Les tortues marines sont célèbres pour leurs migrations sur des milliers de kilomètres. Pourtant, aux Galápagos, certaines semblent beaucoup moins voyageuses qu’attendu. Une étude publiée le 27 août 2026 dans la revue Frontiers in Amphibian and Reptile Science montre que neuf tortues vertes de morphotype jaune suivies par satellite sont restées dans l’archipel pendant toute leur période de suivi.
- Neuf tortues vertes des Galápagos équipées de balises n'ont quitté l'archipel pendant toute la période de suivi.
- Cinq tortues sont restées près d'une seule île, d'autres ont circulé entre plusieurs îles sur environ 1 498 km².
- Les sites de reproduction de ces tortues jaunes demeurent inconnus, contrairement à leurs cousines de morphotype noir.
Neuf tortues suivies grâce à des balises satellites
Les chercheurs se sont intéressés à la tortue verte, Chelonia mydas, et plus précisément au morphotype jaune présent aux Galápagos. Entre 2015 et 2018, ils ont équipé de balises Argos neuf individus de taille adulte ou proche de l’âge adulte, dont sept mâles et deux femelles, capturés près des îles Española, Floreana, Isabela et San Cristóbal.
Le suivi de chaque animal a duré de 45 à 418 jours. Les données publiées dans l’étude scientifique de Frontiers montrent une forte fidélité aux zones côtières peu profondes. Cinq des neuf tortues sont restées principalement associées à une seule île.
D’autres ont néanmoins circulé entre plusieurs îles. Ces déplacements montrent que rester dans l’archipel ne signifie pas rester immobile : certaines tortues utilisent plusieurs secteurs séparés par des dizaines de kilomètres. La superficie moyenne de leur domaine vital, calculée par les chercheurs, atteignait environ 1 498 km², avec de très fortes différences d’un individu à l’autre.
Aucune des neuf tortues équipées n'a entrepris de migration au-delà de l'archipel pendant la période où sa balise fonctionnait.
Aucune n’a quitté l’archipel pendant son suivi
Le résultat le plus remarquable tient à ce qui n’a pas été observé. Aucune des neuf tortues équipées n’a entrepris de migration au-delà de l’archipel pendant la période où sa balise fonctionnait. Les scientifiques s’attendaient pourtant à ce que ces animaux puissent effectuer des déplacements océaniques beaucoup plus importants.
Cette observation contraste notamment avec le comportement déjà documenté chez certaines tortues vertes de morphotype noir des Galápagos, capables de rejoindre des zones situées au large ou le long des côtes d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.
Les auteurs restent toutefois prudents. Leur travail ne démontre pas que les tortues jaunes sont définitivement sédentaires. Certaines pouvaient ne pas avoir atteint leur pleine maturité sexuelle et la durée des suivis n’était pas nécessairement suffisante pour couvrir tout leur cycle reproductif. Une migration transocéanique ultérieure reste donc possible.
Le mystère de leurs lieux de reproduction demeure
Une question importante reste sans réponse : où ces tortues jaunes se reproduisent-elles ? Contrairement à certaines tortues de morphotype noir, elles ne sont pas connues pour s’accoupler ou pondre aux Galápagos. Les chercheurs supposent que leurs sites de naissance et de reproduction se trouvent ailleurs dans le Pacifique, mais leur localisation précise n’est pas établie.
Cette incertitude rend les données de suivi intéressantes. Elles montrent que les Galápagos peuvent constituer une zone d’alimentation durable pour des tortues dont l’origine et les déplacements reproductifs restent encore mal compris.
Un enjeu de protection qui dépasse une seule île
L’étude apporte aussi des informations utiles pour la conservation. Les tortues observées utilisent surtout les habitats côtiers, mais certaines passent d’une île à une autre. La protection ne peut donc pas se limiter à quelques sites isolés : la qualité des habitats et les connexions écologiques entre les îles comptent également.
Les auteurs soulignent ainsi l’importance de préserver les zones côtières servant à l’alimentation et les corridors empruntés entre les îles. L’étude porte cependant sur seulement neuf animaux et principalement sur des mâles. Elle fournit donc une photographie précieuse mais encore partielle du comportement de cette population.
Ces résultats changent surtout la manière de regarder ces grandes migratrices : aux Galápagos, certaines tortues vertes peuvent passer de longs mois, voire plus d’une année, dans un territoire relativement restreint. Reste désormais à découvrir si elles finissent par quitter l’archipel pour se reproduire et, surtout, jusqu’où leur voyage peut alors les conduire.
Questions fréquentes
Pourquoi les tortues jaunes ne se reproduisent-elles pas aux Galápagos contrairement aux tortues noires ?
L’article ne l’explique pas. Il indique seulement que les tortues jaunes ne sont pas connues pour s’accoupler ou pondre aux Galápagos, contrairement à certaines tortues de morphotype noir, et que les chercheurs supposent que leurs sites de reproduction se trouvent ailleurs dans le Pacifique.
Pourquoi les chercheurs restent-ils prudents sur la sédentarité des tortues jaunes malgré l'absence de migration observée ?
Certaines tortues suivies pouvaient ne pas avoir atteint leur pleine maturité sexuelle et la durée des suivis n’était pas nécessairement suffisante pour couvrir tout leur cycle reproductif. Une migration transocéanique ultérieure reste donc possible.
Quelles implications cette étude a-t-elle pour la protection des tortues aux Galápagos ?
La protection ne peut pas se limiter à quelques sites isolés puisque certaines tortues passent d’une île à une autre. Il faut préserver les zones côtières servant à l’alimentation et les corridors empruntés entre les îles pour protéger les connexions écologiques.

