Le 14 août 2026, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière publiait son baromètre mensuel. Pour les routes d’outre-mer, le bilan de juillet marque un repli net : 17 personnes ont perdu la vie, contre 29 en juillet 2025, soit 12 victimes de moins et un recul de 41 %. Dans le détail géographique, 11 décès sont survenus dans les DROM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), 6 dans les collectivités d’outre-mer et en Nouvelle-Calédonie.
Ce chiffre s’inscrit dans une baisse d’ensemble des accidents corporels : 228 ont été enregistrés en juillet 2026 par les forces de l’ordre dans les territoires ultramarins, soit 21 % de moins qu’un an auparavant. 282 personnes ont été blessées, une diminution de 24 % par rapport à juillet 2025.
Pour qui roule ici, en Guyane comme ailleurs dans les DOM-COM, ces chiffres disent une tendance : moins d’accidents graves, moins de victimes, moins de familles endeuillées dans nos communes. Le recul est marqué, inhabituel même pour un seul mois, et il s’ajoute à une dynamique déjà amorcée depuis le début de l’année.
Un premier semestre déjà orienté à la baisse
Entre janvier et juillet 2026, 1 818 accidents corporels ont été recensés sur l’ensemble des territoires ultramarins, contre 1 952 sur la même période en 2025, soit un repli de 6 %[1]. La mortalité cumulée sur ces sept mois atteint 124 personnes tuées, affichant une baisse remarquable de 21 % par rapport aux 156 décès enregistrés entre janvier et juillet 2025. Le nombre de blessés diminue lui aussi de 8 %, passant de 2 514 à 2 309 victimes.
Cette évolution contraste nettement avec la métropole, où le bilan national reste dans le rouge : entre janvier et juillet 2026, 1 990 personnes sont décédées sur l’ensemble des routes françaises, soit 45 morts de plus qu’à la même période en 2025, une progression de 2,3 %[4]. La baisse ultramarines devient donc un levier de l’amélioration nationale, un fait que les bilans annuels peinaient à faire apparaître jusqu’ici.
Juillet 2026, un mois mitigé à l’échelle nationale
À l’échelle de la France entière, juillet 2026 a vu 327 personnes décéder sur les routes, contre 363 en juillet 2025, soit 36 victimes de moins et un recul de 10 %[2]. En métropole seule, 310 décès ont été recensés, une baisse de 7 % sur un an[3]. Mais cette amélioration de la mortalité s’accompagne d’une hausse du nombre d’accidents corporels (4 793 en métropole, +3 %) et de blessés graves (1 751, +3 %).
C’est l’outre-mer qui tire les résultats vers le bas, au bon sens du terme. Avec 17 tués, 228 accidents et 282 blessés en juillet, les territoires ultramarins affichent un recul sur tous les indicateurs, là où la métropole reste sous tension malgré la baisse des décès.
Ce que révèle cette chute
Un tel repli en un mois ne tombe pas du ciel. Il résulte d’une combinaison de facteurs : contrôles renforcés par les forces de l’ordre, meilleure visibilité sur les points noirs, campagnes locales de sensibilisation, et sans doute aussi un changement progressif de comportement chez les usagers. Mais il révèle aussi que les routes d’outre-mer, longtemps délaissées dans les bilans nationaux et marquées par une sinistralité élevée, peuvent connaître des améliorations rapides quand l’État et les collectivités locales se mobilisent.
La ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, a salué cette baisse tout en rappelant qu’elle « ne peut satisfaire personne » : « Derrière chaque chiffre, il y a des vies brisées, des familles endeuillées et des proches qui doivent continuer à vivre avec l’absence »[3].
En Guyane, comme en Guadeloupe, Martinique ou La Réunion, ce bilan de juillet 2026 invite à poursuivre les efforts : sur les axes les plus accidentogènes, dans les campagnes de prévention, dans l’aménagement des carrefours et ronds-points qui concentrent les chocs. Le repli de la mortalité n’est jamais acquis, mais il montre qu’il est possible. C’est à partir de cette preuve qu’il faut continuer.
Sources
4 sources · 5 faits vérifiés


