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Électricité : la France veut accélérer les usages d’ici 2035, mais transports et industrie restent très fossiles

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La France dispose d’une électricité largement décarbonée, mais remplacer pétrole et gaz dans les usages reste le principal défi. Les données officielles de 2025 montrent notamment que les produits pétroliers fournissent encore 89,2 % de l’énergie consommée par les transports.

Un rapport publié le 22 septembre 2026 par l’Agence internationale de l’énergie estime que l’électricité pourrait représenter 35 % de la consommation finale mondiale d’énergie en 2035 dans son scénario de forte électrification. Il s’agit d’un scénario international, pas d’un nouvel objectif applicable aux Français. En France, la trajectoire à retenir est celle de la Programmation pluriannuelle de l’énergie 2026-2035 (PPE 3), adoptée par décret et en vigueur depuis le 14 février 2026.

En 30 secondes
  • L'électricité ne représente que 27 % de l'énergie finale en France, contre 38 % pour le pétrole.
  • Les transports restent très fossiles : 89,2 % de pétrole contre seulement 2,8 % d'électricité en 2025.
  • La PPE 3 prévoit une hausse de 40 % de la consommation électrique entre 2023 et 2035.

En France, l’électricité ne représente encore que 27 % de l’énergie finale

Les derniers Chiffres clés de l’énergie publiés par le SDES donnent une photographie précise de la situation. En 2025, la consommation finale à usage énergétique atteint 1 495 TWh en données réelles. Dans le bouquet énergétique final, le pétrole représente 38 %, l’électricité 27 %, le gaz naturel 18 %, les énergies renouvelables thermiques et déchets 14 %, la chaleur commercialisée 3 % et le charbon moins de 1 %.

La difficulté varie fortement selon les usages. Dans les transports, qui ont consommé 513 TWh en 2025, l’électricité ne représente que 2,8 % de la consommation énergétique, contre 89,2 % pour les produits pétroliers. C’est donc dans ce secteur que le remplacement des énergies fossiles suppose l’un des changements les plus importants.

L’industrie est déjà beaucoup plus électrifiée : en 2025, l’électricité représente 37 % de son bouquet énergétique, quasiment autant que le gaz naturel, à 36 %. Dans le résidentiel, l’électricité arrive également en tête avec 34 % de la consommation énergétique, devant les énergies renouvelables, à 30 %, et le gaz, à 24 %. Ces données portent sur la consommation finale énergétique et ne doivent pas être confondues avec la seule production d’électricité.

les produits pétroliers fournissent encore 89,2 % de l'énergie consommée par les transports

La PPE 3 prévoit une hausse de 40 % de la consommation électrique entre 2023 et 2035

Rangée de compteurs électriques industriels pour la mesure de la consommation
La consommation d'électricité devrait augmenter significativement dans les secteurs industriels et des transports d'ici 2035. — Photo : Connor Scott McManus / Pexels

La stratégie française est désormais arrêtée. La PPE 3 prévoit d’associer sobriété, efficacité énergétique et électrification des usages. Le Gouvernement retient une hausse de 40 % de la consommation d’électricité entre 2023 et 2035, parallèlement à une division par deux de la part des énergies fossiles dans le mix énergétique sur cette période.

Le document cible notamment l’industrie, la mobilité et la production de chaleur. Le Gouvernement a complété cette programmation en avril 2026 par un plan d’électrification comprenant 22 mesures. Cette politique ne signifie toutefois pas que tous les équipements fonctionnant au gaz ou au pétrole doivent immédiatement être remplacés : les objectifs de la PPE organisent une trajectoire nationale et les mesures applicables dépendent de chaque secteur.

Le problème français est aussi de faire progresser une demande d’électricité restée faible

La situation présente une particularité : la consommation électrique n’a pas encore suivi la trajectoire d’électrification envisagée. Selon le SDES, la consommation finale d’électricité corrigée des variations climatiques s’est établie à 411 TWh en 2025, soit seulement 1 % de plus qu’en 2024 et près de 6 % de moins qu’en 2019.

RTE constate également ce décalage : à court terme, la consommation électrique reste stable alors que la production bas carbone progresse. Son Bilan prévisionnel 2025-2035 considère donc la concrétisation des projets d’électrification et de décarbonation comme une priorité.

Cette évolution explique aussi pourquoi la PPE 3 prévoit d’adapter certains développements de production à la demande réelle. Le décret du 12 février 2026 impose notamment au Gouvernement de publier avant la fin de 2026 un rapport sur l’évolution de la consommation électrique, des moyens de production décarbonés et des flexibilités.

Pas de promesse générale de baisse de facture pour les ménages

Un couple consulte ses factures à la table de la cuisine.
Les ménages restent préoccupés par l'évolution de leurs dépenses énergétiques malgré les objectifs gouvernementaux. — Photo : Mikhail Nilov / Pexels

L’électrification peut améliorer fortement l’efficacité énergétique : une pompe à chaleur fournit par exemple davantage de chaleur utile qu’elle ne consomme d’électricité, tandis qu’un moteur électrique transforme une part bien plus importante de son énergie en mouvement qu’un moteur thermique. Mais cela ne suffit pas pour garantir qu’un changement d’équipement soit financièrement avantageux dans chaque foyer.

Le résultat dépend du prix de l’équipement et de son installation, du prix des différentes énergies, du logement, de son isolation et, pour une voiture, du kilométrage et des conditions de recharge. Les comparaisons mondiales de coûts publiées par l’Agence internationale de l’énergie ne doivent donc pas être transformées en économies garanties pour un ménage français.

À retenir : l’électrification n’est plus seulement une hypothèse pour la France : elle figure dans la PPE 3 en vigueur. Mais les données 2025 montrent l’ampleur du chemin restant à parcourir, surtout dans les transports. Pour un particulier, cette stratégie nationale ne crée pas à elle seule une obligation de remplacer sa voiture ou son chauffage ; les règles, aides et coûts doivent être vérifiés selon l’équipement concerné.

Questions fréquentes

Pourquoi la consommation d'électricité n'augmente-t-elle pas comme prévu ?

Selon le SDES, la consommation finale d’électricité corrigée des variations climatiques s’est établie à 411 TWh en 2025, soit seulement 1 % de plus qu’en 2024 et près de 6 % de moins qu’en 2019. RTE constate que la consommation électrique reste stable alors que la production bas carbone progresse, ce qui rend la concrétisation des projets d’électrification une priorité.

Quel secteur est déjà le plus électrifié en France ?

L’industrie est déjà beaucoup plus électrifiée : en 2025, l’électricité représente 37 % de son bouquet énergétique, quasiment autant que le gaz naturel à 36 %. Le secteur résidentiel suit avec 34 % d’électricité dans sa consommation énergétique.

L'électrification garantit-elle une baisse des factures pour les ménages ?

Non, il n’existe pas de promesse générale de baisse de facture. Bien que l’électrification améliore l’efficacité énergétique, le résultat financier pour chaque foyer dépend du prix de l’équipement, de son installation et d’autres facteurs non détaillés dans le document.

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Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier décrypte les aides et les droits des Français. CAF, retraite, chômage, chèque énergie, MaPrimeRénov', bourses ou aides locales : il s'attache à dire clairement qui peut en bénéficier, pour quel montant, jusqu'à quand et comment faire la démarche, étape par étape. Attaché aux chiffres officiels et aux sources françaises, il écrit pour que chacun sache exactement à quoi il a droit — et n'y renonce pas faute d'information.