 45-64 ans 979 (+55,4 %), et les 65-74 ans 936 (+37,5 %). Ces chiffres disent une chose : la chaleur ne fait pas de distinction, même si elle frappe d’abord les plus vulnérables.

En Centre-Val de Loire, l’Indre-et-Loire a été le département le plus touché, sans que le détail par territoire ne soit encore pleinement consolidé. Santé publique France précise d’ailleurs que ces bilans restent provisoires : la surveillance se poursuit tout l’été, et les données définitives arriveront plus tard. Mais l’ordre de grandeur, lui, ne changera pas.

Une canicule plus meurtrière qu’août 2003

Cette canicule de juin 2026 s’annonce déjà comme la plus meurtrière depuis celle d’août 2003, qui avait fait près de 15.000 morts. L’intensité de la vague de chaleur a même dépassé celle de 2003, avec en plus une précocité inédite : jamais la France n’avait connu un tel épisode si tôt dans l’année. Et cela change tout. En juin, les écoles sont encore ouvertes, les salariés sont au travail, les logements ne sont pas équipés comme en plein été. Les corps ne sont pas préparés.

Les autorités sanitaires appellent à la vigilance pour la suite de l’été. Les plans canicule ont été activés, les communes ont ouvert des salles climatisées, les services d’urgence restent sous tension. Mais les chiffres de juin rappellent une réalité : quand la chaleur atteint ces niveaux, les dispositifs d’alerte ne suffisent plus toujours. Reste à savoir si ce qui s’est passé en juin restera un épisode isolé ou si l’été 2026 réserve encore d’autres alertes.

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Aurélie Moreau
Aurélie Moreau
Aurélie Moreau, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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