Le 30 juillet 2026, sur les pistes de Marignane, Airbus Helicopters a remis à la Direction générale de l’armement le premier NH90 Standard 2. Derrière l’appellation technique se cache un appareil pensé pour un métier précis : porter les forces spéciales là où l’on ne veut pas être vu, de nuit, dans la poussière ou la neige, et les en ramener.
C’est le point de départ d’une série de dix-huit machines, toutes destinées au 4e Régiment d’hélicoptères des forces spéciales, basé à Pau. La dernière livraison est attendue au printemps 2029. La DGA a transmis ce premier exemplaire à l’Aviation légère de l’armée de Terre le jour même de sa réception.
Le calendrier tient, ce qui, pour un programme multinational aussi complexe que le NH90, mérite d’être noté. Le prototype avait entamé ses essais en vol en juin 2024, et la DGA a bouclé une première campagne d’évaluation opérationnelle début 2026. Une seconde manche, portant sur le crochet cargo amélioré et le désignateur laser, était programmée pour juillet 2026.
Ce que le Standard 2 change dans le cockpit et sous le fuselage
La signature de cette variante, c’est la boule électro-optique Euroflir 410 de Safran Electronics & Defense[4], avec ses modes infrarouges et son ensemble de poursuite et de désignation laser. Autour, un nouveau générateur de carte numérique, une place pour un troisième membre d’équipage, et des fenêtres arrière coulissantes élargies pour installer des armes d’autoprotection.
Le fuselage a été préparé pour recevoir le futur système à ouverture répartie Eurofl’eye, un maillage de caméras multispectrales disposées autour de l’appareil qui offre une visibilité à 360 degrés, de jour comme de nuit, par tous les temps. Le casque numérique TopOwl de Thales complète l’ensemble : il projette directement sur la visière du pilote les images du senseur et du système de vision, tout en assistant la désignation d’objectif.
Côté pilotage, le Standard 2 embarque des commandes de vol électriques entièrement numériques, une capacité de vol à un seul pilote, un système de dégivrage et un diagnostic automatisé des pannes et de la maintenance. Autant d’éléments qui allègent la charge de l’équipage quand la mission, elle, ne s’allège jamais.
Une filière française du moteur à la carte radio
L’appareil est le fruit d’une chaîne industrielle bien française. L’assemblage final se fait à Marignane. Safran Helicopter Engines produit les moteurs à Bordes, Safran Electronics & Defense l’Euroflir 410 à Dijon, et l’atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu fournit le kit radio et assure la maintenance[1]. Le développement du Standard 2 avait été commandé en 2020 pour le compte de la France via l’Agence de gestion OTAN pour les hélicoptères, la NAHEMA, et confié à NHIndustries, consortium réunissant Airbus Helicopters, Leonardo et Fokker.
Ces dix-huit NH90 doivent remplacer les H225M Caracal et les H215M Cougar. Un renouvellement qui donne aux forces spéciales une plateforme moderne, taillée pour leurs interventions sur tous les théâtres.
La France n’est plus seule sur cette version
En décembre 2025, un second client a rejoint le programme en commandant 31 NH90 dans une configuration proche, au sein d’un ensemble national de cent hélicoptères[2]. De quoi mutualiser les développements, notamment ceux qui améliorent la conscience de la situation pour l’équipage. Matthieu Louvot, patron d’Airbus Helicopters, y voit le signe que ce standard est “en passe de devenir la référence pour les forces spéciales à travers le monde”[3].
Plus loin dans le temps, la NAHEMA et NHIndustries ont lancé en avril 2026 une étude d’architecture de deux ans en vue d’une modernisation à mi-vie, le NH90 Block 2, pensée pour l’environnement d’après 2040. Le NH90 n’a donc pas fini de servir, et la version qui vient d’entrer chez les forces spéciales françaises pourrait bien devenir un étalon exporté.
Sources
4 sources · 4 faits vérifiés

