Lundi 20 juillet, les sapeurs-pompiers finistériens n’ont pas eu une minute. Neuf feux de végétation dans le département, en une seule journée. Le thermomètre monte, la terre craque, et la Bretagne, qui croyait ces histoires réservées au Sud, compte désormais ses hectares brûlés.
Le plus violent a éclaté à Névez, près de Concarneau, vers 15 heures, dans le bourg de Kercanic. Vingt-huit hectares sont partis en fumée. Dix maisons ont été évacuées. Les flammes ont épargné trente habitations grâce à l’intervention de 129 sapeurs-pompiers du SDIS 29, épaulés par un agriculteur venu avec son tracteur et ses cuves d’eau. Seuls un cabanon et un garage ont été détruits. Personne n’a été blessé. Ce mardi matin, le feu reste sous surveillance.
À Plomodiern, vers 17 heures, un autre départ a consumé dix hectares de chaumes. Il a fallu 46 soldats du feu, renforcés par les marins-pompiers de l’ÃŽle Longue, pour en venir à bout. Le feu est maîtrisé, mais la vigilance demeure.
Une nuit sous tension en Ille-et-Vilaine
Au sud de l’Ille-et-Vilaine, sur les communes de Langon et Renac, l’alerte a été donnée lundi soir[1]. Un feu de champs, puis un début de propagation à la lisière d’une forêt de feuillus et de résineux. Soixante-dix sapeurs-pompiers et une vingtaine de véhicules ont été engagés. Plusieurs heures de lutte avant de maîtriser l’incendie, peu après minuit. Ce matin, de nombreux points chauds persistent en sous-bois. Une opération de noyage de longue durée a été menée toute la nuit.
La Bretagne n’est plus épargnée. Température élevée, sécheresse, végétation sèche : les conditions sont réunies pour transformer un mégot, un outil, un simple frottement en incendie. Le colonel Éric Duverger, directeur du SDIS 29, le rappelait fin juin lors d’un feu au Ménez Hom qui avait ravagé une trentaine d’hectares : « Avec la hausse des températures tout au long de la journée, les points chauds pourraient provoquer de nouvelles reprises de feu. Le vent attendu en fin de journée risque également d’attiser les flammes. »[1]
La Bretagne est désormais qualifiée de « nouveau territoire du feu »[2]. Le réchauffement climatique, les choix d’aménagement du territoire, les pratiques agricoles : tout pousse la région vers ce qu’elle n’avait jamais connu. Les pompiers bretons, eux, s’adaptent. Ils reçoivent des renforts des Côtes-d’Armor, du Morbihan, de Brest, de l’ÃŽle Longue. Les agriculteurs prêtent main-forte. Les hélicoptères bombardiers d’eau sont engagés.
Mais la question demeure : comment prévenir ce qui, jusqu’à récemment, n’était qu’un risque méridional ? Comment protéger des espaces habités, des forêts de résineux, des champs secs, quand le climat lui-même change la donne ? La Bretagne apprend, en temps réel, à vivre avec le feu.
Sources
2 sources · 3 faits vérifiés

