Actualités FranceDes maisons imprimées en 3D sur Mars avec de la levure :...

Des maisons imprimées en 3D sur Mars avec de la levure : ce que les chercheurs ont réellement testé

Date:

Des chercheurs de l’Université des sciences et technologies de Hong Kong ont mis au point un matériau « vivant » destiné à de futures constructions sur Mars. Imprimé en 3D et durci dans des conditions simulant la planète rouge, il atteint une résistance proche de celle d’un béton de faible résistance.

Publiée en ligne le 10 septembre 2026 dans la revue scientifique Chem Circularity, l’étude explore une piste pour limiter les matériaux qu’il faudrait transporter depuis la Terre. L’enjeu est important pour de futures missions : la NASA étudie elle aussi l’utilisation des ressources disponibles sur la Lune et Mars afin de fabriquer directement des infrastructures sur place.

En 30 secondes
  • Des chercheurs hongkongais ont développé un matériau vivant contenant de la levure génétiquement modifiée pour construire sur Mars.
  • Le composite imprimé en 3D atteint une résistance de 10 à 12 MPa, comparable à un béton de faible résistance.
  • Les expériences portent sur de petites éprouvettes de 45 mm ; plusieurs obstacles technologiques restent à surmonter avant un habitat habitable.

Un mélange de particules minérales, de gélatine et de levure

Le matériau développé par l’équipe de Jishen Qiu associe des particules minérales à un liant comprenant de la gélatine et des levures génétiquement modifiées. Ces cellules produisent à leur surface des protéines adhésives qui contribuent à renforcer les liaisons entre les composants. L’université répertorie depuis plusieurs années des travaux de cette équipe sur les matériaux de construction adaptés à Mars.

Le principe consiste à profiter du froid et de la très faible pression martienne plutôt qu’à lutter contre eux. Après extrusion, l’eau contenue dans le mélange gèle puis se sublime, ce qui produit une structure sèche et poreuse sans nécessiter la cuisson à très haute température utilisée par certaines autres méthodes.

Le matériau obtenu a présenté une résistance à la compression d'environ 10 à 12 MPa.

Des éprouvettes de quelques centimètres, pas encore des maisons

Des éprouvettes de laboratoire contenant des échantillons dans un plateau de mousse.
Les premiers tests menés en laboratoire impliquent des éprouvettes de très petite taille, bien loin de structures habitables. — Photo : Jess Loiterton / Pexels

Les expériences ne correspondent toutefois pas à la construction d’un véritable habitat martien. Les chercheurs ont imprimé de petites structures d’environ 45 mm de haut et 30 mm de large. Les essais ont été réalisés sur Terre dans des conditions reproduisant notamment une température de -30 °C et une pression de 0,01 atmosphère.

Le matériau obtenu a présenté une résistance à la compression d’environ 10 à 12 MPa. Les auteurs estiment que ces propriétés mécaniques pourraient permettre d’envisager des structures plus grandes, mais cette possibilité repose à ce stade sur des calculs et des essais de laboratoire, pas sur la construction d’un bâtiment habitable.

Une technologie encore loin d’un habitat martien

Plusieurs obstacles restent à résoudre. La formulation la plus performante utilise notamment de la gélatine et des levures qui devraient être apportées ou produites sur place. La survie durable des micro-organismes face aux conditions martiennes réelles, notamment aux rayonnements, reste également à démontrer.

Il faut aussi distinguer la résistance mécanique d’un matériau de toutes les qualités nécessaires à un habitat humain. Étanchéité, maintien d’une atmosphère pressurisée, protection contre les radiations, variations thermiques et durabilité à long terme devront faire l’objet d’autres essais. La NASA souligne elle-même que l’impression 3D à partir de ressources locales vise avant tout à réduire les quantités de matériaux à transporter depuis la Terre.

Pourquoi l’impression 3D intéresse les agences spatiales

Gros plan d'une pièce imprimée en trois dimensions sur une imprimante industrielle.
L'impression trois dimensions permet de fabriquer des structures complexes sans transport de matériaux lourds, atout majeur pour l'exploration spatiale. — Photo : Jakub Zerdzicki / Pexels

Cette recherche s’inscrit dans un domaine déjà très actif. La NASA dispose notamment de Mars Dune Alpha, un habitat expérimental imprimé en 3D utilisé sur Terre pour ses simulations CHAPEA. Celui-ci n’est pas construit avec le nouveau matériau hongkongais et ne constitue pas davantage un habitat testé sur Mars.

L’étude publiée en septembre 2026 apporte donc une preuve de concept à petite échelle : un composite contenant des levures peut être imprimé et durci dans des conditions de température et de pression proches de celles envisagées sur Mars. Entre ces éprouvettes de quelques centimètres et une maison capable d’abriter des astronautes, les étapes techniques à franchir restent nombreuses.

Questions fréquentes

Comment la levure renforce-t-elle ce matériau de construction martien ?

Les levures génétiquement modifiées produisent à leur surface des protéines adhésives qui renforcent les liaisons entre les particules minérales et le liant gélatineux du composite.

Pourquoi le froid et la basse pression de Mars avantagent-ils cette construction plutôt que de la compliquer ?

Après extrusion, l’eau du mélange gèle puis se sublime dans ces conditions, créant une structure sèche et poreuse sans nécessiter une cuisson à très haute température.

Quels défis majeurs séparent encore cette invention d'un habitat martien fonctionnel ?

La survie durable des micro-organismes face aux rayonnements martiiens doit être démontrée, et il faut développer l’étanchéité, la protection contre les radiations, le maintien d’une atmosphère pressurisée et la durabilité à long terme.

Sur le meme sujet

Les plus lus

Derniers articles

Chromebook : Google fixe l’horizon de ChromeOS à mi-2034, certains appareils passeront à Googlebook OS

Google a désormais fixé un horizon précis pour ChromeOS...

Kalshi perd une bataille judiciaire aux États-Unis : en France, ces marchés de prédiction restent interdits

Une nouvelle décision judiciaire américaine fragilise la stratégie de...

Normes de consommation auto assouplies aux États-Unis : aucun changement pour les voitures vendues en France

Les États-Unis viennent d'adopter un net assouplissement de leurs...
Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine Rives scrute tout ce qui pèse ou allège le budget des ménages français. Prix des courses, énergie, carburant, banque, assurances, abonnements, salaires, impôts et taxes : il part toujours d'un fait daté et chiffré pour dire qui est concerné, de combien et ce qu'on peut concrètement faire — économiser, changer, réclamer. Direct et sans jargon, il remet les montants en perspective à partir de sources françaises.