Cinq ultra-cyclistes ont bouclé la GT20, traversée de 600 km reliant Bastia à Bonifacio, en 35 heures et 32 minutes : c’est le premier record sur cet itinéraire.
Partir de Bastia un vendredi soir, pédaler toute la nuit, enchaîner une journée sous le cagnard corse, rouler encore jusqu’à l’aube du dimanche et débouler à Bonifacio après 600 kilomètres : fin septembre, Axel Carion et quatre coéquipiers ont posé le premier temps de référence sur la GT20. L’itinéraire serpente à travers le Cap Corse, la Balagne, le col de Vergio (35 km de montée à 4,5 % de moyenne, altitude 1 470 m), puis le parc naturel régional. Il n’avait jamais été parcouru d’une traite à cette vitesse.
Le départ a été donné à 20 heures. Axel Carion (créateur du Biking Man, championnat d’ultracyclisme qui compte d’ailleurs une manche en Corse), Anthony Duriani (Bastiais), Romain Level, Xavier Massart et Fabian Burri ont rallié le port de Bonifacio le dimanche 6 à 7h32. La lune était presque pleine, elle se réfléchissait sur la mer. Mais après 140 km, un grain de sable : le dérailleur arrière de Burri refuse de fonctionner. Impossible de le réparer sur le bord de la route. Le Suisse a dû rouler sur un pignon unique (28 dents), sans autre choix que de basculer entre ses deux plateaux. Selon les données Strava d’Axel Carion, le temps roulé (hors arrêts) a atteint 28 heures et 35 minutes ; Fabian Burri a pédalé 1h30 de plus, seul sur son braquet. Personne n’a lâché personne.
Deux nuits sans sommeil, hallucinations comprises
Persévérer a coûté cher. Le tableau de marche a sauté : deux nuits blanches consécutives, les routes corses étroites, des cailloux, parfois un cochon sauvage dans le faisceau des phares. L’état second est arrivé vers la fin : entre veille et sommeil, le cerveau fabrique des images. Axel Carion se souvient d’un coupe-vent orange porté par un coéquipier au lever du soleil, qu’il a pris pour autre chose. Le plus lucide de la troupe fait office d’ange gardien, prévient les dérapages. Après plus de 35 heures d’effort, le port de Bonifacio a-t-il gagné en majesté ? La réponse tient peut-être dans la Pietra qu’ils ont levée à l’arrivée[1].
La GT20 a été conçue pour dérouler l’intérieur de l’île de Beauté sur sept à douze jours. L’Agence du Tourisme de la Corse la présente ainsi : une grande traversée Nord-Sud, festin pour les yeux, avec ses villages accrochés, ses cinquante nuances de rouge dans la roche, les scintillements de la mer en contrebas. Le balisage est en cours, l’itinéraire est destiné à tout public. Mais en matière de cyclisme, il y a les gourmets et les ogres. Carion estime que le temps peut descendre sous les 30 heures. D’autres se présenteront.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Distance | 600 km |
| Temps total | 35h 32 min (arrêts compris) |
| Temps roulé (Axel Carion) | 28h 35 min |
| Dénivelé positif estimé | Plus de 9 500 m |
| Point culminant (col de Vergio) | 1 470 m |
| Nombre de cyclistes | 5 |
Source : L’Équipe
Pierre Rolland a lui aussi tenté sa chance
Quelques mois plus tard, un autre nom s’est attaqué à la GT20. Pierre Rolland, ancien professionnel reconnu pour ses qualités de grimpeur, a tenté de battre le record. Ambassadeur de la marque Meltonic, il a parcouru l’île dans une optique différente : l’ultra-endurance n’est pas seulement une question de condition physique. La gestion de l’effort, l’alimentation, l’hydratation et la concentration sur de longues heures jouent un rôle déterminant[2]. Le résultat de sa tentative n’a pas été officiellement communiqué dans le détail, mais selon une publication Instagram, Thibaut Clément détenait un temps de référence de 23h38 avant que Rolland ne s’élance[4]. Si ce chrono a été battu ou confirmé, aucune source précise ne permet de l’établir à ce stade.
