L’agence maritime britannique UKMTO a signalé mercredi plusieurs navires en feu dans la région du Golfe, après l’annonce par l’Iran de frappes sur une vingtaine de bateaux dans le détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz connaît une escalade rapide. Ce mercredi 9 septembre, l’agence britannique UKMTO a confirmé que plusieurs navires étaient la proie des flammes dans le Golfe. L’information intervient quelques heures après que Téhéran a annoncé avoir pris pour cible une vingtaine de bateaux tentant d’emprunter ce passage stratégique.
Les incendies se sont déclenchés « dans le cadre des opérations militaires en cours dans la région », précise l’agence britannique. Pour l’heure, aucun bilan humain n’a pu être établi. L’UKMTO n’a pas fourni de détails sur le nombre exact de navires touchés ni sur leur pavillon.
Une série d’incidents depuis le début de l’année
Cette journée s’inscrit dans une série d’incidents qui jalonnent l’année 2026 dans le Golfe. Le 11 mars, un porte-conteneurs, un cargo et un vraquier avaient été tour à tour frappés par des « projectiles inconnus », toujours selon l’UKMTO[1]. Quelques jours plus tôt, le 5 mars, l’Iran avait revendiqué avoir touché un pétrolier américain, le navire ayant pris feu d’après les Gardiens de la Révolution[2].
Fin août, un autre bâtiment traversant le détroit avait été atteint par un projectile non identifié, provoquant un incendie à bord[4]. Ces attaques ponctuent un conflit qui a déjà entraîné le blocage de quelque 1 500 navires et leurs équipages dans le Golfe, bloqués par le blocus imposé par l’Iran dans le détroit d’Ormuz depuis mai[3].
Le détroit d’Ormuz, point de pression permanent

Le détroit d’Ormuz demeure un goulet stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures. Large de quelques dizaines de kilomètres à son point le plus étroit, il voit transiter une part majeure du pétrole brut exporté par voie maritime depuis le Golfe Persique. Toute fermeture, même partielle, déclenche immédiatement des tensions sur les prix de l’énergie et mobilise les chancelleries.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran a plusieurs fois fait du détroit un levier de pression, notamment face aux États-Unis et à Israël. Les annonces d’interceptions de navires, les exercices militaires et les tirs de missiles visent à démontrer la capacité de l’Iran à paralyser la route pétrolière en cas d’escalade.
Pourquoi le détroit d'Ormuz cristallise les tensions
Un incident signalé dans l’océan Indien
Le même jour, l’UKMTO a également rapporté un incident impliquant un pétrolier et des forces militaires dans l’océan Indien, sans préciser ni la nature de l’événement ni l’identité des forces en question[5]. L’agence a simplement indiqué que les autorités étaient informées et qu’une enquête était en cours. Elle a conseillé aux navires de rester attentifs à l’évolution de l’environnement opérationnel.
L’océan Indien est relié au Golfe d’Oman, lui-même connecté au détroit d’Ormuz. Les tensions récentes entre Washington et Téhéran ont souvent débordé de cette zone, mais rien n’indique pour l’instant de lien direct entre l’incident de l’océan Indien et les frappes annoncées par l’Iran dans le détroit.
Une situation qui se dégrade en pleine guerre régionale

Les opérations de ce mercredi surviennent alors que la guerre au Moyen-Orient n’a toujours pas trouvé d’issue diplomatique. Les États-Unis, Israël et l’Iran s’affrontent par belligérants interposés depuis plusieurs mois, et le Golfe constitue l’un des théâtres où cette confrontation se matérialise de la manière la plus visible.
Le blocage de 1 500 navires rapporté en mai avait déjà créé un embouteillage sans précédent, avec des équipages immobilisés pendant des semaines. Les armateurs et les assureurs maritimes avaient alors fait part de leur inquiétude face à l’impossibilité de prévoir les conditions de passage. Plusieurs compagnies avaient suspendu leurs escales dans la région ou détourné leurs routes, au prix de rallongements de plusieurs jours et de coûts supplémentaires.
Pas de bilan, enquêtes en cours
Pour l’instant, ni l’UKMTO ni les autorités iraniennes n’ont communiqué de détails sur d’éventuelles victimes parmi les équipages des navires en feu. Les enquêtes sont en cours, mais la zone reste difficile d’accès pour les observateurs indépendants. Les organisations maritimes internationales appellent à la protection des civils en mer et rappellent que tout navire marchand doit pouvoir circuler librement, conformément au droit international.
L’évolution de la situation dans les prochaines heures déterminera si l’incident de ce mercredi reste un épisode isolé ou marque une nouvelle phase dans la stratégie iranienne de contrôle du détroit d’Ormuz.
Détroit d'Ormuz : les incidents maritimes de 2026
- L'Iran annonce avoir ciblé une vingtaine de navires dans le détroit d'Ormuz le 9 septembre 2026
- L'agence maritime britannique UKMTO signale plusieurs navires en feu dans le Golfe
- En mars 2026, trois navires avaient été touchés par des projectiles inconnus
- Un pétrolier américain avait été frappé par l'Iran en mars, provoquant un incendie à bord
- Quelque 1 500 navires restent piégés dans le Golfe depuis mai 2026 à cause du blocus iranien
- L'UKMTO rapporte un incident impliquant un pétrolier et des forces militaires dans l'océan Indien le même jour
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés

