Pourquoi diable un musée consacré au scaphandre se dresse-t-il au cœur de l’Aveyron, à plus de 150 kilomètres de la Méditerranée et à plus de 300 kilomètres de l’Atlantique ? Parce qu’ici, à Espalion, deux hommes ont changé l’histoire de la plongée : l’ingénieur des mines Benoît Rouquayrol et le lieutenant de vaisseau Auguste Denayrouze ont inventé le premier scaphandre autonome moderne. Une révolution qui a ouvert les abysses aux explorateurs et inspiré Jules Verne lui-même.
Installé dans l’ancienne église Saint-Jean-Baptiste depuis 1977, le musée du scaphandre raconte cette aventure technique et humaine. Entre les murs de cette église reconvertie, où cohabite le musée Joseph-Vaylet, on découvre des scaphandres historiques, des modèles plus récents, des tourelles de plongée, de petits sous-marins, du matériel de plongée, des photographies et une masse de documents d’époque. Le lieu est inscrit au titre des monuments historiques.
L’Aveyron n’a pas volé sa réputation de terre d’inventeurs. Et Espalion, avec son musée, rappelle que l’innovation naît parfois loin des côtes, dans l’esprit d’hommes qui regardent ailleurs.
Cantoin, capitale mondiale de la cornemuse
Autre curiosité aveyronnaise : la capitale mondiale de la cornemuse ne se trouve pas en Écosse, mais à Cantoin, petit village de l’Aubrac au nord du département. Ici se déploie la plus importante collection de cornemuses de la planète. Fondé en 2014 par André Raynal et André Ricros, le musée était au départ consacré à la cabrette, la cornemuse locale, et aux traditions de l’Aubrac.
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Au fil du temps, les deux hommes ont élargi leur champ d’action à toutes les cornemuses du monde. Ils ont parcouru l’Europe et le bassin méditerranéen pour acquérir des instruments, constituant une collection unique. Le musée s’articule désormais autour de cinq axes : la cabrette et les traditions du Massif central, les cornemuses du monde, la reconstitution d’un ancien atelier de facteur de cabrette du XIXe siècle, la présentation de la danse et des instruments associés comme le violon, la vielle et l’accordéon, ainsi qu’une réflexion sur le paysage sonore d’un enfant de l’Aubrac, réservée aux expositions temporaires.
Le musée des cornemuses du monde se visite tous les jours de 14h à 18h, au lieu-dit Vines à Cantoin.
Carcassonne et l’ombre de l’Inquisition
Direction l’Aude, derrière les remparts de la cité de Carcassonne, où se niche le musée de l’Inquisition et de la torture. Installé dans une bâtisse du XVIIe siècle, il propose une iconographie unique sur la propagation de l’Inquisition à travers l’Europe. Les mises en scène, parfois terrifiantes, s’appuient sur des objets tels qu’une cage de fer, une guillotine, une chaise à clous, un pilori. La salle des Cachots et Châtiments présente des scènes particulièrement marquantes de l’Inquisition. L’histoire des Cathares y est également contée[1].
La visite est déconseillée aux personnes sensibles et aux jeunes enfants.
Plus de 700 musées en Occitanie
L’Occitanie abrite plus de 700 musées. Parmi eux, certains sortent des sentiers battus : le musée de l’automate à Souillac dans le Lot, le musée Cadillac à Saint-Nicolas-de-la-Grave dans le Tarn, le musée des dinosaures à Espéraza dans l’Aude, ou encore le musée des Arts Buissonniers de Saint-Sever-du-Moustier, un lieu d’art brut singulier dans un village de 200 âmes du sud Aveyron, animé depuis 1994 par l’association des Nouveaux Troubadours[2].
Des lieux où la culture se raconte autrement, loin des musées dits classiques, dans des villages et des villes qui ont décidé de raconter leur histoire, leurs inventions, leurs traditions. Des musées qui parlent de ce qui fait l’identité d’un territoire : ses hommes, leurs idées, leur capacité à transformer le monde depuis l’Aveyron, l’Aude ou l’Hérault.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

