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Le nouveau sous-marin nucléaire français hérite du nom d’un sous-marin de la France libre aux 28 missions de combat, décoré par le général de Gaulle en personne

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Le sous-marin nucléaire d’attaque Rubis a quitté le 16 octobre le hall de construction de Naval Group, à Cherbourg, pour rejoindre son dispositif de mise à l’eau dans le bassin de Cachin.

La ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, présidait la cérémonie. L’étape mérite d’être nommée correctement : il s’agit d’un transfert, pas d’un lancement. Le bâtiment n’a pas encore touché l’eau, et sa livraison à la Marine nationale n’est pas datée.

Ce que signifie un transfert sur dispositif de mise à l’eau

Un sous-marin de cette taille n’est pas construit dans l’eau. Il est assemblé à sec, dans un hall, puis déplacé sur un dispositif qui permettra de le mettre à flot. Entre ce déplacement et la première sortie à la mer, il reste les travaux d’achèvement, puis une série d’essais à quai avant les essais en mer.

C’est la partie la moins spectaculaire et la plus longue du calendrier. Elle consiste à vérifier, système par système, que ce qui a été conçu sur plan fonctionne réellement dans une coque fermée, avec un équipage à bord et une chaufferie nucléaire en service.

Cinquième d’une série de six

Le Rubis est le cinquième des six sous-marins du programme Barracuda, conduit par la direction générale de l’armement en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique pour les chaufferies. Quatre ont déjà été livrés à la Marine nationale, entre novembre 2020 et juin 2026.

La distinction entre livraison et admission au service actif compte, et les deux calendriers ne se recouvrent pas. Le Suffren a été admis au service actif en 2022, le Duguay-Trouin en 2024, le Tourville en 2025. Le De Grasse, livré en juin 2026, attend encore la sienne. Le sixième, le Casabianca, est en construction, pour une livraison attendue d’ici 2030 conformément à la loi de programmation militaire.

De grands bâtiments industriels gris et une grue rouge au bord de l'eau, vus depuis la rade
Les infrastructures de Naval Group dans l’arsenal de Cherbourg, vues depuis la rade. Les sous-marins y sont assemblés à sec avant d’être transférés vers leur dispositif de mise à l’eau. Photo : HaguardDuNord / Wikimedia Commons, CC BY 3.0

Dix-sept mois après le De Grasse

Le président-directeur général de Naval Group, Pierre Éric Pommellet, a souligné que ce transfert intervient dix-sept mois après celui du De Grasse. Le chiffre est le véritable indicateur de l’annonce : il mesure la cadence du chantier de Cherbourg.

Plus de quatre fois plus léger que le Reaper américain, cet appareil français peut voler 36 heures et devance ses quatre concurrents dans les essais de la DGA

Pour une série de six exemplaires étalée sur une décennie, le rythme de sortie de hall détermine tout le reste. Il conditionne la date à laquelle la Marine disposera réellement de six coques, et il conditionne aussi la charge de travail des sous-traitants, qui ne peuvent maintenir des compétences rares que si les commandes s’enchaînent sans trou.

Dix mille personnes et huit cents entreprises

La direction générale de l’armement chiffre à plus de 10 000 personnes et 800 entreprises le nombre d’acteurs mobilisés depuis le début du programme. Aujourd’hui, 3 000 emplois directs, dont 800 en sous-traitance, y sont consacrés chaque jour.

Naval Group assure la conception, la réalisation, la fabrication des principaux composants des chaufferies avec TechnicAtome, le soutien logistique et l’entretien des bâtiments à Toulon. Ces chiffres disent une chose simple : un sous-marin nucléaire n’est pas un produit, c’est une filière, et une filière ne se rallume pas après une interruption.

Un sous-marin en surface, mâts dressés, un second bâtiment visible au loin sur une mer calme
Un sous-marin lanceur d’engins de la classe Le Triomphant au premier plan et un sous-marin nucléaire d’attaque de classe Suffren derrière, au large de Brest en octobre 2024. Les deux composantes sont distinctes, la dissuasion d’un côté, l’attaque de l’autre. Photo : Marine nationale / Wikimedia Commons, Licence Ouverte

Ce que le nom rappelle

La Marine réutilise les noms des unités décorées au combat. Le Rubis hérite de celui du Q145 Rubis, sous-marin mouilleur de mines des Forces navales françaises libres, qui a réalisé 28 missions de combat et mouillé 683 mines.

Ce bâtiment a reçu la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle et la Croix de guerre 1939-1945. Le choix n’est pas décoratif : il rattache un sous-marin de 2026 à une filiation précise, celle d’une unité qui a combattu en infériorité de moyens. Le Casabianca, sixième de la série, rend hommage de la même façon à un autre sous-marin de la Seconde Guerre mondiale.

Ce que l’annonce ne dit pas

Aucune date n’est donnée pour la première mise à l’eau, ni pour le début des essais à quai, ni pour la livraison à la Marine nationale. La DGA s’en tient à la séquence, sans l’inscrire dans le calendrier.

C’est pourtant la seule donnée qui permettrait de savoir si la série tiendra son échéance de 2030. Entre le transfert d’un sous-marin et son admission au service actif, les quatre premiers exemplaires montrent qu’il s’écoule plusieurs années, et c’est cet intervalle, bien plus que la cérémonie, qui dira si le remplacement des Rubis des années 1980 s’achève à l’heure.

Sources principales :

  • Direction générale de l’armement, « Le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Rubis a débuté son transfert jusqu’au dispositif de mise à l’eau », 16 octobre 2026
    https://www.defense.gouv.fr/dga/actualites/marin-nucleaire-dattaque-sna-rubis-debute-son-transfert-jusquau-dispositif-mise-leau
    Détaille le déroulement du transfert, l’état d’avancement du programme Barracuda et l’origine du nom du bâtiment.
  • Naval Group, « Naval Group transfère le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Rubis sur son dispositif de mise à l’eau », 19 octobre 2026
    https://www.naval-group.com/fr/presse/naval-group-transfere-le-sous-marin-nucleaire-dattaque-sna-rubis-sur-son-dispositif-de-mise
    Fournit le délai de dix-sept mois depuis le De Grasse et le rôle de TechnicAtome dans les chaufferies.

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