Le premier avion de chasse Gripen E fabriqué au Brésil a effectué son vol inaugural le 6 octobre 2026. Fruit d’un partenariat entre Saab et Embraer, cet appareil marque une nouvelle étape dans la production militaire brésilienne. Mais son impact sur l’industrie française reste à préciser.
Le constructeur suédois Saab a confirmé, le 7 octobre, la réussite du premier vol d’un Gripen E produit hors de Suède. L’appareil a décollé du site industriel d’Embraer à Gavião Peixoto, dans l’État de São Paulo. Cette étape concrétise un transfert de technologies engagé dans le cadre d’un contrat militaire signé en 2014. Pour la France, l’intérêt de cette annonce réside principalement dans l’évolution de la concurrence industrielle aéronautique et dans les équipements européens communs à plusieurs avions de combat.
- Le premier Gripen E fabriqué au Brésil a effectué son vol inaugural le 6 octobre 2026.
- 15 Gripen doivent être fabriqués au Brésil, créant la première chaîne de production de chasseurs supersoniques d'Amérique du Sud.
- Le Gripen et le Rafale français peuvent employer le même missile européen Meteor de MBDA.
Un premier vol réussi, mais un avion pas encore livré
Le 6 octobre 2026 à 10 h 21, heure locale, le pilote d’essai de Saab Jakob Högberg a fait décoller le premier Gripen E construit par Embraer. L’objectif était de contrôler le fonctionnement des principaux systèmes et d’évaluer les premières caractéristiques de vol de l’appareil.
Selon le communiqué officiel de Saab du 7 octobre 2026, cette sortie constitue un essai d’acceptation en production. Elle ouvre la dernière phase de fabrication, mais ne signifie pas que l’avion est déjà opérationnel.
Une campagne d’essais doit encore être achevée avant sa certification et sa livraison à l’armée de l’air brésilienne. L’appareil doit ensuite rejoindre la base aérienne d’Anápolis, où une unité exploite déjà des Gripen.
Le Brésil ne se contente pas d'acheter des appareils construits en Suède : il développe des compétences locales de fabrication, d'ingénierie et d'essais.
Pourquoi le Brésil fabrique désormais ses propres avions de chasse

Le programme remonte à un contrat conclu en 2014 entre le Brésil et Saab. Il porte sur 36 avions de combat, répartis entre 28 Gripen E monoplaces et huit Gripen F biplaces.
La particularité de cet accord réside dans son volet industriel. Le Brésil ne se contente pas d’acheter des appareils construits en Suède : il développe des compétences locales de fabrication, d’ingénierie et d’essais.
Le premier avion produit au Brésil avait été officiellement présenté le 25 mars 2026, comme le précise le communiqué de Saab consacré à sa présentation. Son premier vol confirme désormais une étape supplémentaire dans ce processus.
Au total, 15 Gripen doivent être fabriqués au Brésil dans le cadre du programme actuel. Le site d’Embraer accueille ainsi la première chaîne de production de chasseurs supersoniques d’Amérique du Sud.
Ce modèle industriel permet au pays acquéreur de participer directement à la production d’un équipement militaire complexe, plutôt que de dépendre exclusivement des livraisons étrangères.
Quel rapport avec le Rafale et l’industrie française ?
Le Gripen E appartient au marché international des avions de combat sur lequel évolue également le Rafale de Dassault Aviation. Les deux appareils répondent toutefois à des architectures et à des besoins opérationnels différents.
Pour la France, le développement de capacités de production au Brésil illustre une dimension des contrats militaires internationaux : les transferts de technologies et la participation industrielle locale peuvent compter dans les décisions d’achat, au-delà des seules performances des appareils.
Il existe également un lien technologique concret entre ces avions. Le Gripen et le Rafale peuvent employer le missile air-air européen Meteor. La Direction générale de l’armement confirme que ce missile, dont la maîtrise d’œuvre industrielle est assurée par MBDA, est conçu pour équiper notamment le Rafale, l’Eurofighter et le Gripen.
Cette compatibilité ne signifie cependant pas que la fabrication du Gripen au Brésil entraîne automatiquement de nouvelles commandes pour l’industrie française. Aucun volume supplémentaire de missiles, contrat français ou création d’emplois en France directement lié à ce premier vol n’a été confirmé dans les annonces consultées.
Ce qui change réellement pour la France en octobre 2026
À ce stade, l’événement est avant tout industriel et militaire, avec des conséquences immédiates pour le programme brésilien. Il ne constitue pas une nouvelle commande d’avions pour la France, ni une modification annoncée des équipements de ses forces aériennes.
Le ministère français des Armées présente toujours le Rafale comme un avion de combat polyvalent destiné notamment à la défense aérienne, aux frappes et à la dissuasion nucléaire.
Aucune mesure française nouvelle, aucun financement public supplémentaire et aucune modification réglementaire applicable aux particuliers ou aux entreprises françaises ne découlent directement de ce vol inaugural.
Le point à surveiller concerne donc les prochaines étapes industrielles : la certification de l’appareil, sa livraison effective à l’armée brésilienne et les éventuels contrats qui pourraient associer des équipementiers européens. En l’absence d’annonce officielle, leurs retombées économiques pour la France restent non confirmées.
Questions fréquentes
Pourquoi ce premier vol n'est-il pas équivalent à une livraison opérationnelle ?
Le vol du 6 octobre constitue un essai d’acceptation en production qui ouvre la dernière phase de fabrication. Une campagne d’essais doit encore être achevée avant la certification et la livraison à l’armée de l’air brésilienne.
Quelles sont les conséquences directes confirmées pour l'industrie française ?
Aucun volume supplémentaire de missiles, aucun contrat français nouveau et aucune création d’emplois en France directement liés à ce premier vol n’ont été confirmés. L’événement reste avant tout une avancée du programme brésilien.
Comment le Rafale français est-il technologiquement lié au Gripen brésilien ?
Le Gripen et le Rafale peuvent tous deux employer le missile air-air européen Meteor, dont la maîtrise d’œuvre industrielle est assurée par MBDA et qui est conçu pour équiper le Rafale, l’Eurofighter et le Gripen.

