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Après un choix qui écarte Boeing, l’Otan opte pour dix Saab GlobalEye pour remplacer ses E-3 AWACS

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L’Otan a retenu le Saab GlobalEye pour renouveler sa flotte de guet aérien avancé. Onze pays alliés vont acquérir jusqu’à dix appareils, écartant le Boeing E-7A un temps favori.

L’annonce est tombée le 7 juillet 2026 au sommet de l’Alliance à Ankara, en Turquie. Le secrétaire général Mark Rutte y a confirmé que plusieurs alliés avaient décidé d’acheter conjointement le GlobalEye du constructeur suédois Saab, pour remplacer les vieillissants E-3 AWACS de Boeing. Le contrat n’est pas encore signé, mais la trajectoire est tracée.

Rutte a précisé que la future flotte comptera jusqu’à dix avions. Ce chiffre marque une rupture avec l’ancien modèle de remplacement à l’identique : les E-3 actuellement en service sont au nombre de quatorze, contre dix-huit à l’origine. L’Alliance ne cherche donc plus à reproduire le format précédent, mais à densifier ses capacités autrement.

En chiffres
10
GlobalEye visés par l'Otan
contre 14 E-3A en service
11
alliés dans l'achat commun
Belgique, Canada, Allemagne, Suède…
2
GlobalEye commandés par la France
en décembre 2025, deux options
2035
retrait attendu des E-3
flotte vieillissante de Boeing

Onze alliés, un plateau radar fixe et la fin du rotodôme

Les onze pays engagés dans cette acquisition commune sont la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Roumanie et la Suède[4]. Huit alliés ont par ailleurs lancé un projet coopératif distinct pour développer des capacités de guet aérien répondant à leurs besoins nationaux propres[1].

Le GlobalEye repose sur les systèmes de Saab installés sur la cellule d’un avion d’affaires Bombardier Global. La différence technique la plus visible avec l’E-3 saute aux yeux : là où le Boeing pivote son rotodôme circulaire au-dessus du fuselage, le GlobalEye utilise un radar fixe monté en «plaque» sur le dessus de l’appareil[3]. Le système est conçu pour détecter et suivre des cibles dans plusieurs domaines à la fois, air, terre et mer, et sert de nœud de commandement aérien pour des opérations en réseau.

L’Otan met en avant une capacité multidomaine capable de repérer des menaces complexes, essaims de drones, missiles balistiques et missiles de croisière compris[4]. Ce spectre correspond au glissement doctrinal de l’Alliance vers une logique de «système de systèmes», dans le cadre du programme de surveillance et de contrôle fédérés.

La base aérienne de Geilenkirchen, en Allemagne, d’où opèrent aujourd’hui les quatorze E-3A, devrait devenir le cœur de la future flotte de GlobalEye[2]. L’Alliance en serait alors le plus gros opérateur mondial. Les E-3 actuels, eux, sont attendus au retrait autour de 2035, une échéance dictée par leur ancienneté.

Boeing écarté après un processus mouvementé

Le choix du GlobalEye clôt une sélection agitée. En 2023, l’Otan avait d’abord décidé de remplacer ses quatorze E-3A par six Boeing E-7A Wedgetail. Cette décision s’inscrivait dans l’accord de capacité initial dit iAFSC, censé livrer un premier élément pour combler le risque de trou capacitaire au moment du retrait des AWACS.

À l’époque, l’agence de soutien et d’acquisition de l’Otan (NSPA) justifiait ce choix en affirmant que l’E-7A était «le seul système connu capable de remplir les exigences opérationnelles essentielles des commandements stratégiques» dans les délais requis. Le consortium en charge de cette acquisition réunissait la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Roumanie et les États-Unis.

Le renversement au profit de Saab avait été rapporté dès avril 2026 par des médias français et allemands, sources anonymes à l’appui, sans confirmation officielle. La publication française La Lettre indiquait alors que la NSPA avait attribué le contrat à Saab et Bombardier[3]. Saab, prudent, répétait n’avoir «ni signé de contrat ni reçu de commande».

GlobalEye : le remplacement des AWACS de l’Otan en chiffres
Élément Donnée
Appareils GlobalEye visés jusqu’à 10
E-3A actuellement en service 14
Flotte E-3A d’origine 18
Alliés engagés dans l’achat commun 11
Retrait attendu des E-3 vers 2035
E-7A Wedgetail prévus en 2023 6

Source : Otan

Ce que change le choix du GlobalEye pour l'Alliance

Saab consolide son carnet
Suède, Émirats arabes unis, France et désormais l'Otan : le GlobalEye s'impose sur un marché de niche jusqu'ici dominé par Boeing.
Souveraineté européenne
Onze alliés font le choix d'une plateforme suédoise sur cellule Bombardier, écartant l'américain Boeing sur une capacité stratégique.
Revers pour Boeing
Après avoir été désigné en 2023 comme seule solution disponible, l'E-7A Wedgetail est finalement recalé au profit du GlobalEye.
Rupture capacitaire
Dix appareils pour quatorze E-3 en service : l'Otan abandonne le remplacement à l'identique au profit d'une logique de système de systèmes.
Calendrier ouvert
Aucun contrat signé à ce jour, négociations à venir avec la NSPA. La Suède évoque des GlobalEye opérationnels dès 2027.

Un carnet Saab qui gonfle, une commande française déjà passée

La décision de l’Otan renforce un carnet de commandes déjà en croissance pour Saab. La Suède a commandé trois GlobalEye, les Émirats arabes unis exploitent déjà le type, et la France a passé commande de deux appareils en décembre 2025, avec deux options supplémentaires[3]. L’entrée de l’Alliance dans ce club en fait un client structurant.

Le premier ministre suédois Ulf Kristersson a salué «un moment de grande fierté pour la Suède, et plus encore pour ce que cela implique pour l’Otan». Il a ajouté, selon Breaking Defense, que «d’ici 2027, nous verrons ces GlobalEye opérer depuis des bases suédoises». Micael Johansson, PDG de Saab, s’est dit «honoré et fier» de soutenir l’Alliance dans sa capacité de guet aérien de nouvelle génération, tout en rappelant que la société n’avait à ce stade «ni signé de contrat ni reçu de commande».

Les négociations avec la NSPA doivent maintenant démarrer. Aucun calendrier précis n’a été communiqué. Pour Boeing, le revers est net : après avoir été désigné en 2023 comme la seule solution disponible dans les temps, l’avionneur américain se voit doublé par un industriel européen sur un marché de guet aérien longtemps considéré comme sa chasse gardée.

Saab GlobalEye pour l'Otan : les chiffres clés

  • L'Otan a choisi le Saab GlobalEye le 7 juillet 2026 à Ankara.
  • Onze alliés vont acquérir jusqu'à dix appareils.
  • Le GlobalEye remplace les 14 E-3 AWACS de Boeing.
  • Boeing avait été désigné en 2023 avec six E-7A Wedgetail.
  • La France a commandé deux GlobalEye en décembre 2025.
  • Geilenkirchen deviendrait le cœur de la future flotte.
Marc Delaunay
Marc Delaunay
Marc Delaunay. Spécialiste aéronautique & spatial Marc écrit sur l'aéronautique et le spatial. Cadences d'Airbus, moteurs de Safran, lanceurs d'ArianeGroup, missions du CNES : il raconte une filière de pointe par ses programmes et ses chiffres, avec le souci de rendre le technique lisible.

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