Stellantis mise sur l’usine de Mulhouse : plus d’un milliard d’euros pour transformer le site alsacien en plateforme de production de véhicules électriques Peugeot à partir de 2029.
L’annonce est tombée fin mai. Stellantis investira plus d’un milliard d’euros dans son usine haut-rhinoise pour y assembler trois nouveaux modèles Peugeot de segment C, électriques ou hybrides. Un montant qui vise à moderniser l’outil industriel et à ancrer la marque au lion dans l’électrification de sa gamme. Les premiers véhicules sortiront des chaînes en 2029, sur la nouvelle plateforme STLA One.
Le site de Mulhouse emploie aujourd’hui quelque 4 000 salariés. L’usine, historique pour le groupe, tourne au ralenti depuis plusieurs mois : les carnets de commandes peinent à se remplir. Cet investissement offre une visibilité à moyen terme dans un contexte de mutation profonde de la filière automobile européenne. Selon la direction, l’attribution de trois modèles permettra de relancer les cadences et de consolider l’emploi à l’horizon de la décennie.
Trois modèles sur la plateforme STLA One
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Les trois futurs véhicules seront assemblés sur STLA One, architecture modulaire et évolutive dévoilée dans le cadre du plan stratégique FaSTLAne 2030 présenté le 21 mai dernier[4]. Cette plateforme permet d’accueillir différentes motorisations (100 % électrique ou hybride) et plusieurs gabarits de carrosserie. Stellantis mise sur une réduction de 20 % des coûts grâce à la simplification des processus et à l’effet volume.
Concrètement, l’investissement couvrira le développement en France de cette nouvelle base technique et l’adaptation des lignes de production mulhousiennes. L’ensemble s’inscrit dans la stratégie du groupe pour accélérer les cycles de développement tout en garantissant une efficacité industrielle à grande échelle.
Un projet aligné sur la stratégie de réindustrialisation

L’enveloppe de Mulhouse dépasse celle de plusieurs autres dossiers annoncés la même semaine. Biomérieux a posé le 29 mai la première pierre d’une nouvelle unité de diagnostic in vitro à La Balme-les-Grottes, en Isère, en présence du ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin. Le montant atteint 250 millions d’euros. Dans l’Hérault, Pierre Fabre consacre 50 millions au doublement de capacité de l’usine d’Eau Thermale Avène, sixième extension du site. Loïc Denjean-Massia, directeur général de Cajoo Malo, prévoit un investissement de 8,6 millions pour relocaliser à Saint-Malo la transformation de 6 000 tonnes de noix de cajou par an, un décorticage aujourd’hui assuré en Inde ou au Vietnam. Le chantier démarre en juin.
D’autres projets complètent le tableau : Optima Aéro internalise à Tarnos, dans les Landes, le démantèlement et la réparation d’hélicoptères grâce à un nouveau site de 3 000 m², dont la moitié seulement est aménagée pour l’heure, pour 5 millions d’euros. Argiles d’Aquitaine a installé dans le Lot-et-Garonne une ligne de mortiers et enduits biosourcés pour 4 millions, visant une production multipliée par huit. La start-up Yama, créée en 2024, cherche 10 millions pour déployer à grande échelle son système de captage direct du CO₂, après un premier démonstrateur mis en service en 2025.
| Projet | Localisation | Montant | Emplois / capacité |
|---|---|---|---|
| Stellantis, véhicules électriques Peugeot | Mulhouse (68) | >1 Md€ | 4 000 salariés (site existant) |
| Biomérieux, usine de diagnostic in vitro | La Balme-les-Grottes (38) | 250 M€ | Non précisé |
| Pierre Fabre, extension Eau Thermale Avène | Avène (34) | 50 M€ | Doublement de capacité |
| Cajoo Malo, transformation de noix de cajou | Saint-Malo (35) | 8,6 M€ | 6 000 t/an |
| Optima Aéro, démantèlement hélicoptères | Tarnos (40) | 5 M€ | 3 000 m² (moitié aménagée) |
| Argiles d’Aquitaine, ligne mortiers biosourcés | Condezaygues (47) | 4 M€ | Production ×8 |
Source : L’Usine Nouvelle
Pourquoi ce milliard change la donne pour Mulhouse
Un milliard pour sécuriser l’avenir du bassin alsacien
L’annonce présidentielle du 26 mai a été accueillie avec prudence par les équipes mulhousiennes[2]. Le contexte reste tendu : la mutation vers l’électrique bouleverse les chaînes de valeur, les volumes de production stagnent et plusieurs sites français ont récemment fait l’objet de plans de restructuration. Mais l’attribution de trois modèles sur une plateforme neuve donne une feuille de route claire jusqu’à la fin de la décennie.
Le Haut-Rhin conserve par ailleurs un tissu industriel dense. L’investissement de BASF à Chalampé, également annoncé ces derniers mois, confirme la résilience du bassin automobile et chimique alsacien. Pour Stellantis, la production de ces trois Peugeot à Mulhouse illustre la volonté de combiner électrification et performance industrielle sur un site stratégique. Le groupe vise un taux d’utilisation des capacités en nette hausse dès le lancement, un objectif d’autant plus crucial que le secteur traverse une période de surcapacités à l’échelle européenne.
Le démarrage de la production en 2029 laisse trois ans pour adapter les lignes, former les équipes et finaliser l’ingénierie des trois modèles. Entre-temps, Stellantis devra gérer la transition : maintenir les cadences actuelles, accompagner l’évolution des compétences et tenir les délais sur une plateforme encore en phase de développement.
Stellantis à Mulhouse : les chiffres de l'investissement
- Stellantis investit plus d'un milliard d'euros dans l'usine de Mulhouse pour produire trois Peugeot électriques et hybrides dès 2029
- Les modèles seront assemblés sur la plateforme STLA One, visant 20 % de réduction des coûts
- Le site emploie 4 000 salariés et fait face à une baisse des carnets de commandes
- Biomérieux investit 250 millions d'euros en Isère, Pierre Fabre 50 millions dans l'Hérault
- Cajoo Malo relocalise à Saint-Malo la transformation de noix de cajou pour 8,6 millions d'euros
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés


