ActualitésVenturi Space investit 250 millions d'euros à Toulouse pour recréer un sol...

Venturi Space investit 250 millions d’euros à Toulouse pour recréer un sol lunaire grandeur nature

Date:

Venturi Space France va construire un centre spatial de 16 000 m² à Toulouse avec 250 millions d’euros investis, pour y recréer les conditions de surface de la Lune.

Le premier coup de pioche est imminent. À quelques semaines du démarrage du chantier, Venturi Space France a officialisé le projet depuis le Salon rouge du Capitole le 23 juin 2026, en présence du maire Jean-Luc Moudenc. L’ambition : bâtir dans le quartier de Montaudran, sur le campus Toulouse Aerospace, un pôle de technologie spatiale sans équivalent en France.

À l’intérieur de ce bâtiment de 16 000 m², l’entreprise reproduira les conditions réelles de la surface lunaire : un simulacre de régolithe élaboré à partir de grains et de roches volcaniques dérivés du basalte, et un système de suspension mécanique qui ramènera la pesanteur à un sixième de celle de la Terre. C’est là que Venturi testera et assemblera ses rovers et astromobiles avant de les expédier vers la Lune ou Mars.

En chiffres
250 M€
investissement de Venturi Space à Toulouse
pour un bâtiment de 16 000 m²
1/6
de la gravité terrestre
reproduite par le système de suspension du simulateur lunaire
900 t
de régolithe volcanique simulé
dans l'installation Luna de Cologne, modèle du projet toulousain
2028
première mission habitée NASA
avec l'astromobile CLV-1 de Venturi Astrolab

Luna de Cologne, le modèle que Toulouse va dépasser

Le précédent de référence existe déjà : l’installation Luna, à Cologne, a nécessité quelque 900 tonnes de matériaux volcaniques transformés en simulant de régolithe.[1] Venturi s’en inspire directement pour concevoir sa propre infrastructure toulousaine. La différence : ce centre sera aussi le site d’assemblage final des véhicules de l’entreprise, pas uniquement un banc d’essai.

Xavier Chevrin, directeur général de Venturi Space France, promet une mise en service « d’ici un ou deux ans ». Le bâtiment sera dédié à la conception de technologies pour l’exploration de la Lune et de Mars, ainsi qu’à la production des astromobiles commercialisés par le groupe.[4]

250 millions d’euros et un calendrier de production serré

Immense base de test souterraine avec reproduction fidèle du terrain lunaire
Immense base de test souterraine avec reproduction fidèle du terrain lunaire
Venturi Space France à Toulouse : les données clés du projet
Indicateur Valeur
Investissement total 250 millions d’euros
Surface du bâtiment 16 000 m²
Localisation Campus Toulouse Aerospace, Montaudran
Mise en service prévue Dans un à deux ans
Présence à Toulouse depuis Début 2024

Source : Actu.fr

L’enveloppe de 250 millions d’euros place ce projet parmi les investissements privés les plus lourds jamais engagés dans la filière spatiale française hors grands donneurs d’ordre institutionnels. Pour Venturi, l’enjeu est industriel autant que symbolique : la société, installée à Toulouse depuis début 2024 seulement, change de dimension en moins de trois ans.

Pourquoi le pari industriel de Venturi change la filière spatiale française

250 M€ d'investissement privé
Un engagement financier rare dans la filière spatiale française hors institutionnels, qui positionne Toulouse comme hub industriel des rovers planétaires.
Souveraineté européenne sur les rovers
Avec Mona Luna, Venturi propose la première alternative 100 % européenne aux véhicules lunaires américains, au moment où la course à la Lune s'accélère.
Contrat NASA à horizon 2028
La sélection du CLV-1 par la NASA impose un calendrier industriel serré : le centre toulousain doit être opérationnel avant les premières missions habitées.
Montaudran, nouveau pôle d'assemblage spatial
Le campus Toulouse Aerospace accueille un maillon inédit entre R&D et production, dans un écosystème aéronautique déjà dense.
Effet d'entraînement sur la filière locale
Gildo Pastor vise explicitement l'entraînement de toute une filière autour du projet, au-delà de la seule implantation de Venturi.

