Le Barracuda-M d’Anduril vient de franchir une étape technique aux États-Unis : son architecture ouverte a été vérifiée par un laboratoire de l’US Air Force. Le programme vise aussi le marché européen avec Rheinmetall, mais aucune acquisition française n’est annoncée à ce stade.
La certification concerne la famille de missiles de croisière Barracuda-M de l’entreprise américaine Anduril Industries. Elle ne constitue ni une homologation européenne ni une décision d’achat de la France. Son intérêt tient surtout à la conception modulaire du système, qui doit permettre de remplacer ou d’intégrer plus rapidement certains logiciels et composants.
- Le Barracuda-M d'Anduril a obtenu une certification américaine WOSA validant son architecture modulaire.
- Une version européenne est en développement avec Rheinmetall depuis juin 2025.
- Aucune commande française du Barracuda-M n'a été officiellement annoncée à ce jour.
Ce que l’US Air Force vient de vérifier
Anduril a annoncé en septembre 2026 que l’Air Force Research Laboratory (AFRL) avait vérifié la conformité du Barracuda-M au standard américain Weapon Open Systems Architecture, ou WOSA. L’évaluation indépendante a été réalisée par le Munition Open Architecture Test and Evaluation Laboratory.
Selon l’annonce officielle d’Anduril sur la vérification WOSA, les essais ont duré quatre jours et porté sur 14 domaines, notamment l’autonomie de mission, le guidage, la navigation, le GPS, la propulsion, l’autopilote et les échanges de données.
L’objectif de cette architecture est de disposer d’interfaces communes afin que certains sous-systèmes puissent évoluer indépendamment. Un nouveau capteur, un logiciel ou un élément de navigation peut ainsi être intégré sans devoir nécessairement reconcevoir l’ensemble de la munition. La vérification américaine porte toutefois sur les domaines testés et ne doit pas être interprétée comme une validation de toutes les performances opérationnelles du missile.
Un nouveau capteur, un logiciel ou un élément de navigation peut ainsi être intégré sans devoir nécessairement reconcevoir l'ensemble de la munition.
Une famille de missiles déjà engagée dans la production aux États-Unis

Le Barracuda existe en plusieurs tailles, dont les Barracuda-100, 250 et 500. La lettre « M » désigne leur configuration comme munition. Anduril présente cette famille comme conçue dès l’origine pour une fabrication en grande série et pour être modifiée au fil des besoins.
Le programme a dépassé le stade du simple démonstrateur. En mai 2026, Anduril a annoncé un accord américain portant sur le Barracuda-500M lancé depuis le sol. Celui-ci prévoit au minimum 3 000 systèmes SLB-500M sur trois ans pour l’US Army, avec les premières livraisons annoncées au premier semestre 2027.
Ces commandes et cette certification concernent les États-Unis. Elles ne signifient pas que le Barracuda-M est actuellement en service dans les forces françaises.
Une version européenne est bien en préparation
Le dossier concerne néanmoins directement l’industrie de défense européenne. En juin 2025, Anduril et Rheinmetall ont conclu un partenariat pour développer et produire des systèmes autonomes destinés au marché européen, dont une déclinaison européenne du Barracuda.
Rheinmetall précise officiellement que Barracuda et Barracuda-M doivent être intégrés à son écosystème et que la coopération prévoit une production associant des fournisseurs et partenaires industriels européens. L’objectif affiché est notamment de permettre aux pays clients d’adapter les systèmes à leurs propres exigences.
Le ministère français des Armées avait lui-même signalé cette coopération après le Salon du Bourget 2025. Sa présentation consacrée au SIAE 2025 mentionne le développement de versions européennes du Fury et du Barracuda dans le cadre du partenariat entre Anduril et Rheinmetall.
Aucune commande française du Barracuda-M n’est confirmée

Pour la France, c’est la distinction essentielle. Les sources officielles consultées attestent de l’existence du Barracuda, de son développement industriel aux États-Unis et du projet d’une version européenne. Elles ne permettent pas d’établir qu’un Barracuda-M a été commandé par le ministère français des Armées ou la Direction générale de l’armement.
La certification WOSA annoncée aux États-Unis constitue donc d’abord un jalon industriel et technique américain. Elle peut faciliter l’évolution du missile et son adaptation à différents clients, y compris en Europe, mais une éventuelle adoption par la France nécessiterait une décision distincte. En l’absence d’annonce officielle française, une commande ou une future mise en service dans les armées françaises reste non confirmée.
Questions fréquentes
Pourquoi cette certification WOSA intéresse-t-elle l'Europe alors qu'elle est américaine ?
La certification valide l’architecture modulaire du Barracuda-M, permettant d’intégrer rapidement de nouveaux composants et logiciels sans recourir à une reconception complète. Cela facilite l’adaptation du missile à différents clients, y compris en Europe, où Anduril et Rheinmetall développent une version européenne depuis juin 2025.
Quels engagements la France a-t-elle pris concernant le Barracuda-M ?
La France n’a pris aucun engagement d’achat confirmé. Le ministère des Armées a seulement signalé le partenariat Anduril-Rheinmetall et le développement d’une version européenne après le Salon du Bourget 2025, mais aucune commande ou mise en service n’est officiellement confirmée.
À quoi correspond concrètement cette architecture WOSA testée par l'US Air Force ?
Les essais ont porté sur 14 domaines techniques : autonomie de mission, guidage, navigation, GPS, propulsion, autopilote et échanges de données. L’objectif est d’établir des interfaces communes permettant que certains sous-systèmes évoluent indépendamment sans impacter l’ensemble du missile.