L’itinéraire reste ce qu’il est : l’un des plus difficiles de France, avec un dénivelé supérieur à 9 500 mètres, des changements de rythme permanents, des descentes techniques et des montées qui s’enchaînent sans relâche. La GT20 plonge les cyclistes dans l’intérieur de l’île, loin des routes côtières accessibles. Elle traverse des cols mythiques, des villages authentiques et offre des panoramas qui font payer chaque mètre de goudron arraché. En mai, une épreuve cycliste organisée sur cet itinéraire, la Corsica Cyclo GT20, a déroulé cinq étapes entre Bastia et Carbini, dont 230 km chronométrés[3].
Pourquoi la GT20 attire les ultra-cyclistes
La Corse s’ouvre au cyclotourisme d’endurance
Le vélo est partout. Il porte au travail, il emporte en vacances. Les entreprises encouragent leurs collaborateurs à pédaler, les professionnels du tourisme multiplient les aménagements pour désaisonnaliser l’offre. La GT20 s’inscrit dans ce mouvement : l’Agence du Tourisme de la Corse la présente comme l’équivalent cycliste du GR20, mais sur deux roues. Un parcours de près de 600 kilomètres qui relie le Cap Corse à Bonifacio en traversant le parc naturel régional, en passant par le col de Vergio après 35 kilomètres d’ascension à 4,5 % de moyenne, altitude 1 470 mètres.
L’itinéraire a été conçu pour être parcouru en sept à douze jours, mais les ultra-cyclistes en ont décidé autrement. Le record d’Axel Carion et de son équipe, établi en septembre, montre que la GT20 peut se transformer en défi sportif pur. Carion estime qu’un temps de 30 heures est jouable. D’autres suivront, avec ou sans avarie de dérailleur, avec ou sans nuits blanches. En attendant, le premier chrono est là, posé sur les routes corses comme un appel à témoins.
GT20 en chiffres : la traversée cycliste de la Corse
- 600 km de routes sinueuses entre Bastia et Bonifacio
- Premier record établi en 35h32 par cinq ultra-cyclistes en septembre
- 1 470 m d’altitude au col de Vergio après 35 km d’ascension
- Plus de 9 500 m de dénivelé positif cumulé sur l’ensemble du parcours
- Itinéraire soutenu par l’Agence du Tourisme de la Corse
Pourquoi la GT20 attire les ultra-cyclistes
Un itinéraire exigeant et spectaculaire
La GT20 traverse l’intérieur de l’île sur 600 km, avec un dénivelé de plus de 9 500 m. Routes étroites, cols mythiques, panoramas à couper le souffle : un défi à la hauteur des ambitions des ultra-cyclistes.
Un premier record en 35h32
Axel Carion et ses coéquipiers ont posé le premier temps de référence en septembre, malgré une avarie technique qui a coûté 1h30 à l’un d’eux. Le record pourrait descendre sous les 30 heures selon Carion.
Avaries mécaniques et solidarité
Après 140 km, le dérailleur arrière de Fabian Burri a lâché. Il a roulé 1h30 de plus sur un pignon unique. Personne n’a abandonné : l’équipe a ralenti le rythme et terminé ensemble.
Deux nuits blanches et hallucinations
L’avarie a bouleversé le tableau de marche. Les cyclistes ont enchaîné deux nuits sans sommeil, avec les conséquences classiques de l’ultra-endurance : état second, hallucinations, vigilance amoindrie.
Un outil de désaisonnalisation touristique
Portée par l’Agence du Tourisme de la Corse, la GT20 vise à diversifier l’offre touristique. Elle attire cyclotouristes et ultra-cyclistes hors saison estivale, sur un parcours conçu pour sept à douze jours.
GT20 : les chiffres du premier record corse
- 600 km de routes sinueuses entre Bastia et Bonifacio
- Premier record établi en 35h32 par cinq ultra-cyclistes en septembre
- 1 470 m d'altitude au col de Vergio après 35 km d'ascension
- Plus de 9 500 m de dénivelé positif cumulé sur l'ensemble du parcours
- Itinéraire soutenu par l'Agence du Tourisme de la Corse
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
