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738 classes en construction à Mayotte : le rattrapage scolaire s’accélère après des années d’attente

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À Mayotte, chaque rentrée ressemble à un casse-tête logistique. Cette année, 119 914 élèves sont attendus dans les écoles, collèges et lycées publics de l’archipel. C’est 5 284 enfants de plus qu’en 2025. Et comme chaque année, la question reste la même : où les mettre ? La réponse du gouvernement vient de tomber : 738 nouvelles salles de classe dans le premier degré, réparties sur 93 opérations déjà engagées. Un chiffre qui impressionne, surtout quand on sait que seules 52 classes avaient été créées entre 2019 et 2024.

L’annonce a été faite par Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, après des échanges avec les maires de l’île et le Premier ministre Sébastien Lecornu. Le programme prévoit 219 classes dès cette année scolaire 2026-2027, puis 308 supplémentaires à la rentrée 2027. Parmi les 93 opérations annoncées, 89 sont déjà en cours. Le reste devrait suivre rapidement.

Pour Geffray, l’objectif est clair : chaque enfant doit pouvoir trouver sa place à l’école de la République. Une phrase qui sonne bien, mais qui dit surtout l’ampleur du retard accumulé sur le territoire le plus jeune de France.

67 904 élèves dans le premier degré, et pas assez de murs

Le premier degré concentre la majorité des effectifs : 67 904 enfants répartis dans 241 écoles maternelles, élémentaires et primaires publiques[2]. C’est 4 138 élèves de plus qu’à la rentrée précédente. Dans le second degré, les 33 collèges et lycées doivent accueillir 52 010 jeunes, soit 1 719 de plus. Au total, l’académie mobilise 7 722 enseignants, dont 271 contractuels recrutés cette année pour tenir le choc.

Mais les postes ne suffisent pas : il faut des salles. Et c’est là que le bât blesse. Dans plusieurs établissements, la rentrée a été marquée par des classes surchargées, des écoles cadenassées par les parents ou des travaux inachevés après le passage du cyclone Chido. À Mamoudzou, certains directeurs jonglent avec les effectifs, dédoublent les classes pour faire face au manque de locaux. La rectrice Valérie Debuchy et le préfet ont reconnu que toutes les écoles ne disposent pas encore de capacités d’accueil suffisantes[4].

3 600 places en collège, 6 400 au lycée d’ici 2030

Le plan ne s’arrête pas au primaire. Dans le second degré, le gouvernement prévoit 3 600 places supplémentaires en collège et 6 400 au lycée d’ici 2030. Deux établissements très attendus, le collège de Vahibé et le lycée des métiers du bâtiment à Longoni, ne sont toujours pas prêts[2]. Leur ouverture aurait permis de soulager les autres structures, déjà saturées.

Pour tenir les délais, le rectorat mise sur des modèles de construction reproductibles, déployables sur l’ensemble du territoire. Les communes pourront aussi déléguer la maîtrise d’ouvrage à l’établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte, une structure créée après le cyclone pour accélérer les chantiers.

Chaque opération pourra être suivie à travers plusieurs étapes : maîtrise du foncier, premières avances financières, marchés publics, lancement des travaux, puis construction. Un dispositif de suivi censé garantir la transparence, et surtout éviter les retards qui ont plombé les rentrées précédentes.

Un rattrapage nécessaire, mais insuffisant

Le chiffre de 738 classes marque une rupture. Comparé aux 52 classes créées en cinq ans, l’effort est réel. Mais il arrive après des années d’attente, dans un territoire où la démographie scolaire explose. À Mayotte, près de 30 000 élèves empruntent les transports scolaires chaque jour[3]. Les bouchons s’aggravent à chaque rentrée, notamment à Mamoudzou avec le démarrage de la phase 2 du Caribus à Kawéni.

L’académie compte aujourd’hui 274 écoles et établissements publics. Mais la dépendance aux enseignants contractuels reste massive : ils représentent 1 083 postes sur 3 966 dans le premier degré, et deviennent majoritaires dans le second degré avec 2 005 contractuels pour 1 751 titulaires[3]. Un taux qui interroge sur la pérennité du système, surtout dans un territoire où les conditions d’exercice restent difficiles.

Le plan annoncé par Geffray est un signal. Reste à savoir si les délais seront tenus, si les chantiers avanceront au rythme promis, et si les élèves mahorais pourront enfin tous entrer dans une salle de classe à la rentrée prochaine.

Ahmed Soilihi
Ahmed Soilihi
Ahmed Soilihi, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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