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Une start-up bordelaise de 150 personnes va tenter en 2027 le premier tir d’un lanceur privé civil depuis la France métropolitaine, avec une fusée baptisée Baguette One

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La direction générale de l’armement et l’Agence de l’innovation de défense accompagnent la start-up HyPrSpace pour le premier lancement de son démonstrateur suborbital Baguette One, prévu en 2027 depuis le site des Landes de DGA Essais de missiles, à Biscarrosse.

Ce sera, selon le ministère, le premier tir d’un lanceur privé civil depuis le territoire métropolitain.

Une start-up bordelaise de cent cinquante personnes

HyPrSpace, pour Hybrid Propulsion for Space, a été fondée en 2019 et est basée à Bordeaux. Elle emploie 150 personnes et développe des moteurs-fusées hybrides et des micro-lanceurs. Elle mène un consortium qui réunit à ses côtés Telespazio France, CT Ingénierie et Space Dreams.

Le projet est développé dans le cadre de France 2030. Baguette One est un démonstrateur monoétage de 10 mètres, destiné à valider les choix technologiques de l’entreprise avant son lanceur commercial, et capable d’emporter des expériences en microgravité.

Trente fois moins de pièces qu’un moteur classique

La technologie brevetée repose sur une propulsion hybride, qui associe de l’oxygène liquide à un carburant solide à base de polyéthylène haute densité. Le ministère souligne l’absence de risques pyrotechniques et la facilité d’approvisionnement, de stockage et de transport de ce combustible.

L’argument central est ailleurs. Sans turbopompe, ces moteurs comportent trente fois moins de pièces mécaniques qu’un moteur-fusée traditionnel. Moins de pièces signifie moins de points de défaillance, un développement plus court et un coût de production réduit, ce qui est exactement la variable sur laquelle se joue l’accès à l’espace.

Une flamme sort d'un moteur fixé à une structure métallique d'essais, vapeur autour de l'installation
Un moteur-fusée en essai sur un banc fixe, échappement dirigé vers une structure de déflexion. Avant le vol, le moteur Toaster doit être tiré au sol sur un nouveau banc de la DGA, à Saint-Jean-d’Illac. Photo : NASA / Wikimedia Commons, Public domain

Joker, Terminator, Toaster

DGA Essais de missiles accompagne l’entreprise depuis plusieurs années. Des campagnes d’essais de moteurs ont été conduites sur le site Gironde dès 2022, à Saint-Médard-en-Jalles, d’abord avec le démonstrateur Joker, puis avec le prototype à l’échelle 1 Terminator.

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L’étape suivante se déroulera sur un nouveau banc d’essais de la DGA à Saint-Jean-d’Illac : un essai au sol du moteur Toaster, représentatif de celui qui équipera le lanceur. La séquence est caractéristique du développement d’un moteur-fusée, où chaque échelle se valide au sol avant d’être confiée au vol.

Pourquoi la DGA prête ses moyens

DGA Essais de missiles est le centre spécialisé dans les essais au sol et en vol des propulseurs de missiles et dans la simulation de l’environnement de vol. Il coordonne ce tir, en mobilisant aussi DGA Maîtrise de l’information et DGA Techniques aérospatiales, en collaboration avec le Centre national d’études spatiales.

Lors du lancement, le centre mettra en œuvre ses moyens de mesure, de suivi et de sauvegarde, pour garantir la sécurité des personnes, des biens et de l’environnement, et pour recueillir les données d’analyse du vol. Autrement dit, l’État ne finance pas seulement : il prête un champ de tir, des radars, une chaîne de télémesure et une expertise en sauvegarde que personne ne possède en privé.

Une fusée-sonde monte à la verticale sur une colonne de flamme, ciel bleu parsemé de nuages
Le décollage d’une fusée-sonde allemande du programme MAPHEUS, dédiée aux expériences en microgravité. C’est ce type de vol suborbital que Baguette One doit assurer depuis Biscarrosse. Photo : DLR (CC-BY 3.0) / Wikimedia Commons, CC BY 3.0 de

Biscarrosse, un champ de tir et pas un pas de tir

Le site des Landes n’est pas une base spatiale. C’est le champ de tir où la DGA essaie les propulseurs et les missiles, avec les servitudes qui vont avec : une zone côtière dégagée, des moyens de poursuite et une procédure de sauvegarde éprouvée.

Tirer de là plutôt que depuis Kourou change l’économie d’un démonstrateur. Un vol suborbital n’a pas besoin d’aller chercher l’orbite depuis l’équateur, et le faire depuis la métropole évite d’acheminer un lanceur, son carburant et ses équipes à 7 000 kilomètres.

Ce que la défense y gagne

Le ministère parle d’innovation duale, et le terme est ici concret. Au-delà des services commerciaux de microgravité, HyPrSpace vise l’expérimentation hypersonique et la simulation pour la défense.

Un lanceur suborbital bon marché est en effet un outil d’essai : il permet de placer un corps d’épreuve dans un régime de vol que les souffleries ne reproduisent pas, et de le faire assez souvent pour apprendre. C’est précisément ce qui manque aux programmes hypersoniques européens, dont les occasions d’essai en vol restent rares.

Ce que l’annonce ne dit pas

Aucun montant n’est communiqué, ni pour le soutien de l’Agence de l’innovation de défense, ni pour la mise à disposition des moyens d’essais. La date du tir reste donnée à l’année, « courant 2027 », sans jalon intermédiaire après l’essai au sol du moteur Toaster.

L’objectif final, lui, est chiffré : le lanceur orbital qui doit suivre, baptisé Orbital Baguette One, vise la mise en orbite de satellites de 250 kilogrammes. C’est le segment des micro-lanceurs, sur lequel une dizaine d’acteurs européens se positionnent, et où le premier tir réussi vaut souvent brevet de crédibilité auprès des clients comme des financeurs.

Sources principales :

  • Direction générale de l’armement, « La DGA et l’AID mettent leur expertise au profit de la société HyPrSpace pour le premier lancement du lanceur suborbital Baguette One », 16 septembre 2026
    https://www.defense.gouv.fr/dga/actualites/dga-laid-mettent-leur-expertise-au-profit-societe-hyprspace-premier-lancement-du-lanceur-suborbital
    Détaille la technologie hybride, les campagnes d’essais menées depuis 2022 et les moyens mobilisés pour le tir.
  • Agence de l’innovation de défense, « Agence de l’innovation de défense », septembre 2026
    https://www.defense.gouv.fr/aid
    Présente l’agence qui a soutenu la mise au point de la propulsion hybride brevetée par la start-up.

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