Mona Luna, CLV-1 : deux programmes qui justifient l’infrastructure

Derrière cet investissement, deux paris concrets. Le rover Mona Luna, 100 % européen, a été présenté en juin 2025. Il incarne la volonté de Venturi de proposer une alternative au matériel américain sur le segment des véhicules lunaires.

L’autre atout, plus immédiat : la NASA a sélectionné l’astromobile CLV-1 de Venturi Astrolab pour transporter ses astronautes à la surface de la Lune à partir de 2028.[4] Ce contrat américain oblige l’entreprise à monter en cadence rapidement. Un centre d’assemblage et d’essai en conditions réelles n’est plus une option, c’est une condition de livraison.

Gildo Pastor, président de Venturi Space, résume la logique : « J’ai toujours cru que la mobilité serait l’une des clés de l’exploration spatiale. Nous avons les technologies, l’expérience, les partenaires et, prochainement, l’outil industriel pour aller plus loin. Je veux que ce projet réussisse, qu’il entraîne toute une filière et qu’il fasse vibrer Toulouse. »

Toulouse, pivot d’une filière qui se structure autour des rovers

Immense base de test souterraine avec reproduction fidèle du terrain lunaire
Immense base de test souterraine avec reproduction fidèle du terrain lunaire

Le choix de Montaudran n’est pas neutre. Le campus Toulouse Aerospace regroupe déjà une constellation d’acteurs de la défense et du spatial. L’arrivée d’un centre dédié aux véhicules d’exploration planétaire crée un nouveau maillon dans cette chaîne, entre la recherche amont et la production industrielle.

Venturi opère par ailleurs des antennes en Suisse et à Monaco, mais c’est Toulouse qui concentre désormais la brique industrielle du groupe. La filière aéronautique et spatiale française, dont le chiffre d’affaires a dépassé 85 milliards d’euros en 2025, dispose avec ce projet d’un nouveau segment à forte valeur ajoutée, orienté vers les marchés américain et européen de l’exploration robotique.

Le chantier démarre dans les prochaines semaines. D’ici 2028, les premiers astronautes de la NASA devront fouler la Lune à bord d’un engin assemblé à Toulouse.

Venturi Space Toulouse : les chiffres du projet lunaire

  • Le bâtiment de 16 000 m² sera construit à Montaudran, sur le campus Toulouse Aerospace.
  • 250 millions d'euros seront investis ; la mise en service est attendue dans un à deux ans.
  • Le régolithe lunaire sera simulé à partir de roches volcaniques basaltiques, comme à Cologne.
  • Un système de suspension reproduira la gravité lunaire, soit un sixième de celle de la Terre.
  • La NASA a sélectionné l'astromobile CLV-1 de Venturi pour transporter ses astronautes sur la Lune à partir de 2028.
  • Le rover Mona Luna, 100 % européen, a été présenté en juin 2025.
Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine couvre l'économie et la vie des entreprises. Résultats, investissements, emploi, Choose France : il remet les chiffres en perspective et distingue la communication du fait économique. Du CAC 40 à la PME, il cherche l'info derrière le communiqué.

Sur le même sujet

Justine Dupont conserve Nazaré, 20 mètres de houle et 10 millions d’euros investis dans l’hôtel des surfeurs

Justine Dupont a remporté le Nazaré Big Wave Challenge 2025 en décembre, conservant son titre face à des...

Pays de la Loire : Morançais assume ses coupes de 0,8 % dans la culture, un rapport minimise le choc vécu par les structures

Un rapport d'évaluation publié mi-juin 2026 chiffre à 0,8 % la baisse nette du financement public culturel régional...

Quest for Change : le réseau grand-est lève 78,2 M€ en 2025 et change l’échelle de ses startups

Le réseau d'incubateurs Quest for Change affiche un record : 78,2 millions d'euros levés par ses startups en...

À Mayotte, l’usine de dessalement d’Ironi Bé vise 10 000 m³ par jour et cristallise les craintes sur le lagon

Le chantier de la deuxième usine de dessalement de Mayotte, à Ironi Bé, cristallise une tension entre urgence...