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Rheinmetall modernise la frégate Bayern jusqu’en 2035 : ce que révèle ce contrat pour Berlin

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La marine allemande vient de confier à Rheinmetall la remise à niveau d’une de ses frégates les plus anciennes, la Bayern, entrée en service en 1996. L’objectif est clair : maintenir ce bâtiment de 143 mètres en état de combat jusqu’en 2035 au moins, le temps que la relève arrive. Un contrat estimé dans la fourchette moyenne des centaines de millions d’euros, attribué à la fin du deuxième trimestre 2026.

Derrière la fiche technique, il y a une réalité que la France connaît bien : quand une flotte vieillit plus vite que ses successeurs ne sortent des chantiers, on prolonge. Berlin fait le choix de tenir sa ligne de front navale avec des coques anciennes remises au goût du jour, plutôt que de laisser des trous capacitaires béants. C’est une logique de gestion patrimoniale de l’outil militaire, exactement celle qui régit chez nous la modernisation à mi-vie des frégates.

Les travaux se dérouleront jusqu’en 2029 sur le chantier Neue Jadewerft de Wilhelmshaven, propriété de Rheinmetall. La frégate y est déjà à quai. Les équipes ont entamé le démontage des composants majeurs avant le passage en cale sèche, première étape d’un chantier qui va toucher au cœur du navire.

Système de combat, radars, lutte anti-sous-marine : le triptyque de la modernisation

Le paquet de modernisation ne se limite pas à un ravalement de façade. Il prévoit le remplacement du système de gestion de combat, la modernisation de la suite radar et une refonte des équipements d’ingénierie de bord essentiels[3]. Rheinmetall interviendra également sur les systèmes de propulsion et de transmission, et renforcera les capacités de lutte anti-sous-marine du bâtiment.

Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. La lutte anti-sous-marine redevient un enjeu central en Atlantique Nord et en Baltique, face à une flotte russe qui n’a pas désarmé sous les mers. Remettre à niveau les capteurs et les traitements ASM d’une frégate de trente ans, ce n’est pas un détail technique : c’est une réponse à la pression sous-marine qui s’exerce sur les approches maritimes européennes.

La Bayern, un bâtiment de la classe Brandenburg

La Bayern est la troisième unité de la classe Brandenburg (Type 123). Ces frégates affichent un déplacement de 4 700 tonnes, une vitesse de pointe de 29 nœuds sous turbines à gaz et un rayon d’action de 4 000 milles nautiques à 18 nœuds en propulsion diesel[2]. L’équipage type compte 118 marins, dont 19 pour la composante aérienne. À l’origine, ces bâtiments étaient armés de missiles antinavires Exocet MM38 d’Aérospatiale et d’un système de lancement vertical Mk41 abritant seize missiles surface-air Sea Sparrow.

au passage la signature française sur l’armement d’origine : l’Exocet, ce missile qui a fait la réputation de notre industrie missilière et reste, dans ses versions modernes chez MBDA, une référence à l’export.

Le pari du maintien en condition opérationnelle

Tim Wagner, patron de la division Naval Systems de Rheinmetall, a insisté sur le respect du calendrier : « Nous sommes désormais entièrement concentrés sur la livraison du projet dans les délais. Le chantier Neue Jadewerft dispose de nombreuses années d’expérience dans la modernisation et la maintenance de navires militaires, en particulier de frégates, et possède une expertise étendue dans l’intégration de systèmes maritimes complexes.»[5]

Ce contrat illustre une bascule stratégique du groupe allemand, plus connu pour ses munitions et ses blindés, vers le maintien en condition opérationnelle des plateformes navales complexes. La maintenance longue durée, la modernisation et le soutien tout au long du cycle de vie deviennent un pan structurant de son portefeuille naval. Pour la France, où Naval Group et l’État tiennent cette compétence de MCO comme un pilier de souveraineté, la montée en puissance de Rheinmetall sur ce terrain est à surveiller. Le marché du maintien des flottes vaut autant que celui des coques neuves, et il se joue sur le temps long.

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Hélène Vasseur
Hélène Vasseur
Hélène Vasseur suit ce qui change concrètement dans le quotidien des Français. Droits des consommateurs, démarches administratives, nouvelles règles pratiques, services publics ou arnaques à éviter : elle part toujours d'un fait daté pour expliquer qui est concerné et quoi faire. Pédagogue et attachée aux sources officielles, elle écrit au service du lecteur, avec les bons réflexes à adopter.