EDF a mis à l’arrêt deux réacteurs de la centrale de Gravelines après une nouvelle invasion de méduses. Aucune des six unités du site ne fonctionne normalement.
Les six réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines, la plus grande d’Europe occidentale, sont tous touchés ce jeudi. EDF a arrêté deux unités et réduit la puissance de deux autres, en raison d’une arrivée massive de méduses dans les systèmes de filtration. Les deux réacteurs restants sont hors service pour d’autres motifs. L’exploitant assure que la sûreté des installations n’est pas menacée.
Mercredi vers 16 heures, le réacteur n°3 a été stoppé à titre préventif. Dans la nuit de mercredi à jeudi, c’est l’unité n°6 qui a été mise à l’arrêt. Les méduses obstruent les systèmes de filtration de la station de pompage d’eau de mer, indispensable au refroidissement des installations. Les réacteurs n°1 et n°2 tournent à puissance réduite par mesure de précaution.
Deux semaines après un premier arrêt
Le réacteur n°3 avait été reconnecté au réseau le 18 août, une semaine après un premier arrêt dû à un afflux de méduses[1]. Il aura fonctionné moins de dix jours avant d’être à nouveau stoppé. Cette séquence illustre la difficulté d’EDF à stabiliser la production sur le site dans un contexte de présence répétée des méduses sur le littoral du Nord.
Le réacteur n°4, arrêté le 10 août lors du premier épisode, reste indisponible pour un « aléa technique » distinct, selon EDF. Le n°5 est en maintenance programmée. Résultat : aucune des six unités ne fonctionne à régime nominal ce jeudi.
Mesures de sécurisation et surveillance renforcées
EDF indique avoir déployé des mesures de « pêche préventive » et de surveillance après le premier afflux de méduses début août. La fréquence de nettoyage des équipements de la station de pompage a été augmentée. Ces dispositifs n’ont toutefois pas empêché la nouvelle arrivée massive enregistrée mercredi et dans la nuit suivante.
L’exploitant précise qu’« il n’y a pas d’impact sur la sûreté des installations ». Les méduses perturbent le circuit de refroidissement, mais n’affectent pas les systèmes de sûreté nucléaire. Les arrêts sont décidés à titre préventif pour éviter tout risque de dégradation des équipements.
Pourquoi les méduses paralysent Gravelines
Un précédent en août 2025
Un phénomène identique s’était produit en août 2025. Les réacteurs touchés avaient été progressivement redémarrés au cours des deux semaines suivant l’incident. La présence de méduses sur le littoral du Nord de la France est régulière et saisonnière. Mais les signalements de grands bancs dans ce secteur deviennent plus fréquents chaque été, selon les experts, en raison de plusieurs facteurs dont certains liés au changement climatique.
D’autres centrales nucléaires ont connu des épisodes similaires aux États-Unis, en Suède ou en Écosse. Le pompage d’eau de mer pour le refroidissement expose les installations côtières à ce type d’aléa biologique, difficile à anticiper et à gérer sur la durée.
Un site stratégique en pleine mutation
La centrale de Gravelines, située dans le département du Nord, compte six réacteurs de 900 mégawatts chacun. Le gouvernement a autorisé en août EDF à entamer les travaux préparatoires pour la construction de deux futurs réacteurs EPR2 de 1 600 mégawatts sur le site. Cette extension vise à renforcer la capacité nucléaire française et à accompagner la décarbonation de l’industrie de la région de Dunkerque, encore largement dépendante des énergies fossiles.
La décision finale d’investissement concernant les six nouveaux réacteurs EPR2 prévus dans le pays est attendue d’ici fin 2026. Gravelines fait partie des sites retenus pour accueillir deux de ces unités. Les incidents répétés liés aux méduses rappellent la vulnérabilité des installations côtières aux aléas environnementaux, dans un contexte où la fiabilité de la production devient un enjeu de souveraineté.
Gravelines : six réacteurs hors régime normal
- Deux réacteurs arrêtés à Gravelines mercredi et jeudi en raison d'une arrivée massive de méduses
- Aucun des six réacteurs du site ne fonctionne normalement ce jeudi
- Le réacteur n°3 avait été reconnecté le 18 août après un premier arrêt
- Un phénomène identique s'était produit en août 2025
- EDF assure qu'il n'y a pas d'impact sur la sûreté des installations
Sources
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