Tadej Pogacar a signé jeudi 9 juillet une démonstration historique dans les Pyrénées, battant le record du Tourmalet et creusant un écart de 2’38 sur Jonas Vingegaard.
À cinq kilomètres du sommet du Tourmalet, le Slovène a semé la panique. Sorti d’un tunnel ombragé, emmené par Isaac del Toro, il a brutalement accéléré. Jonas Vingegaard a tenté de suivre, puis s’est résigné : le suivre était suicidaire. Pogacar a filé seul, avalant les 43 derniers kilomètres sans personne à sa roue. À l’arrivée, il affichait un sourire fatigué mais victorieux : 23e succès d’étape sur le Tour, le deuxième de cette édition 2026, et surtout le maillot jaune repris à Torstein Træen, tombé dans la descente.
L’écart final parle : 2’38 sur Vingegaard, plus de 3’57 sur un petit groupe emmené par Isaac del Toro. Derrière, Remco Evenepoel, Paul Seixas, Florian Lipowitz, Juan Ayuso, Mattias Skjelmose, Lenny Martinez et Sepp Kuss ont limité les dégâts en se regroupant. Mais le mal était fait : Pogacar a repris le jaune avec une avance confortable, et surtout, il a rappelé à tous qu’il n’a pas son pareil en montagne.
Un record du Tourmalet pulvérisé de deux minutes
Le chrono est éloquent : 42 minutes et 51 secondes pour gravir le Tourmalet. Pogacar bat ainsi le précédent record, établi il y a deux ans, de deux minutes pleines[2]. C’est la première fois qu’un champion du monde en titre franchit en tête le sommet du Tourmalet en Hors Catégorie. À cet instant, il comptait déjà 30 secondes d’avance sur Vingegaard, et le Danois n’a jamais pu refermer l’écart.
Plus impressionnant encore : Pogacar a continué à creuser dans la descente. Il a pris 41 secondes supplémentaires à son rival dans les virages, démontrant qu’il domine désormais sur tous les terrains, y compris là où Vingegaard pouvait encore espérer limiter la casse[4]. Le Danois s’est contorsionné pour suivre le rythme, sans succès. L’élastique a cassé, et il n’a jamais pu le renouer.
UAE Emirates pose trois croix rouges sur la même étape
Le plan de l’équipe émiratie était clair : faire une journée très dure, selon les mots de Tim Wellens. Dès le col d’Aspin, Nils Politt et Wellens ont écrémé le peloton. Brandon McNulty et Adam Yates ont ensuite éviscéré les plus récalcitrants, préparant le terrain pour le duo Pogacar-Del Toro. Une fusée à étages impitoyable, qui a réduit le groupe de tête à quelques âmes exsangues avant même l’attaque finale.
Le résultat dépasse les espérances : trois victoires d’étapes en six jours, trois maillots distinctifs (le jaune à Torstein Træen tombé, le blanc à Mathias Vacek, le pois à Alex Baudin), deux coureurs sur le podium. Mauro Gianetti, manager de l’équipe, s’est félicité de la préparation spécifique mise en place cette année : « On savait que Tadej était plus en forme que l’année passée, qu’il avait passé un stade avec des changements d’entraînement, une préparation plus spécifique sur la haute montagne et les étapes plus dures et longues. »
| Position | Coureur | Équipe | Écart |
|---|---|---|---|
| 1 | Tadej Pogacar | UAE Emirates-XRG | – |
| 2 | Jonas Vingegaard | Visma-Lease a Bike | +2’38 |
| 3 | Isaac del Toro | UAE Emirates-XRG | +3’57 |
| 4 | Remco Evenepoel | Red Bull-Bora-Hansgrohe | +3’57 |
| 5 | Paul Seixas | Decathlon CMA CGM | +3’57 |
Source : Tour de France
Pourquoi Pogacar domine déjà ce Tour
Vingegaard loin devant les autres, mais déjà loin de Pogacar
Le Danois a beau avoir concédé plus de deux minutes, il reste largement devant le reste du peloton. Sur le seul Tourmalet, il a pris une minute aux poursuivants directs : Evenepoel, Seixas, Del Toro. Des talents de génération, relégués au rang de faire-valoir. « C’est remarquable de voir à quel point Jonas est devant les autres, mais il y a ce type en maillot arc-en-ciel qui lui met encore plus loin », notait un observateur dans les colonnes du Guardian[3].
Vingegaard devrait être comparé aux légendes, mais il se trouve éclipsé par un Pogacar qui repousse chaque année les limites du possible. Le Slovène a déclaré à l’arrivée : « Je ne m’attendais pas à des écarts aussi grands et à reprendre le maillot jaune. Cela confirme qu’on a fait une bonne préparation pour ce Tour, et qu’on peut être plus détendus pour les prochaines étapes. »
Le Tour est-il déjà plié après six jours ?
Il reste 15 étapes et plus de deux semaines de course. Les habituelles réserves s’appliquent : une chute, une maladie, un coup de moins bien. Tim Wellens l’a rappelé : « Maintenant tout le monde sait, Tadej a les meilleures jambes mais un Tour de France c’est très compliqué, beaucoup de choses peuvent se passer : il peut tomber, être malade. On espère que ça n’arrive pas. »
Mais la sensation qui domine, c’est celle d’une course déjà orientée dans une direction très familière. L’an passé, Pogacar avait pris le contrôle sur l’Hautacam, premier sommet sérieux de l’édition. Cette année, il a fait de même sur le Tourmalet[4]. La méthode change peu : il attend le bon moment, frappe fort, et creuse des écarts que personne ne peut combler. Avec 23 victoires d’étapes, il dépasse désormais André Darrigade et s’installe seul à la cinquième place des meilleurs marqueurs de l’histoire du Tour[2].
Pogacar a parcouru 43 kilomètres seul en tête, un record personnel sur la Grande Boucle. Il a démoli le chrono du Tourmalet de deux minutes, un écart qui donne le vertige. Et il a déjà pris le large au classement général. À moins d’un imprévu, le maillot jaune semble avoir trouvé son propriétaire pour les deux semaines à venir.
Pogacar au Tourmalet 2026 : les chiffres clés
- Pogacar bat le record du Tourmalet de deux minutes (42'51)
- Il reprend le maillot jaune avec 2'38 d'avance sur Vingegaard
- Premier champion du monde en titre à franchir le Tourmalet en tête
- 43 kilomètres parcourus seul, nouveau record personnel
- 23e victoire d'étape, 5e meilleur marqueur de l'histoire du Tour
- UAE Emirates aligne trois maillots distinctifs après six étapes
Sources
3 sources · 5 faits vérifiés
