La McMurtry Spéirling, monoplace électrique record-woman de Goodwood, revient au Festival of Speed dans sa version de série définitive, dotée d’une batterie de 100 kWh et d’un effet de sol actif capable de générer 2000 kg d’appui.
Quatre ans après avoir pulvérisé le chrono de la célèbre montée du Festival of Speed de Goodwood, la Spéirling refait surface. Mais cette fois, ce n’est plus un prototype : McMurtry présente la version de production qui sera assemblée dans son usine des Cotswolds. Le concept reste le même : une monoplace électrique fermée, équipée d’un système d’effet de sol actif baptisé Downforce-on-Demand. En revanche, la technique a été entièrement revue. 95 % des composants sont neufs par rapport au dernier prototype montré il y a un an.
L’empattement a été allongé de 20 cm pour atteindre 2200 mm au total. Les dimensions extérieures restent compactes : 3815 mm de long, 1795 mm de large et 1056 mm de haut. Mais cet allongement entre les essieux transforme l’habitabilité et permet surtout d’embarquer une batterie de 100 kWh, contre 60 kWh initialement prévus. Les cellules Molicel P50B NCA 21700 assurent désormais jusqu’à 50 km d’autonomie sur circuit. Pas en cycle WLTP : à un rythme d’utilisation comparable à celui d’une LMP2 en course.
305 km/h et 3g en virage malgré 300 kg de plus
La batterie alourdit l’ensemble. Exit les 1050 kg du proto : la version de série affiche 1350 kg sur la balance. McMurtry assure que cela n’altère en rien les performances. Le 0 à 100 km/h reste annoncé à 1,6 s, l’un des plus exclusifs du marché. La vitesse maxi atteint 305 km/h. L’aileron a été redessiné, les portes élargies, et l’ensemble conserve son apparence de missile roulant.
Le châssis, les pneumatiques et surtout l’effet de sol actif ont été profondément retravaillés. Le dispositif Downforce-on-Demand combine deux ventilateurs et une jupe mobile. Il génère jusqu’à 2000 kg d’appui dès 0 km/h, ce qui permet théoriquement au véhicule de rouler à l’envers. Sur piste, il encaisse 3g en virage ou en freinage. Le système a été repositionné au centre du véhicule pour abaisser le centre de gravité. Les lames sont nouvelles, le moteur et le refroidissement également.
La jupe, point faible du prototype, est désormais fabriquée dans un matériau plus résistant à l’usure. Un compresseur d’air embarqué permet de la relever, notamment pour charger la voiture sur une remorque. Car malgré l’ajout de phares et de clignotants, la Spéirling reste dédiée à un usage circuit et ne sera pas homologuée pour la route. Le petit coffre arrière n’est d’ailleurs pas dimensionné pour un bagage cabine, mais pour un casque et le système HANS.
Chargeur mobile dédié avec batterie tampon de 100 kWh
Conçue pour la piste, la monoplace ne dépend pas des bornes de recharge souvent sous-dimensionnées sur les circuits. McMurtry propose un chargeur mobile embarquant une batterie tampon de 100 kWh et délivrant 120 kW de puissance. Ce dispositif se recharge lui-même sur une prise triphasée classique, évitant toute contrainte d’infrastructure lourde lors des journées de roulage.
Les nouveaux moteurs Helix complètent le tableau technique. Leur puissance exacte n’a pas été communiquée, mais l’architecture quatre roues motrices demeure. Le pack de 100 kWh garantit un niveau de performance soutenu sur plusieurs tours rapides, sans dégradation brutale de la puissance disponible.
Ce que change la Spéirling dans l'hypercar électrique
Une hypercar électrique entre deux mondes
La McMurtry Spéirling se situe dans un segment à part. Elle ne concurrence pas directement les hypercars électriques homologuées route comme la Rimac Nevera, qui atteint 412 km/h et coûte plus de 2 millions d’euros[1]. Elle se rapproche davantage d’un jouet de circuit ultime, vendu à un prix probablement supérieur au million d’euros compte tenu de la technicité embarquée, mais réservé à une poignée de pilotes fortunés cherchant des sensations sans équivalent.
Le marché des sportives électriques s’étoffe. La Lotus Evija développe 2000 ch pour un poids de 1680 kg[3], la Porsche Taycan s’impose dans le registre des GT quatre portes avec sa batterie Performance Plus de 105 kWh[3]. Mais aucune ne propose un système d’effet de sol actif aussi radical que celui de McMurtry. L’entreprise britannique assume de reprendre la comparaison à l’aspirateur sur roues, souvent utilisée de manière péjorative contre les voitures électriques : ici, c’est précisément l’argument de vente.
La production démarre dans les prochains mois. Le nombre d’exemplaires n’a pas été précisé, mais McMurtry vise une série très limitée. Le retour au Festival of Speed marque le début d’une nouvelle phase : celle de la commercialisation d’un engin qui, jusqu’ici, n’existait que sous forme de démonstrateur. Les premiers clients devraient prendre livraison avant la fin de l’année 2026.
| Modèle | Vitesse maxi (km/h) | Puissance (ch) | Poids (kg) | Prix (€) |
|---|---|---|---|---|
| Rimac Nevera | 412 | 1 914 | 2 150 | À partir de 2 millions |
| Lotus Evija | 320 | 2 000 | 1 680 | À partir de 2 millions |
| McMurtry Spéirling | 305 | Non communiqué | 1 350 | Supérieur à 1 million (estimé) |
Source : Vivacar
McMurtry Spéirling : les chiffres de la version de série
- 95 % des composants renouvelés par rapport au prototype de 2025
- Batterie de 100 kWh embarquée, soit 40 kWh de plus que prévu initialement
- Effet de sol actif générant 2000 kg d'appui dès l'arrêt
- Empattement allongé de 20 cm pour atteindre 2200 mm
- Chargeur mobile dédié avec batterie tampon de 100 kWh et 120 kW de puissance
- Production prévue dans l'usine des Cotswolds avant fin 2026
Sources
2 sources · 3 faits sourcés

