Les États-Unis ont bombardé l’Iran pour la septième nuit consécutive le 18 juillet 2026, tandis que Téhéran visait des bases américaines à Bahreïn et au Koweït.
L’escalade s’accélère. À chaque frappe américaine, l’Iran répond en touchant les bases qui abritent les forces US au Moyen-Orient. Ce cycle de représailles quotidiennes transforme une trêve fragile, négociée à peine un mois plus tôt, en conflit ouvert. Le détroit d’Ormuz, censé rouvrir à la navigation commerciale, cristallise la tension : Washington accuse Téhéran de cibler des navires marchands, Téhéran dénonce des bombardements contre ses infrastructures civiles.
Le protocole d’accord signé le 17 juin entre les deux capitales prévoyait un désescalade : réouverture du détroit, engagement iranien à ne pas développer l’arme nucléaire, levée du blocus naval américain. Soixante jours pour sceller un accord définitif. Mais dans la nuit du 7 au 8 juillet, Washington a lancé une première salve contre l’Iran en réponse à des tirs attribués à Téhéran contre trois cargos. Depuis, chaque nuit voit les bombardiers américains décoller.
Huit morts le 8 juillet, dix-sept le lendemain
La première vague de frappes, dans la nuit du 7 au 8 juillet, a tué huit militaires iraniens et visé des sites près du détroit d’Ormuz. Le Commandement central américain (Centcom) a justifié l’opération par la « dégradation de la capacité de l’Iran à s’en prendre au transport maritime et aux marins civils »[4]. L’Iran a répliqué dès le 8 juillet en frappant les bases américaines d’Arifjan et d’Ali Al-Salem au Koweït, ainsi que Juffair et Cheikh Isa à Bahreïn[1]. Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué 85 installations touchées sur ces quatre sites.
Le lendemain, nouvelles frappes américaines : 90 cibles militaires visées, dont des dépôts de missiles, de drones et des stations radar côtières. Bilan côté iranien : 17 morts, 93 blessés. Téhéran a immédiatement répliqué contre les mêmes bases, cette fois en endommageant une centrale électrique au Koweït[3]. L’armée koweïtienne a fait état de blessés parmi ses rangs. À Bahreïn, des hélicoptères et avions de reconnaissance stationnés sur la base de Sakhir ont été touchés par des drones Arash[3].
Le Qatar et ses médiateurs pris pour cible
L’Iran ne s’est pas limité au Koweït et à Bahreïn. Le Qatar, médiateur officiel du processus de paix aux côtés du Pakistan, a lui aussi essuyé une attaque. L’armée iranienne a revendiqué des tirs sur le territoire qatari, sans préciser les cibles[3]. Les habitants de Doha ont reçu une alerte brève en raison d’une « menace sécuritaire élevée ». Le geste marque un franchissement : frapper un pays qui négocie revient à signaler que Téhéran ne distingue plus les alliés de Washington de ses médiateurs.
Même posture au Koweït : l’armée a déclaré avoir repoussé des « attaques hostiles » de missiles et de drones. À Bahreïn, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti deux fois. Le 18 juillet, de nouvelles explosions ont été entendues sur le territoire bahreïni. L’Iran a prévenu vendredi 17 juillet qu’il entrerait dans « une phase d’offensive totale » si les frappes américaines se poursuivaient au-delà de « deux ou trois jours » supplémentaires.
| Date | Frappes US | Ripostes iraniennes | Pertes iraniennes |
|---|---|---|---|
| 7-8 juillet | Sites près du détroit d’Ormuz | 85 installations (Koweït, Bahreïn) | 8 militaires tués |
| 8-9 juillet | 90 cibles (dépôts, radars) | Centrale électrique (Koweït), base Sakhir (Bahreïn) | 17 morts, 93 blessés |
| 17 juillet | Cibles militaires (non détaillées) | Bahreïn, Koweït, Qatar | Non communiqué |
Source : Le Temps, Noovo Info
Pourquoi le protocole de juin a volé en éclats en trois semaines
« Infrastructures urbaines » visées, accuse Téhéran
L’armée iranienne accuse Washington de frapper des « infrastructures civiles » et non pas seulement des cibles militaires. Un porte-parole, cité par la télévision d’État, a prévenu que « si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l’Iran »[3]. La formule élargit le champ : plus seulement les bases US, mais aussi les installations pétrolières, portuaires, électriques des monarchies du Golfe qui hébergent des troupes américaines.
Le Centcom dément toute frappe contre des cibles civiles et affirme cibler « exclusivement des capacités militaires ». Mais les images diffusées par les médias iraniens montrent de la fumée s’élevant de ports et de sites proches du détroit d’Ormuz, dans la province d’Hormozgan[2]. Impossible de vérifier indépendamment la nature des installations touchées.
Un protocole de juin mort-né
Le 17 juin, après quatre mois de conflit déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, Washington et Téhéran avaient signé un protocole d’accord. Objet : rouvrir le détroit d’Ormuz, par lequel transitent en temps normal 20 % du brut et du gaz liquéfié mondial[4]. Les États-Unis s’engageaient à lever leur blocus naval, l’Iran à ne pas chercher à acquérir ni développer des armes nucléaires. Soixante jours pour transformer ce texte provisoire en accord durable.
Le texte n’a pas tenu trois semaines. Dès le 7 juillet, Washington a accusé Téhéran d’avoir attaqué le navire Ever Lovely, battant pavillon commercial, dans les eaux du détroit. Le Centcom a déclenché des représailles. L’Iran a répondu que l’attaque américaine violait le protocole, et a frappé. Depuis, chaque partie accuse l’autre d’avoir rompu en premier.
Pétrole en hausse, Donald Trump promet une fin « très rapide »
Le cours du brut a bondi dès l’annonce des premières frappes. La perspective d’un blocage prolongé du détroit d’Ormuz alimente la volatilité. Les compagnies maritimes ont suspendu leurs rotations dans la zone. Le prix du GNL a lui aussi grimpé.
Donald Trump a déclaré le 9 juillet que le cessez-le-feu « ne tenait plus », tout en assurant que les affrontements prendraient fin « très rapidement »[4]. Il a laissé la porte ouverte à la poursuite des tractations diplomatiques avec Téhéran, sans préciser de calendrier ni d’interlocuteur. Le Pakistan et le Qatar continuent de proposer leur médiation, mais l’Iran a désormais ciblé le territoire qatari, rendant le rôle de Doha plus délicat.
À Téhéran, des manifestations pro-gouvernementales ont rassemblé des milliers de personnes vendredi 17 juillet. Le message officiel reste celui d’une « résistance » face à « l’agression américaine ». Côté américain, le Pentagone a renforcé sa présence navale dans le Golfe : un porte-avions supplémentaire a rejoint la zone.
Escalade Iran-États-Unis : les étapes du cycle de représailles
- Les États-Unis ont frappé l'Iran sept nuits d'affilée, du 7 au 18 juillet 2026.
- L'Iran a riposté en visant des bases américaines au Koweït, à Bahreïn et au Qatar.
- Le protocole d'accord du 17 juin prévoyait 60 jours pour un accord définitif ; il n'a pas tenu trois semaines.
- Le détroit d'Ormuz, fermé depuis février, voit transiter 20 % du brut et du GNL mondial.
- Bilan iranien du 9 juillet : 17 morts, 93 blessés ; 90 cibles militaires visées par les États-Unis.
- Téhéran menace d'une « offensive totale » si les frappes américaines se poursuivent au-delà de deux à trois jours.
Sources
4 sources · 9 faits vérifiés

