Un épisode longtemps daté du 18 octobre 1841 s’est en réalité produit le 18 octobre 1848. Des chercheurs ont recoupé archives ferroviaires, observations du Soleil et mesures du champ magnétique terrestre pour retrouver la date d’une perturbation qui avait retardé un train à Exeter, en Angleterre.
L’étude, publiée le 16 septembre 2026 dans la revue scientifique Space Weather, résout une incohérence historique : la ligne ferroviaire impliquée dans l’incident n’existait tout simplement pas en 1841. Les indices convergent désormais vers une erreur typographique dans un récit publié plusieurs décennies après les faits.
- Une tempête solaire a retardé un train à Exeter en 1848, non en 1841 comme longtemps cru.
- La ligne ferroviaire impliquée n'existait pas en 1841, ce qui a permis de corriger l'erreur de date.
- Cet incident reste l'un des premiers cas documentés d'impact de l'activité solaire sur les infrastructures électriques.
Un train retardé de 16 minutes à cause d’une perturbation magnétique
L’histoire était connue depuis un article anonyme publié dans Nature en 1871. Celui-ci racontait qu’un train express devant quitter Exeter à 22 h 05 avait subi un retard de 16 minutes le 18 octobre 1841. Une perturbation magnétique aurait empêché les opérateurs du télégraphe ferroviaire de déterminer si la voie vers Starcross était libre.
Le problème est chronologique. Les chercheurs ont établi que la section ferroviaire reliant Exeter à Teignmouth, et passant par Starcross, n’a ouvert que le 30 mai 1846. L’incident décrit ne pouvait donc pas avoir eu lieu en 1841. Cette conclusion est détaillée dans l’analyse publiée par le British Geological Survey.
L'incident décrit ne pouvait donc pas avoir eu lieu en 1841.
Les archives pointent vers le 18 octobre 1848
L’équipe menée par James Wild, de l’université de Lancaster, a confronté les horaires ferroviaires de l’époque aux journaux, aux observations de taches solaires, aux témoignages d’aurores et aux anciennes mesures géomagnétiques. Un train de 22 h 05 circulait bien au départ d’Exeter durant la période étudiée en 1848.
Surtout, les enregistrements de l’observatoire magnétique de Greenwich montrent une forte perturbation géomagnétique dans la soirée du 18 octobre 1848. Des aurores ont également été signalées au Royaume-Uni et ailleurs en Europe durant cette période. L’étude scientifique publiée dans Space Weather conclut que les éléments disponibles constituent un faisceau de preuves convaincant en faveur d’une simple confusion entre « 1848 » et « 1841 » dans le récit de 1871.
Le premier incident connu remonte finalement à 1847
Cette correction change aussi la chronologie des premiers effets connus de la météo spatiale sur les technologies humaines. L’incident d’Exeter ne peut plus être considéré comme le plus ancien exemple documenté.
Les chercheurs retiennent désormais comme plus ancien témoignage crédible un événement du 19 mars 1847. Des courants électriques spontanés avaient alors perturbé le télégraphe du Midland Railway, près de Derby, tandis qu’une importante aurore était observée dans les îles Britanniques.
L’événement d’Exeter de 1848 reste néanmoins l’un des premiers cas documentés où l’activité solaire a perturbé une infrastructure électrique. Les télégraphes, alors en plein développement, étaient déjà sensibles aux courants induits par les variations du champ magnétique terrestre.
Pourquoi ces archives intéressent encore les scientifiques

La météo spatiale n’est pas seulement une question historique. Les tempêtes géomagnétiques peuvent aujourd’hui affecter des infrastructures beaucoup plus nombreuses, notamment les réseaux électriques, les satellites, les télécommunications et certains systèmes de navigation.
L’Europe développe donc des moyens d’observation dédiés. L’Agence spatiale européenne explique notamment que sa mission Smile, lancée en mai 2026, doit contribuer à mieux comprendre les interactions entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre ainsi que les tempêtes géomagnétiques.
La correction apportée à l’incident d’Exeter rappelle surtout l’importance des archives pour reconstituer ces événements rares. Dans ce cas, horaires de trains, journaux du XIXe siècle et anciens relevés magnétiques ont permis de corriger une date erronée transmise pendant plus d’un siècle : le train a bien été perturbé par la météo spatiale, mais en 1848 et non en 1841.
Questions fréquentes
Pourquoi la date du 18 octobre 1841 était-elle incorrecte ?
La section ferroviaire reliant Exeter à Teignmouth par Starcross n’a ouvert que le 30 mai 1846. L’incident décrit dans l’article anonyme publié en 1871 ne pouvait donc pas s’être produit en 1841. Les chercheurs ont déterminé qu’il s’agissait d’une simple confusion typographique entre « 1848 » et « 1841 ».
Comment les chercheurs ont-ils confirmé que l'incident s'est produit en 1848 ?
L’équipe a croisé les horaires ferroviaires, les journaux, les observations de taches solaires, les témoignages d’aurores et les mesures géomagnétiques. Les enregistrements de l’observatoire magnétique de Greenwich montrent une forte perturbation le 18 octobre 1848, et des aurores ont été signalées au Royaume-Uni et en Europe durant cette période.
Quel est l'événement de météo spatiale le plus ancien désormais documenté ?
Un événement du 19 mars 1847, quand des courants électriques spontanés ont perturbé le télégraphe du Midland Railway près de Derby, tandis qu’une importante aurore était observée dans les îles Britanniques.

