Environ 175 000 salariés se sont mobilisés sur quelque 280 sites en Allemagne pour dénoncer les suppressions d’emplois et les économies annoncées dans l’industrie automobile. Constructeurs et équipementiers affrontent simultanément la concurrence asiatique, le ralentissement du marché et le coût de la transition vers la voiture électrique.
Cette journée d’action révèle une inquiétude qui dépasse largement les frontières allemandes. Les décisions prises par Volkswagen, Mercedes-Benz, BMW ou Bosch peuvent également toucher leurs fournisseurs et leurs activités dans le reste de l’Europe.
- 175 000 salariés allemands mobilisés contre les suppressions d'emplois annoncées par les constructeurs automobiles.
- Mercedes-Benz envisage de fermer une usine d'assemblage et un site de moteurs faute de réductions de coûts.
- L'industrie automobile allemande cumule concurrence chinoise, sous-utilisation des capacités et coûts de transition électrique élevés.
Une mobilisation dans les grands bastions automobiles
À l’appel du syndicat IG Metall, les salariés ont participé à des rassemblements, des assemblées dans les entreprises et des manifestations organisées dans tout le pays. Des actions ont notamment concerné les principaux pôles automobiles de Wolfsburg, Stuttgart et Zwickau.
Le mouvement vise à défendre les emplois, mais aussi des acquis sociaux comme la semaine de 35 heures. Les représentants du personnel refusent que les salariés absorbent seuls les conséquences des choix industriels et des retards accumulés par certains groupes.
Les représentants du personnel refusent que les salariés absorbent seuls les conséquences des choix industriels et des retards accumulés par certains groupes.
Mercedes évoque la fermeture de deux usines

La tension est particulièrement forte chez Mercedes-Benz. La direction estime que la production allemande n’est plus suffisamment compétitive, en raison notamment du niveau des coûts de main-d’œuvre.
Le responsable de la production du constructeur a averti les salariés que, faute de réduction des dépenses, le groupe pourrait fermer une usine d’assemblage et un site produisant des groupes motopropulseurs. Mercedes-Benz n’a pas indiqué quels établissements seraient concernés et affirme vouloir conserver toutes ses implantations allemandes.
Les représentants des salariés rejettent cette logique d’ultimatum. Leur position est claire : les concessions demandées au personnel ne doivent pas devenir la condition du maintien des usines.
Volkswagen doit encore accélérer sa restructuration
Volkswagen se trouve également au centre des inquiétudes. Les mesures décidées en 2024 ne suffisent plus à redresser les performances du groupe, qui prépare une nouvelle accélération de son programme d’économies.
Plusieurs sites allemands restent fragilisés, tandis que la direction et les représentants du personnel doivent encore négocier les modalités des réductions d’effectifs. Les syndicats réclament en contrepartie des investissements dans les usines allemandes, ainsi que dans les batteries, les logiciels et les technologies de conduite automatisée.
Une crise industrielle aux causes multiples

Les groupes allemands cumulent plusieurs difficultés :
- une concurrence chinoise plus intense, notamment sur le marché des véhicules électriques ;
- des capacités de production sous-utilisées dans certaines usines ;
- le poids des investissements nécessaires pour électrifier les gammes ;
- des droits de douane américains élevés qui pénalisent les exportations ;
- des coûts d’énergie et de production jugés trop importants en Allemagne.
IG Metall demande donc aux entreprises de privilégier l’investissement et la formation plutôt que les seules réductions de coûts. Le syndicat appelle aussi les pouvoirs publics à agir sur le prix de l’électricité industrielle, les aides européennes et la protection contre les pratiques commerciales considérées comme déloyales.
Ce qu’il faut retenir
La mobilisation allemande ne se résume pas à un conflit salarial. Elle pose la question de la place que conservera l’Europe dans la fabrication automobile mondiale. Pour les salariés comme pour les fournisseurs français, il faudra désormais surveiller les décisions concernant les usines allemandes et la répartition des futurs investissements électriques : ce sont elles qui détermineront l’ampleur réelle des suppressions d’emplois.
Questions fréquentes
Pourquoi Mercedes-Benz menace-t-elle de fermer des usines ?
La direction estime que la production allemande n’est plus suffisamment compétitive en raison du niveau des coûts de main-d’œuvre. Elle a averti que faute de réduction des dépenses, le groupe pourrait fermer une usine d’assemblage et un site produisant des groupes motopropulseurs.
Qu'exigent les syndicats en contrepartie des réductions d'effectifs ?
IG Metall réclame des investissements dans les usines allemandes, ainsi que dans les batteries, les logiciels et les technologies de conduite automatisée. Le syndicat appelle aussi à agir sur le prix de l’électricité industrielle et les aides européennes.
Quelles sont les causes principales de la crise de l'automobile allemande ?
Les groupes cumulent plusieurs difficultés : concurrence chinoise plus intense sur les véhicules électriques, capacités sous-utilisées, poids des investissements pour l’électrification, droits de douane américains élevés et coûts d’énergie et de production jugés trop importants en Allemagne.

