Les chiffres sont tombés fin juillet, publiés par Santé publique France. Ils confirment ce que beaucoup pressentaient ici, dans les mairies, les hôpitaux, les Ehpad de la région : la canicule de juin a tué. Entre le 17 juin et le 2 juillet, le Centre-Val de Loire a enregistré 511 décès supplémentaires par rapport à la normale. Une surmortalité de 62,6 %, qui place la région au deuxième rang national, juste derrière l’Île-de-France.
À l’échelle du pays, cette vague de chaleur a provoqué 5 764 décès en excès, soit une hausse de 36,2 %. Un bilan qui fait de cet épisode le plus meurtrier depuis la canicule d’août 2003, sans toutefois atteindre son niveau. Mais la violence de juin 2026 tient à sa précocité, à sa durée et à son intensité : 92 départements concernés, 98,5 % de la population exposée, des records de température jamais vus.
Mercredi 24 et jeudi 25 juin resteront dans les mémoires comme les deux journées les plus chaudes jamais enregistrées en France : la température moyenne sur 24 heures a franchi pour la première fois la barre des 30 degrés. Dans la région, les thermomètres ont affolé : 44,3 °C au Blanc dans l’Indre, 43,5 °C à Châteaumeillant dans le Cher, 43,3 °C à Savigny-en-Véron en Indre-et-Loire. Des valeurs inédites, qui ont transformé des journées ordinaires de fin d’année scolaire en épreuve mortelle.
Plus de la moitié des décès en excès, 56 % exactement, se sont concentrés sur trois journées : du 25 au 27 juin[5]. Soit juste après le pic de chaleur. Les 75 ans et plus représentent les deux tiers du bilan provisoire national, avec au moins 3 719 décès supplémentaires. Mais toutes les classes d’âge à partir de 15 ans ont été touchées. Les 45-64 ans accusent une hausse de 55,4 %, soit 979 décès en excès à l’échelle du pays. Les 15-44 ans, 118 décès supplémentaires. Les 65-74 ans, 936.
L’Île-de-France en tête, le Centre-Val de Loire juste derrière
Toutes les régions de France métropolitaine ont connu un excès de mortalité, à trois exceptions près : la Corse, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur, où les températures sont restées moins intenses durant cette période. L’Île-de-France arrive en tête avec 1 999 décès en excès, soit une surmortalité de 81,2 %[1]. Le Centre-Val de Loire suit avec ses 511 décès supplémentaires et son taux de 62,6 %. Viennent ensuite les Pays de la Loire, 553 décès en excès et 55,2 % de hausse, la Normandie avec 426 décès supplémentaires et 47,8 %, puis la Bourgogne-Franche-Comté, 373 décès en excès et 39,2 %.
Ces morts ont eu lieu partout : dans les établissements hospitaliers, dans les Ehpad et maisons de retraite, à domicile. La vigilance rouge a été activée du 21 au 28 juin, concernant 72 départements et 77 % de la population. La durée moyenne de l’épisode caniculaire par département a atteint 7,8 jours. Une période qui a coïncidé avec la fin de l’année scolaire et le maintien de nombreuses activités professionnelles, exposant davantage les habitants.
Un bilan provisoire à consolider
Les chiffres publiés par Santé publique France restent provisoires. Ils seront consolidés en fin de période de surveillance estivale, une fois toutes les données de mortalité remontées et analysées. Mais l’ampleur du phénomène est déjà établie : cette canicule de juin 2026, par sa violence et son étendue, marque un tournant. Elle rappelle que la chaleur tue, y compris en Centre-Val de Loire, y compris en juin, y compris loin des grandes métropoles.
Les services de l’État, les agences régionales de santé et les collectivités locales devront tirer les leçons de cet épisode. Car si l’intensité de la chaleur a dépassé celle de 2003, les dispositifs de prévention et d’alerte ont aussi montré leurs limites face à une population encore active, des écoles encore ouvertes, et des habitations mal adaptées à des températures jamais vues à cette période de l’année.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés
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