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“Éviter des coupures d’eau” : le nord Cotentin et l’Orne en alerte maximale, restrictions dès 8 heures

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L’été 2026 laisse des traces dans la terre normande. Pas une goutte annoncée avant la mi-août, des sols secs comme jamais, et juin-juillet les plus chauds jamais enregistrés en France. Résultat : plusieurs territoires de la Manche et de l’Orne basculent en niveau crise, le stade d’alerte maximal en matière de sécheresse. Ce qu’on peut encore faire avec l’eau, c’est désormais à lire dans un arrêté préfectoral.

De 8 heures à 20 heures, c’est simple : lavage de voiture interdit, remplissage de piscine interdit, arrosage des potagers, arbres, arbustes, espaces verts publics et golfs interdit. Ces consignes valent pour tout le monde : particuliers, entreprises, collectivités. Depuis le mardi 4 août, la région de Saint-Lô, traversée par la Vire, a rejoint la liste. Le nord du Cotentin, de Surtainville à Cherbourg en passant par Jobourg et Jonville, était déjà touché. Tout comme les zones de la Sienne et de la Soulles.

Dans l’Orne, une large bande traverse le département d’ouest en est : les bassins de l’Égrenne, de la Varenne, de la Sarthe, de la Mayenne et de l’Iton. Domfront, La Ferté-Macé, Alençon, Crulai : autant de communes où le robinet reste ouvert, mais où chaque usage non essentiel doit attendre la nuit. La rive nord de la Seine échappe encore aux restrictions.

“On a jamais eu des sols aussi secs”

L’explication tient en quelques mois de déficit pluviométrique. “Depuis le début de l’année, on a vraiment un déficit en eau de pluie important, qui fait que l’on a très peu rechargé les nappes d’eau souterraine et les rivières ne reçoivent pas de l’eau régulièrement”, résume Mickaël Hamel, hydrogéologue et président du syndicat départemental de l’eau de la Manche[1]. “On a une sécheresse extrême.”

Plus inquiétant encore : les sols, durcis par la sécheresse, n’absorbent même plus les quelques pluies éparses qui tomberaient. “On a jamais eu des sols aussi secs”, insiste l’hydrogéologue. Ce qui tombe ruisselle, ce qui devrait s’infiltrer reste en surface. Les nappes ne se rechargent pas.

À ce tableau s’ajoute la fréquentation estivale. “On a à la fois des ressources qui sont faibles et, en juillet et en août, une augmentation forte de la population avec 10 % de touristes en plus. On a à la fois moins de ressources et plus de besoins, ça va nous créer des difficultés”, anticipe Mickaël Hamel. Les installations de production et de distribution sont fortement sollicitées. Chaque économie d’eau compte pour éviter la tension sur le réseau.

“Terrifiant et stupéfiant” : les cours d’eau normands au plus bas

Les rivières traduisent cette réalité en chiffres alarmants. La Brillante, un affluent de la Sarthe, est totalement à sec. Dans la Manche, le nord Cotentin et les secteurs Sienne-Soulles viennent d’être placés en crise, le plus haut niveau d’alerte existant. “Les usages des douches sur les plages, l’arrosage des jardins des plantations et des massifs fleuris, les terrains de sport une partie des golfs ainsi que les lavages de voitures sont interdits”, détaille Philippe Brugnot, secrétaire général de la préfecture de la Manche. Des dérogations subsistent pour certains agriculteurs maraîchers, mais l’essentiel des usages non prioritaires est coupé[1].

Jean-Paul Doron, président de la Fédération de Pêche et de préservation des milieux aquatiques dans l’Orne, parle d’une situation “à la fois terrifiante et stupéfiante”. Les cours d’eau atteignent des niveaux critiques après trois semaines de canicule sans pluie. Depuis le 10 juillet, plusieurs bassins versants sont en alerte, voire en alerte renforcée.

“La sécheresse va continuer, les débits d’eau vont encore diminuer et notre objectif est de limiter la tension en eau. Pour cela, il faut impérativement que l’ensemble des partenaires jusqu’à la fin de la saison estivale limite la quantité d’eau qu’il va utiliser”, implore le secrétaire général de la préfecture.

Alerte SMS et objectif : éviter la pénurie

Les résidents des zones concernées devraient recevoir un SMS dans les prochains jours, les invitant à la sobriété dans leur consommation. L’objectif assumé : “éviter des coupures d’eau dans les prochains mois”. Le baromètre devrait rester au “très sec” encore longtemps. Rien n’indique qu’une perturbation durable s’installera sur la Normandie. Une situation “jamais expérimentée dans la région”, selon les autorités.

Au niveau national, plus de 80 % du territoire est désormais visé par des mesures de restriction de la ressource en eau. 62 départements sont considérés comme en crise. “L’été 2026 se démarque des précédents par une sécheresse généralisée particulièrement précoce et intense”, a constaté la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, lors d’un point presse lundi. “Aujourd’hui plusieurs indicateurs montrent des niveaux comparables à ceux de la sécheresse historique de 1976 ou à celle de 2022.”[4]

En Normandie comme ailleurs, la nouvelle vague de chaleur de cette semaine risque d’aggraver encore la situation. Troisième canicule de l’année après celles de juin et de juillet, elle s’ajoute à celle, précoce, du mois de mai. Dans ce contexte, chaque geste d’économie d’eau devient une nécessité collective.

Philippe Dupont
Philippe Dupont
Philippe Dupont, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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